Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - GUILLAUME COISSARD

Publié par ERIC DUBOIS sur 28 Mars 2013, 15:29pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

I

Putain ! Je me souviens, Hispala Fecenia,

La Nature de deuil

En Automne, les feuilles

Mortes drapant les champs d’avant Saturnalia.

 

L’âme du monde murmure : mélancholia,

Les herbages se feuillent

De gris et roux cercueils

Lors que tranquilles s’en viennent Bacchanalia.

 

Que n’ai-je, comme l’écureuil aux Lupercales,

Dormi ces temps glacials,

Noirâtres et rassis ?

 

Le père de mon père était fils de Saturne,

Fils d’âge d’or nocturne,

Putain ! missed ecstasy.

 

 

 

 

****

 

 

 

II

Mon trône était la boue sale du faîte d'un tertre. La plaine en bas dormait, et comme Égée sur la grève, je guettais l'immensité qui de vent balançait. Quelle est claire la nuit noire ! Des ombres flottaient au fond de la combe, amassées, accrochées l'une à l'autre, l'écho me portait des plaintes et des peines : c'était une mélodie de gémissements, et j'étais bercé dans mes rêves.

Un gros butor s'éleva dans le ciel, ses ailes immenses cachèrent la nuit ; il était pédant et fat, aucunes de mes pierres ne l'atteignit. Dans une ascension lente et cruelle il m'observait, et pas un cafard dans la plaine ne se put dissimuler.

Je vis, je vis en cet instant la face du monde ! L'hideux monde qui me voyait désormais ! Au fond de la fosse, des corps s'élevaient qui suivaient, tout là-haut, la course d'un prince aux plumes dorées. Las ! C'était la clarté ! Las ! Le charnier en bas s'agitait et ce que j'avais cru une mer palissait et verdissait.

Des hommes à la face rongée et sans mains, des femmes aux seins déchirées et sanglants etc.

« Que me veux-tu, sinistre voyeur? Pourquoi toujours prends-tu ton envol? N'as-tu pas compris, sinistre voyeur, que je suis le roi des terres où l'Homme est las de ses traits? »

 

 

****

 

 

III

 


La danseuse

 

Tu n'es qu'une danseuse

Au bout d'un long bâton,

Un frivole toton

De volute oublieuse.

 

Ta guinche est comme un voile

D'écumes éphémères ;

Un souffle et se dévoile

Le monde derrière.

 

Danse, danse oublieuse !

Tu brûles lentement.

Danse mais lestement,

Jusqu'aux lèvres rieuses.

 

Tu t'épuises, heureuse?

Ta ronde qui s'arrête

Ne m'est plus savoureuse.

Fumée de cigarette.

 

 

GUILLAUME COISSARD

 

 

Il se présente :

 

21 ans, élève à l’Ecole Normale supérieure de Lyon, j’étudie la philosophie. Je n’ai rien publié. Je cherche pour l’instant simplement le partage de ce que j’ai pu écrire dans mes instants d’oubli.

 

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