Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - NASHTIR TOGITICHI

Publié par ERIC DUBOIS sur 16 Août 2013, 19:19pm

Catégories : #poèmes

 

I.

 

 

 

 

 

A l’approche du soir

   on voit les écoliers

   rentrer chez eux.

 

     Et s’installe le rituel

       des sorties rassurantes :

 

  les mères et leurs landaus

   poussettes de cartables

   sacs de cris et de rires

                       que j’ai gardés

                       dans une ancienne gare

                               désaffectée

    avec les carreaux cassés

    des fêtes des enfants

 

(ils ne seront plus remplacés

   dans nos années)

 

 

A l’approche du matin

nous n’entendons plus

les bruits des noctambules

dans les rues désertes.

 

 

 

 

 

 

II.

 

Nous n’avançons pas vers la Lumière

  (c’est dur hein de le reconnaître !)

 

L’avenir est vide

             rires et

              chants

             sonnent

              faux.

 

On accorde des lampions

  on décroche des guitares

   on s’agite.

    On s’agite

pour des fêtes décalées

tant de futilités

  figures du déni essentiel

   exigées par la vie.

 


Nous reculons à grands pas.

  Aveugles et sourds.

 

La catastrophe climatisée

  (ô combien civilisée)

   nous frappe

               délétère.

 

Le ciel sournois reste bleu

  et la campagne verte.

 

 

Nous aurions tant et tant à apprendre.

   encore.

 

 

 

 

III.

 


Arrivé à huit ou neuf milliards

  d’unités tragiques

   mais qui s’en va en masse

      hissé sur ses échasses

       de mégalo pas beau

        de miséreux peu fier.

 


C’est l’Homme collet monté

       colosse ou                    même pas

mais pied d’argile- oui.

 

Quand tout s’écroule

  il y a des trous

  des trous de bouches de morts

  des trous de terre vivante

       noyés de métal liquide et de sels.

 


Quand tout s’en va

  qui s’en va en masse

                                   l’Homme

  l’Homme

Après avoir cassé

  tant et tant de choses

  tant et tant encore

   et fait advenir le règne des méduses

     dans les océans morts.

 

Quel être s’en va

  sans le savoir.
C’est le clou de l’Evolution qui s’en va.

    sur une épidémie par ci

    un déluge par là.

   Un air de clairon taratata.

   Alors il en faut

     des rodomontades

     des marchands de canon

     et tant de réfugiés

massacrés

 

   (et ma famille dit l’homme

toujours seul dans la débâcle).

 

C’est qui qui s’en va

  à huit-neuf milliards

  d’unités tragiques

 

c’est l’Homme.

 

Les têtes sont têtes de morts

ne font plus rien

bientôt.

 

 

 

 

 

IV.

 

Tout est usé tout est usé

Le marcheur saigne des pieds

Tout est familier et futile

Tous les détours sont inutiles

 

Ignoré le Fondamental

« Penser Global Agir Local »

Ils tuent la terre des enfants

Hommes à jamais récalcitrants

 

Penser Global Agir Local

Toutes tous dans le même bocal

Penser Global Agir Local

Disent aussi des multinationales

 

Mais c’est surtout pour leurs poches

Et tant pis pour les mioches

De là-bas d’ici ou d’ailleurs

On ne pense qu’à faire son beurre

 

Que de drapeaux que de flammes

En route pour un dernier drame

 

Et Cassandre est fatiguée

De n’être jamais écoutée

 

Tout est usé tout est usé

Et l’Homme saigne des pieds

 

Bientôt ne restent que des soldats

Mercenaires ou pauvres gars

 

Pour mater tant de révoltes

Stériliser tant de récoltes

Affamer les pauvres et les vieux

Dans un fracas silencieux

 

Et Cassandre est fatiguée

De n’être jamais écoutée

Plus jamais ça plus jamais ça

Pauvre slogan de trop de foi

 

Tout est cassé et stérile

Et tous les pleurs sont inutiles

 

Les survivants vont défiler

Une occasion de parader

 

Vive l’Assassin de la Terre

A qui la foule est étrangère.

 

 

Extraits de Si tout se casse la gueule

 

 

 

 

 

NASHTIR TOGITICHI

 

La cinquantaine, psychologue clinicien, travaille dans différentes institutions.

Ecrit de la poésie pour vivre.

-Publications sur le net : http://www.le-capital-des-mots.fr/

http://www.francopolis.net/rubriques/coupdecoeur-textedecembre2012.html

http://www.paperblog.fr/4460482/le-capital-des-mots-nashtir-togitichi/

 

-inédit : Si tout se casse la gueule

 

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