Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - VIRGINIE GUIDAL

Publié par ERIC DUBOIS sur 13 Décembre 2012, 17:33pm

Catégories : #poèmes

 

L'effraction

 


Depuis que tu es ossature

inclinée dans le pli de mes draps

mouvance abrupte

variante défendue

des fractions de lumière

dérobée à l'énigme

à l'écart décisif

de l'ébriété diurne.

J'ai puisé ton image

envoûté les divins

pour t'aimer d'abondance

projeté mes désirs

sur l'écran maculé

de violence et d'absence.



Depuis que tu es aile

déformée dans les pans écroulés

éperon surplombant

mon intime sclérosé

jusqu'à l'ellipse

du trompe-l'œil

de ton mensonge

flouté indiscret.

Le désarroi transperce

encore le déformé

de mes transports

écartelés aux deux temps

passé violacé

avenir bleuté écorché.



Depuis que tu es terminaison

innervée incurvée à l'entrelacs

de mes nuits uniformes

face à l'ultime défit

du corsage délacé

de ton sexe appauvri

de ta langue déliée

éloignés de mon corps.

Dis-moi le secret

du sévice cumulé

qui me dissout toujours

inquisiteur caressant

les reliefs diaphanes

de mon être assiégé.

 

***

 

La temporelle

 


Je vacille chancelle

prends le risque du subtil

et prends mes racines

à l'attache cruciale.

De forme exaltée

en contraste funeste

incandescence née

du désir de l'homme

je fluctue la lumière.

Mais bientôt courbes incertaines

retournent au sordide

du néant d'où je viens

fondant à l'appréhension

du temps inévitable.

Seule subsiste la tache noire

vide qui m'aventure.

 

***

Les pensées de Kitaibel




Une parole a heurté

le crâne rocailleux

et ses aspérités

*

Je suis la forme incongrue

qui s'émiette à foison

décline l’indécis

s'enlise dans le gris

retombe en cascade

*

Fouillement de la mire

préhension à plein poing

arrachement permis

et promis au sang de sa victime

les flots charrient sans rives - jusqu'à perte de mesure

*

Sur le blanc des murs

l'œil invente les symboles de haine

Quelque chose s'est perdu

signe la salve de la déhiscence

*

J'aimerais déchirer la nuit

en neige d'écumes - toute couleur absorbée

répandre le silence sur l'écorce des heures

dénuder ma peau des teintes dégradées

revêtir mon corps froissé de fleurs d'innocence

tamiser ma mémoire en virginité.

 

 

VIRGINIE GUIDAL

 

Elle se présente :

 

J'apprends encore à lire et à écrire. 

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