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ARCHIPELAGO

 

 

 

 

 

 

Des éclats de pensée

Miroitant à Sumba

Aux vestiges verdoyants

Des temples dévastés

Arrivent un jour les chaudes pluies

Au goût de sel

Sempiternelles caresses

Sur nos corps épuisés

 

 

 

Dans les forêts extrêmes

Ils font taire les cris

Les cœurs saignent à Buru

Et la nuit est si blême

 

 

 

Elle répand du jasmin

Sur mon corps disloqué

Le sang sèche au soleil

Et mes rêves sont mort-nés

 

 

 

 

Pourquoi chanter encore

Et singer les oiseaux

Je ne suis qu’un débris

De l’âme universelle

Empreints de rage

Ils m’ont changé

En pierre de lave

Mais sur la plage

Je connaîtrai l’éternité

 

 

 

 

 

Là-bas l’amour

D’un vent suave et vert

S’insinue à Wangi-Wangi

Effleurant l’archipel

Baisers qui à l’horreur

Survivent

Dans l’air languide

La mer épouse le ciel

A l’horizon avide

 

 

 

 

***

 

 

COMMÉMORATION

 

 

 

 

 

Bleu silence de l'azur

Beauté narcissique

Planant sur la boucherie

Ciel barbare et pur

 

 

La terre devient brûlante

Chantez les musiques

La mitraille persévère

A épurer ses rangs

 

 

A dépecer ses hommes

En faire des lambeaux

De fleurs sur les tombeaux

Azur sans mémoire

 

 

La gloire avide de vies

Boit le sang qui coule

Des chevaux endormis

Dans la plaine un été

 

 

La gloire avide de vies

Boit la Veuve Clicquot

En valsant sur les corps

Morts pour la patrie

 

 

L'amour avide de vie

De rires infinis

Baisera la terre vive

Et boira l'océan

 

 

 

 

 

24 février 2014

 

 

 

***

 

 

 

MÉLANGES

 

 

 

 

 

 

 

Dans la lumière désemparée j’ai vu cette fois

Apparaître l’Espagne

Ocre et folle jetée là comme un manteau de roi

Sur un champ de Cocagne

 

 

 

A l’ouest son immense dos sidérant dans l’armure

D’une terre d’infante

Cachant les âmes errantes des chats dans les ramures

A peine adolescentes

 

 

 

Hanté mon paysage natif devient barbare

Il est la Beauté même

Faite d’arbres anciens parlant une langue rare

Un matin de Carême

 

 

 

Toi terre étrangère féconde à jamais ce ciel

Qui s’éloigne dans le soir

Mélange les couleurs du jour au temps résiduel

Brûle mes mains à l’espoir

 

 

ODILE LOIRET-CAILLE

 

 

 

 

Elle se présente :

 

 

Master de philosophie, étude des langues indonésienne et arabe ( Séjours en Indonésie et Egypte). Ai enseigné la littérature française à l'Université Indonesia de Jakarta. En ce moment traductrice de deux ouvrages d'auteurs indonésiens pour la collection Le Banian de l'Association Pasar Malam.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #poèmes

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