Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - JEAN LUCQ

Publié par ERIC DUBOIS sur 26 Décembre 2012, 21:09pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

 

JADIS

 

 

 

 

 

Jadis les montagnes priaient, la joie avait de l'imagination et n'avait peur de rien! Les blés rougeoyaient dans l'aube farouche et le raisin sauvage ouvrait l'appétit aux êtres immortels que nous étions alors. Deux regards trop curieux, déserts comme l'air, celui d'Adam et celui d'Eve, avec celui d'un serpent plus malin qu'eux, allaient transformer notre futur, ouvrant le présent d'un coup de dents en se frayant un passage jusqu'à nos jours. L'avenir était dorénavant à nos pieds comme la pomme pourrie. Nous étions enfin libres de notre destinée, sans ordres à exécuter, et totalement indépendants vis à vis de Dieu. « Nés idiots devions-nous mourir idiots? » se disaient les amants de l'Eden! « Nous voulons sentir frémir le temps au plus près de nous! » se disaient-ils encore. Après la faute originelle, l'Homme dut apprendre à vivre par lui-même, avec désormais la mort au bout du chemin.

 

Jalouse, la mort, qui planait dans les airs depuis des lustres, s'est définitivement tue en voyant la vie parée de ses plus beaux joyaux. Car son visage aux perles d'eau ornant ses joues et ses lèvres se dévoilait à la surface de l'onde vierge jusqu'à la brume de ses seins de mystère. Et c'est avec tristesse qu'elle nous contemplait alors, demeurant dans les eaux ténébreuses des océans salins. La vie était veuve de ses enfants, et la mort débuta son incessante cueillette... comme avec un panier sans fond.

 

La mort, cette larme empoisonnée de l'âme, est une vengeance du juste retour des choses. Mais elle est aussi le tournant d'une existence qui, j'en suis certain, se poursuit dans l'au-delà.

 

Jadis...

 

 

***

 

BRITANNIA MINOR

 

 

 

Sous l'air froissé, les roches de porcelaine déchirent les flots en fusion. Griffée de tristesse et d'un épais lait pourpre, barbouillée d'une fine confiture de cristal cette mer chante, s'élance turquoise, s'enterre!

O Britannia Minor! Je ne vis que pour le voyage poétique, véritable révolution silencieuse, celle de l'esprit fécond.

 

 

 

(Tiré de Terre Vierge)

 

 

 

 

 

 

DES ABOIEMENTS ME REVEILLERENT

 

 

 

 

Atroce! Dans une grande marmite en fusion, mes yeux noisette bouillonnent... Chant malhabile plein de globules de taches clinquantes!

Là, serviteurs et araignées des nappes blanches, l'api par milliers. Sous les cirrus de cire, la douceur est le coeur de l'été. Le commerce fleurit. Une musique se compose près des torrents de paulownias. Un haut-le-coeur sous l'astre lumineux trop chaud. Une jeune fille est un voeu à elle seule dans sa robe bleue clairsemée de pierres précieuses.

Allons! Là où l'air enlace si bien, asseyons-nous au soleil mystique, près des carafes fraîches. Il y a un scarabée mort et brillant sous les rosiers sinueux, des Chinois en blanc lorsque les tissus violets apparaissent, etc. De jolies enfantes recourbées. Peut-être Velleda dont le lièvre jadis s'envola... L'aube, et chante le caméléon dompté. Ah! Voici les danseurs, les chanteuses embarquées, les voiles d'oeillets. Illusion! La phobie de mes nausées : blonde, ton oeil coule turquoise sur des mauves. Et il y a des grappes blondes de raisin, la banquise de saphir et une même mer de sang aussi grande, mademoiselle Fraise, des amis...

 

Mais quand le poème s'arrête, bébé embrasse la scoliose. De la moisissure apparaît dans les tombeaux d'ombre. La candeur et la suavité sur un tas de fumier. La colique jonquille. Le sang du soleil (ne le réveillons surtout pas!) coule entre les branches du ciel au visage transparent de la mort sur sa longue tige, au silence de l'hélice osseuse et grouillante du temps. Mandibules aux abois, des insectes bruissent : rumeur de Satan! Il m'aime le bougre et a décidé de m'anoblir! Merci!

 

 

M'éveillant... nous aimons du vitriol!

 

 

 

(Tiré de Terre Vierge)

 

 

 

 

JEAN LUCQ

 

 

 

 

Il se présente

 

 

Je m'appelle Jean Lucq et j'habite près de Lyon, j'ai la quarantaine et je suis poète depuis pas mal d'années et en plus rentier. C'est seulement depuis peu que j'ai décidé de m'auto-éditer afin de laisser quelque chose de mes écrits passés et futurs avec mon premier recueil Terre Vierge. Mes poèmes sont visibles sur : Le Capital des mots, Poemes-epars.com, Art'en Ciel ...

 

 

 

 

 

Terre Vierge  mon premier recueil est sorti en 2012!

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