Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- JEAN PIERRE NEDELEC

Publié par ERIC DUBOIS sur 9 Août 2013, 17:58pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

Emprunts : intérêts et capital

(Extraits )

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui me fait bander c'est touchant,

Prigent dit l'amour de l'amour*, Prigent

dis-moi que ce rien, le juste instant, ce la

est dans le chant, parfois chant perdu

à peine à l'oreille percé. Tu sais la varappe

de la plainte. Ce bordel le cul nu

qui monte en cathédrale et revient

et retombe, et repart, et ne cessera

jamais de mourir tant la baguette

          est indocile.

 

 

 

 

 

 

 

                                                              * Christian Prigent, Le Professeur

                                                                (Al Dante)

 

 

***

 

 

 

 

 

C'était du romarin, c'est un oubli,

des mots s'absentent, mais si je marche

en tourbillon me viennent, les voyez-vous ?

Ces libellules vives païennes d'une histoire d'eau.

Et cette perte brutale où le pied tremble

la sigile de l'argile qui ne pense au meurtre ;

penche-toi, d'argent ma goupille lente

n'exige pas ce verbe qui chaque fois t'offense,

Prigent, cette fois encore, et plus tard peut-être

j'aime la chape de l'insensible lui gaîner la tête*.

Vous m'offensez, Professeur, langue si superbe.

 

 

 

 

 

 

 

                                                            * Christian Prigent, Le Professeur

                                                              (Al Dante)

 

 

 

 

***

 

 

Ce soir je ne peux pas, demain pas davantage

les rêves sont interdits, pas tous les rêves

les petits, les ordinaires, ceux qui clapotent

à marée basse et s'en vont à marée lasse.

 

Demain pas davantage, les merles chantent

le temps, je sais, un hors-temps, où les cerises

ignoraient le camouflage de vieux filets ;

nous voulions si peu de l'astuce des saisons.

 

Les rêves sont interdits et qui s'en plaindrait ?

Quand remonte la force lente des hommes

si peu souillés, quand vous regrettez que

les danseuses glacées fondent dans ma bouche.*

 

Pas tous les rêves, les petits, les ordinaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                              * Jean-Michel Robert, La meilleure cachette

                                                 c'était nous  (Gros Textes)

 

 

 

 

***

 

 

 

Vous frissonnez, j'aime le vent, ne l'aimez,

vous n'espérez qu'une aube trop constante

un filet là-haut, sur le tableau la pente

d'un regret, ou d'un vœu, venu pas à pas.

 

Quand les frissons se perdent sur mes frissons

ne suis qu'une courte chose, cherche lumière,

ai-je honte ? Regardez-moi et passons

à la simple glissade delà vos chaumières.

 

Et ce soir en allez

et ce soir en allons

                                dans ce pas dansé

                                dans talon frappé

 

 

Vous me savez si blanc, si noir quand

des danseuses glacées fondent dans ma bouche*.

 

 

 

 

 

 

 

                                          * Jean-Michel Robert, La meilleure cachette

                                             c'était nous (Gros textes)

 

 

 

***

 

 

 

 

Trop d'éclairs en vos yeux, à tarir le ciel

et ces nuages âcres en vagues furieuses.

Vous exigez que jeunesse s'use loin d'un réel

à cirer l'ennui. Les journées sont pâteuses

quand patinent des heures sans rimmel.

Parfois vous reviennent les temps anciens

les jupes repoussées, le sang maudit, même

ces bacchantes espérées ; fallait tricher rien

que pour l'étincelle d'une amourette.

Vous avez joué, rien perdu, peu gagné, la fête

change d'ère, vous cherchez le rivage, car savez

women abandoned by virils poets come to trans-world*.

 

 

 

 

 

 

 

                                                        * Beatriz Preciado, Testo Junkie

                                                          (Grasset)

 

 

 

 

 

JEAN PIERRE NEDELEC

 

 

 

 

 

bio express

 

 

Ancré à Tréboul,en bordure de la baie de Douarnenez, ce sédentaire entreprend des périples cyclopédiques au long cours, à travers l'Europe, ce qui nous valut, en 2008, la publication du journal cyclo-poétique T'occupe pas de la marque... , ed. Polder, et Partir, c'est crevir un pneu,  ed. Gros textes, en 2012 .

Jean Pierre Nedelec a publié, en 2010,  Môman, immense Môman, suivi de Douarn' , aux éditions La Part commune, où il commit  Notes pour Eros , en 2006. Il y propose, en octobre 2013, Hiroshima Cap-Sizun, recueil d'une dizaine de récits.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents