Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - KÉVIN PÉTRONI

Publié par ERIC DUBOIS sur 19 Octobre 2013, 12:03pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

 

 

 

Porche


 

Pour Mathilde Muller.

 

 

 

Je suis l'homme du silence en partage.

 

Sur le marbre, gravée,

la peau de mon angoisse.

 

Une épitaphe

de chair, de sang;

Une épitaphe

taillée dans l'homme,

dans la patience de notre fin;

du soleil soufflé à nos jours;

du dernier jour.

Une épitaphe pour dire ton nom,

 

Ton nom effilé dans les coutures du ciel;

ton nom tissé dans un linceul,

linceul de mots,

linceul où tu reposes

mort en ma bouche.

 

ton nom rendu au silence, silence d'homme;

ton nom emmêlé dans la pierre,

pierre tombale où se perlent

des larmes de roc qui ne parlent pas.

 

 

Mais encore ton nom.

 

ton nom durci, ton nom de tombe;

ton nom qui forge mon silence

Au silence de mort.

Ma mort, Ma propre mort, Ma mort que je veux taire

 

au porche de moi-même

 

 

et qui n'y parvient pas.

 

***

 

 

attente

 

Pour Mathilde Muller

 

-1-

 

ma lampe soufflée

ton obscurité qui murmure

au vent

un air de disparu

 

-2-

 

ma chambre étreinte

mes baisers enlacent

tes fuites

et ton nom

 

-3-

 

devrais-je avouer

la voix d’absence

moi en face

ton silence

 

-4-

 

J’écoute fenêtre

ouverte aux rumeurs

le fouillis du temps

qui m’enserre

 

-5-

 

je regarde les étoiles

au plafond

des étoiles vissées

sur la barrière du ciel

 

-6-

 

je guette

ton écho travesti

des moteurs éructent

la ville s’enrobe de ses lueurs

les rires s’égarent

et ton cri pur

 

-7-

 

j’attends tes retours

qu’ils s’illuminent

mais couché

le soleil rompu

à mon désir de bonheur

 

je n’espère plus

que m’entendre

***

 

 

départ

Triptyque

 


Pour Mathilde Muller.

 

-1-

 

faite d’illusion

j’ai aimé une femme

de poussière

 

elle portait

sur ses lèvres

le vol d’un papillon

 

une éphémère

sensation d’infini

dans ses sources

 

une nouvelle grammaire

à écrire des lettres

de sa peau

 

elle portait la promesse

d’une paix

aujourd’hui trouée

dans les rideaux de pluie

 

-2-

tu manques

aux spasmes de beauté

que j’ai perdus dans l’errance

 

tu manques

aux chairs de femmes

qui me souillent de leur plaisir

 

tu manques

à cette chambre

si seule avec moi-même

 

-3-

 

je suis démuni

mais qu’il est bon de l’être

quand toi partie avec l’homme que je fus

je peux à nouveau devenir

 

je quitte la chambre

mon cahier de ruines

mes paroles de vestiges

je veux renouer avec mon origine

 

demeurer en moi

dans ma pleine possession

et espérer la poésie

après le désespoir

dans une nouvelle voix

 

 

 

KÉVIN  PÉTRONI

 

 

 

Kévin Pétroni est né à Bastia en 1993. Il étudie les Lettres Modernes à l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense.

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