Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - SÉBASTIEN CHABAUD

Publié par ERIC DUBOIS sur 3 Mars 2013, 17:06pm

Catégories : #poèmes

 

Cette fois, c’est à son vil coffre qu’ils en veulent,

La marque noire vaut un danger imminent.

Précéder les vieux flibustiers, les rendre veules,

Suivre la carte, ce parangon, sans boniments.

 

L’encre doit rester sèche, sous la toile cirée.

Bannir les bonnes oreilles, ne suivre aucun conseil.

Flatter les mers du dos d’une coquille assurée,

Compter cent pas, piocher. Là, sous cette croix vermeille

 

Ruisselant de morve, pestant contre ce sable blanc

Vociférer contre votre vaine vénalité.

Quels trésors étalés pour les sens éveillés !

 

Bleu vert océan, parfois, brouillé de corail

Pulvérisé, faisant chanter lagon brûlant.

Chasseur, savoure ces trésors qui t’assaillent.

 

août 2011

 

 

 

***

 

 

 

Petite reine, ta robe à fleurs n’effleure

Aucune de tes pensées obnubilées

Troublées, conquises par ce terrible facteur.

 

Ces tresses de jais bientôt dissimulées

Honnies par des hordes ourdies d’interdits

Où, paraît-il, mèches seraient infâme pêché

 

Loin bien loin de ces pavés du réel

Ta passion exaction se rebelle !

Rivière de stratagèmes charivarisent

Charriant chuchotant l’entreprise

 

Audace renouvelée avec gourmandise

Un digne combat mené à maintes reprises

La mènerait à son rêve de bicyclette

Wadja : fillette effrontée que rien n’arrête

 

 

***

 

 

Bâton de maître d’armes

 

Esthètes, amuseurs, passants,

je vous prends tous

Un contre douze, un contre cent, un pour tous.

J’esquive, je pare, j’attaque et je touche

Touche, perce et gagne, insensiblement

 

Comment ? Comment ? Ma fente n’impressionnerait plus

Plus d’estocade ou de duel au premier sang ?

Sans être gascon, mes contemporains sont navrants.

Quel manque d’entrain, quels horribles hurluberlus !

Vouloir fendre avec un flingue, quelle calamité !

La mort fuse fugace : frustrations sonnez !

 

Filez droit ou mourez sans revoir la Calabre

Filez-moi un fleuret, une épée ou un sabre

Tiens même un simple bâton, j’en ferais mon renom.

 

Oubliez Cyrano, D’Artagnan ou Byron !

Non de non, même Wallace ne vaut pas un rond !

Suis le seul maître dont monde ignore le nom

Remettons les tranchants au côté de rigueur

Les duels permis en tout bien, tout honneur

L’honneur par le fer contre la médiocrité

 

Des bâtons émergent soudain des flots vénitiens

Le soleil rudoie, soudoie, en pleine nuit

Epongez ce songe lagunaire et aérien

Privé de sens, usez de votre botte contre vos ennemis.

 


Extrait de "Extra-muros", 2008

 

 

SÉBASTIEN CHABAUD

 

 

Il se présente :

 


Esprit libertaire, Sébastien Chabaud (36 ans) n'aime pas les catégories. Polyvalent, il enseigne indifféremment le français, la littérature française, l'histoire, la géographie et la communication. Sa passion pour l'écriture remonte au début de l'âge adulte, disons vers dix-sept ans. Sa découverte de l'écriture sous contraintes bouleversa sa conception de l'écriture et le mena vers la poésie. 

 


Oeuvres achevées :
Extra-muros (recueil de poèmes et de photographies avec Rob Parry, 2008).
Milk shake des superhéros (théâtre 2009).
Divin enfant (théâtre 2010)

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents