Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - JEAN LUCQ

Publié par ERIC DUBOIS sur 30 Avril 2013, 07:05am

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

TRANQUILLE ET PENSIF CETTE NUIT

 

 

 

 

Ohé! le vide étoilé qui nous tourne le dos! O univers! toi qui a depuis longtemps grand soif d'amour, considère-moi comme ton ami!

Petit à petit, le paradis perdu qu'est le jour en mouvement s'est vidé de sa poudre d'or. Errante je ne sais où, l'âme humaine a-t-elle été chassée d'ici par un terrible malheur? Décidément l'homme est indigne de lui-même. Doit-il se racheter de ses fautes dans la solitude? En tous les cas le jour a été sacrifié par le Tout-Puissant sur l'autel du temps qui passe, et ce, aux grillons chantants et à la bouche secrète et mystérieuse de la rumeur lointaine, afin que la lumière solaire s'épanouisse au petit matin.

La délicate primevère s'évanouit dans les fougères sous la charpente de châtaignier grinçante de la forêt. Alors que des rayons de lune se baignent dans la rivière qui, de toutes ses forces, trace son chemin dans la saulaie noyée, une nouvelle Inde se trouverait par miracle quelque part dans l'immensité de ce ciel, où des voyages se préparent et où maints fossiles brillants s'étalent, que cela n'étonnerait nullement le commun des mortels! C'est autour d'une oasis d'astres qu'un désert s'étend indéfiniment depuis toujours. Où Dieu vit au beau milieu d'un jardin de lustres suspendus à un plafond d'encre...

Et si le jour s'éveillait maintenant, garni de mie d'or avec sa croûte magmatique, aux ombres inertes et rougeoyantes? En voyant les premières taches du levant recouvrir la place du marché, le poète que je suis, devenu marchand d'étoiles pour un temps seulement, se dit que, comme le paradis l'a fait à la mort, le matin a entre-temps imprégné la nuit en la marquant de ses dents dorées.

L'aube ressentie est au coeur de tous les départs!

Insoucieux du monde extérieur qui m'entoure, j'ai mis au propre ce poème, poursuivant une mer-veilleuse balade en moi-même!

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

SYLVE TROMPEUSE

 

 

 

 

Me baladant plongé dans la forêt luxuriante, tandis que je revenais sur mes pas après que le jour ait été mis au secret par la nuit, j'aperçus  au sommet d'un petit monticule, ce que je pris d'abord comme étant un cerf blessé. Je crus avoir affaire à un animal mourant, que des chasseurs avaient laissé s'enfuir la veille.

Pour les anciens, c'est à dire les païens, le cerf était sacré. Il permettait  à l'âme d'un défunt de passer dans l'au-delà, tout en les emmenant sur son dos.

Et je voyais une large blessure vermeille pointée dans ma direction, qui semblait demander de l'aide en tremblant pour supplier telles les lèvres d'un mourant. Gravissant le petit monticule, je remarquais une vive lueur rougeoyante dans le taillis qui le couronnait, à l'endroit précis où des branchettes dessinaient à merveille la forme molle d'un grand cerf couché.

Le soleil se levait. Un jour de plus en résultait.

 

 

 

 

 

 

 

JEAN LUCQ

 

 

 

Je m'appelle Jean Lucq et j'habite près de Lyon, j'ai la quarantaine et je suis poète depuis pas mal d'années et rentier aussi. Mon premier recueil s'appelle Terre Vierge est disponible à la vente. Mes poèmes sont visibles sur : Le Capital des mots, Poemes-epars.com, Art'en-Ciel, Le Moulin de Poésie.

 

 

 

 

 

 

 

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