Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- PASCAL MORA

Publié par ERIC DUBOIS sur 19 Octobre 2013, 17:48pm

Catégories : #articles - articles critiques

 

La poésie contemporaine en bibliothèque,Etienne Ruhaud, L’Harmattan, Paris, 2012, 101 pages, 12 euros

 

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Ce livre part d’un constat qui prend une grande valeur pour un amoureux de la poésie : si la poésie est un genre littéraire capital elle est peu lue. Elitiste et marginale ? Pourtant, ce genre aussi ancien que le langage a acquis ses lettres de noblesse depuis le Moyen-Age, pour les écrits de langue française.

Etienne Ruhaud pointe à juste titre la place minime que notre malencontreuse époque fait à la poésie actuelle. Il en identifie certaines raisons. Sur le versant du sens et de la forme, la poésie peut paraître mièvre, sentimentaliste ou être assimilée à un genre inaccessible et hermétique, un peu à l’image de l'art moderne pour le grand public. Pourtant « Paradoxalement le genre semble plus vivant, vivace qu’auparavant » écrit Etienne Ruhaud. C’est que de nombreux recueils sont publiés chaque année. De plus, un recueil se prête à une lecture de quelques instants, dans l’ordre que l’on préfère. En ce sens, le poème est plus en phase avec notre époque que la littérature romanesque.

Davantage que le pourquoi Etienne Ruhaud questionne le comment. Comment diffuser la poésie contemporaine ? Comment favoriser cette rencontre de la poésie avec le public ? L’auteur en recense les différents moyens de diffusion : bibliothèques bien sûr mais aussi journaux, revues, éditeurs, librairies, sites internet, évènements... Cet état des lieux donne des résultats contrastés en ce qui concerne les bibliothèques.

Si certains lieux réservent une bonne place à la poésie (médiathèque de Gradignan, bibliothèque centrale de Bordeaux, médiathèque Marguerite Audoux à Paris…) d’autres ne lui font pas cas (bibliothèque universitaire de Créteil, centre de documentation de l’Institut d’Etudes Politiques…) . L’institution scolaire ne réserve pas un meilleur sort aux œuvres actuelles.

La vitalité de la poésie se mesure à la multitude des éditeurs et des revues, coexistant avec les maisons reconnues. Dans le chapitre consacré à « La poésie vivante », l’auteur mentionne les actions menées autour de cet art poétique : expositions, lectures, spectacles, poésie orale et slam, ateliers d’écriture. Ces actions se renouvellent sans cesse. D’où le paradoxe suivant : si la poésie vit à l’écart de la littérature et du grand public elle est vénérée par beaucoup… Elle est toujours inventive tant dans ses formes écrites que ses représentations visuelles, auditives.

Ainsi, le livre d’Etienne Ruhaud a l’entier mérite d’élargir le débat : accès à la poésie d’un plus grand nombre et questionnement sur ce que pourrait/devrait être une authentique culture de la poésie en notre doulce France. Et laissons ici le dernier mot à l’auteur : « La poésie n’a pas fini de nous étonner. A cette fin, il est utile et plus encore souhaitable de tisser des partenariats, de confronter des expériences et des talents ».

 

 

 

PASCAL MORA

 

 

Pascal Mora est poète. Poèmes en revues. 

 

Deux recueils de poèmes  :  "Feuilles du chemin" ( Encres Vives n°364) publié en 2009.

"Etoile nomade" ( L'Harmattan) en 2011.

 

Il est aussi critique.


 

Plus d'infos : http://www.clairiere.net/pascal-mora.php

 

http://etienneruhaud.hautetfort.com/archive/2013/03/03/critique-etoile-nomade-pascal-mora-l-harmattan-2012-cette-no.html

 

 


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