Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - VINCENT R.

Publié par ERIC DUBOIS sur 1 Juin 2013, 07:36am

Catégories : #poèmes



LA DANSE DES SABRES

Sans un bruit la voltige des sabres
Se fracasse sur une lande désolée.
L’œil cerclé d’ombre écoute le bruit
Qui ne vient pas.
Quelle robe habille donc le penseur
Qui contemple son âme à la lueur rougeoyante
De son incertitude ?
Sans fracas le métal embrasse la terre craquelée,
Elle qui répond pourtant en une plainte rougeoyante
Comme l’incertitude.

 

***

 


LE VIEUX GUETTEUR



Au sommet d’une tour nébuleuse,
Perché sur la plus haute des gargouilles mélancoliques,
Se tenait un vieil oiseau aux elles brisées,
Tellement seul qu’il en riait.
Il riait de voir ces peuples agités et ces mers déchirées
Qui tournoyaient dans le cyclone violet
Des regrets et des amertumes.
Les couleurs de la vie, comme dans un ballet grinçant,
Raclaient la terre fissurée
De leurs chausses au vernis écaillé,
Et les humeurs macabres, comme dans un buffet putride,
Se repaissaient des âmes craquelées
Des pauvres mortels,
Que l’oiseau claudiquant plaignait
Tout en riant.

 

 

***

 


LE GLAS DU DESIR

Un jour, quand viendront les Calendes hivernales,
Brume opaque de mon plus violent désir,
Tu t’évanouiras dans la nuit bleue.
Quand le Glas vertigineux retentira,
Je m’efforcerai de ne pas entendre
La plainte sans nom qui sortira
De cette opale percée qui te sert de bouche.
Depuis trop de saisons tu siffles à mes oreilles
Des illusions qui me font scruter le ciel constellé,
Plein d’un silence à glacer les tombeaux.
Ce jour-là, mes genoux enfin connaîtront
Ce sol que mon âme ne connaît pas.

 

 

***

 


POETE VAINCU

Avec la fierté du taureau andalou aux cornes hautaines lorsqu’il pénètre dans l’arène,
L’homme s’attaque aux secrets égarés dans la chambre bleue du Temps,
Avec pour cornes sa plume,
Pour arène sa feuille.
Prêt à en découdre, il insulte les hiéroglyphes,
Il invective avec la rage du Démuni les mystères,
Et il exécute sur le tertre des symboles une danse macabre.
Epuisé, il finira par s’effondrer sur l’âpreté des feuilles
Maculées du sang des paroles versées,
Ces paroles qui errent sans repos
Dans la chambre bleue du Temps

 

 

 

VINCENT R.

 

 

Il se présente :

 

 

J'ai 22 ans, je suis étudiant en lettres classiques et j'écris un peu de poésie. Je suis grand amateur de la mélancolie du 20ème siècle, notamment à travers des hommes comme Tristan Tzara, Aragon, Char, Breton et j'en passe.

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