Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - RODRIGUE LAVALLÉ

Publié par ERIC DUBOIS sur 27 Février 2013, 14:12pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

 

 

 

des marées sous la tempe

nombre de voix      combien de voix

 

ça vient lentes et lourdes

poisseuses     s’infiltre

bat le chœur de la ville sous

des talons de voix en charpie

 

des réverbères soliloquent

dansent des types sous le halo

pour des femmes qui

(plus tard)

 

regards épileptiques

pénètrent déjà leurs corps

à elles qui

(de part en part)

 

ce soir elles pensent

ce soir...

 

en attendant ça leur pousse dans le ventre

des racines précises

ça leur sort par la bouche des mots sans suites

ramasse des musiques échappées des fenêtres

pendues aux fils des maisons

à intervalles réguliers

 

ils s’embrassent et c’est du silence

qui taille dans leurs voix

 

combien de voix

 

 

 

 

 

 

 

tu portes sous ton visage imbécile

un océan désordonné

qui s’ignore

*

tu te veux identique à toi-même

mais tu n’es qu’à peine

ton semblable

*

exercice matinal de savoir-vivre

saluer au miroir chaque

Autre en toi

*

seule une larme témoigne parfois

de la profondeur de ton

océan intime

*

tu vois saillir les os de ton visage

échoué lorsque ta mer

se retire

*

exercice matinal de conjugaison

à toutes les personnes

le verbe Etre

*

tu crains de plonger au fond de toi

pour apprendre enfin à

te co-naître

*

mais il se peut aussi qu’il n’y ait

rien d’autre que rien

sous ton visage

imbécile...

 

 

 

 

LE FOND DE MERE EST GRIS

 

 

assis près d’elle à guetter l’hiatus

dans son bloc de sang et de ciment mêlés

 

gris tout autour

dans toutes les couleurs de gris

murs table chaises et l’air

entre les murs et les tables et les chaises

l’air gris qui fait le souffle court

l’éclat vulgaire de son rire

gris sale

et sa façon de ne rien dire avec

la voix grise d’une autre

 

assis près d’elle à guetter sa chute

son bloc de chair et de ciment mêlés

 

 

 

 

 

 

 

hier soir j’ai bien vu trois oiseaux

écrasés sur la surface plane du ciel

des taches rouges et blanches

au surplomb des façades

 

baissé les yeux un peu vers moi

chemise noire plaquée

contre le sol

 

tache aussi

sur la jolie cour intérieure

de notre habitation à loyer modéré

 

 

 

 

RODRIGUE LAVALLÉ


 

 

Plus d'infos : http://www.le-capital-des-mots.fr/article-le-capital-des-mots-rodrigue-lavalle-114925537.html

 

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