Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- OLIVIER CANTENYS

Publié par ERIC DUBOIS sur 3 Mars 2012, 14:55pm

Catégories : #poèmes

  Hommage à l'oeuvre photograhique de Martine Phélouzat.

 

 

 

Le rouge du fuchsia que tu aimes parle à une ruche de couleur rose, comme pour s'étendre aux balcons de tes arbres.
Et, sous ton regard frappé de mélancolie d'hirondelle, il y a un tambour du ciel, le sitar du chêne, le clavecin du hêtre.
Et au matin du monde, la plaine se fait grande avant la forêt, vert d'études d'écolières, vert de soie du tailleur de robes, vert d'une pomme à manger en prenant le thé.
 

 

***

Amas de couleurs.
Chrysanthèmes d'or et fleurs de tulipes.
Amas d'étoiles.
Tu nous dis presque qu'il faut mettre son cœur au milieu d'un océan de couleurs.
Mais il nous faut attendre que la magie de tes couleurs nous parle, comme on récite un conte.

Tu veux nous faire voir tes peintures comme une abeille qui peint avec des éponges, en posant des couleurs comme l'on pose cela sur des morceaux épars de terres.
C'est comme les marches d'un patio d'une maison où l'océan étend son allure et sa grandeur..
Lignes tachetées, comme des zébrures nées de l'infini.
Crinière du lion, houppe du Martin-pêcheur, comme tu pêches tes couleurs dans des moments que seul toi connais.

Fortune et incertitude du temps, où les horloges se confrontent avec les rayons du soleil.
Haut, si haut est le ciel des hommes qu'ils n'en soupçonnent même pas l'existence, pourtant faite par eux.

Le cœur est plus fort que la raison, et l'oiseau sait voler au delà de l'horizon.


***

 
Je ne sais que son nom qui s'énonce et s'épelle dans ma tête, comme à chaque passage d'un seul moment, d'une seule journée.
Depuis que j'ai su ton nom, des jours et des jours se sont entassés, comme pour rimer avec chaque regard que je t'ai porté.
Et depuis mon amour tente d'échafauder tes nuits, où se blottit le mystère de ton corps, si indicible comme l'eau est dans la roche.


***

Parfois les marées qui apportent les musiques de l'océan s'attachent à ton ombre, si présente dans la nuit pleine de degrés à faire fondre les étoiles.
Mais elles me disent que si je sais très peu de chose de toi, ce que j'en sais en fait aussi la courbure de la terre, l'horizon qui continue le fleuve et tes nuits à rêver le nouveau monde.


***

Si tu regardes la profondeur du lac se poursuivre au delà de ma mémoire,
c'est que tes mains se plongent dans mon corps, écrit comme une page
de langue romane.
Dérive le morceau de météore sur la rivière, où coule la couleur de ta peau.
et se rappellent à ma mémoire des pierres de marbre à graver ton nom,
que je sus, juste avant que tu ne disparaisses dans un jour d'automne.

 

***

Il y a sur le dos de ta cheminée, fidèle objet de ta bâtisse près de l'océan, l'empreinte de la nuit et du poisson. Tu ne dois pas parler de la flèche où plongent l'arc et le trident.
Mais de la beauté de l'oursin, il scintille dans l'eau comme le bracelet que tu portes à chaque fois que tu vas chez ta sœur.
Ta peau de soie sait qu'il te faut attendre la course du soleil dans ton cœur.


  ***

Si tu fus retirée en cette hacienda aux géométries d'une toile de Matisse,
tu fus aussi souvent appelée en cette même hacienda, comme presque indevinable et incernable.
Et comme sortie du roc, mystère de ton éternelle équinoxe, point le plus hexagonal de toi, de ta marée veine de tes chants, elle devint sujet à fouiller la terre d'ébène.
A lever l'or de la cour, autre fragment d'une toile de Matisse, à faire décoller tes danses sous les verts des clairières, symbole de la couleur bleue de ta voix.
Tes clairières, ce sont et ce seront ces étals de roses que tu nous suscites en gardant dans ta main cette jeune rose pas encore éclose, comme le marbre blanc qui lui aussi garde le pollen du lys dans un coin de son repaire.

 

***

La certitude d'un temps de toi, c'était ton sourire qui portait cet éclat d'améthyste répondant à la nuit d'opale.
Tu étais toute vêtue de noir, mais moi j'y vis mille couleurs à peindre toi et le monde.
Et en prenant son quartier de poésie, la nuit dépassée par ta beauté, en a scellé l'image d'une source à nourrir notre rencontre, à celle de l'envol d'un oiseau pour le nouveau monde.

 



OLIVER CANTENYS

artiste-peintre professionnel (diplomé de l'ensba)
site : http://cantenys.net/
écrit de la poésie depuis l'adolescence.
site de poésie :
 

 

http://poesiesdecantenys.com

publication de 3 poémes dans le numéro 11 (mars 2012) de la revue Art' en-ciel.

 

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BLANCHARD 05/03/2012 20:02


je dirige une revue culturelle sur Dijon (poésies et nouvelles) et j'édite 3 auteurs gratuitement par an depuis des années.


voir aussi blog : des-passantes


 


 

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