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Tu disais

Je riais et tu disais:

" Mais c'est vrai! "

Je te croyais

Mais quel bonheur de t'entendre

Je riais et tu disais:

" Ce n'est pas drôle! "

C'était vrai

Mais quel bonheur de t'avoir

Tu me racontais mille misères

Mon rire en cascade te désorientait

De guerre lasse tu riais aussi

Tu regardais autour de toi:

Déjà si tard, la nuit tombe

Nos pas nous ont entraînés trop loin

 

 

***

 

Tant de toi

 

J'aimais tant le son de ta voix

Le vent me l'apporte quelquefois

Les mots qui se bousculent

Avec passion s'accumulent

En phrases inachevées

Dans un rire vite étouffées

Je riais sans comprendre

J'écoutais sans entendre

Puis l'absence

Dans le silence

J'aimais tant le son de ta voix

L'écho s'en rappelle quelquefois

 

 

***

 

Les arbres parlent … Ou pas !

 

 


Jacques est furieux ! Il s'échappe de la maison en courant. Toutes ces légendes sur tout et n'importe quoi commencent à sérieusement lui peser.

   On ne peut plus croiser une fontaine sans y voir une fée ou penser que son eau apporte la pluie, un lavoir sans y croiser des fantômes au travail. Les roches vivent, les arbres vont bientôt parler !

   Habiter la forêt de Paimpont dans cette famille d'illuminés n'est pas de tout repos !

  « Je suis cartésien, moi. Et je crois ce que je vois ! » Jacques aime la nature et les sciences naturelles. Il aime la vie et le jour. Tout est clair et net, classifié et en ordre.

   Le garçon court à travers bois en fulminant. Il a besoin de cet exutoire. Il lui faut libérer son esprit et détendre son corps avant de rentrer.

   A la maison, il ne peut rien dire. On le regarde en souriant, il y a toujours quelqu'un pour répondre doucement : « Cela me rappelle... » Jacques ne voit pas le regard pétillant du conteur qui l'observe tout en choisissant ses mots. Il pense seulement qu'on se moque bien de lui. Et de la science !

   Tout à ses pensées, il ne prête pas attention au terrain accidenté. Soudain, Jacques bute contre une racine et tombe lourdement; sa tête heurte une pierre. Inconscient, il ne bouge plus.

   Il revient à lui à la nuit tombée. Sa famille va s'inquiéter. Son front a saigné, sa cheville le fait souffrir. Il se traîne vers un hêtre proche et s'adosse au tronc rugueux. La manœuvre l'a épuisé. Il va se reposer un peu avant de rentrer. Ses yeux se ferment.

   Il est tard quand Jacques se réveille. Il se lève avec précaution, il se sent mieux. Seule sa cheville lance un peu, mais en marchant lentement, il pourra rentrer. Son grand père doit déjà le chercher.

   « Les arbres sont restés de bois! » dira-t-il plus tard, en racontant sa mésaventure.

   Cette fois, personne n'osera lui expliquer qu'en Brocéliande, le Hêtre de Ponthus est réputé pour donner de son énergie ...

 






GABRIELLE  BUREL

 

 


 

Née en 1957 à Morlaix dans le Finistère, vit à Nantes.

Fascinée par l'océan; aime jouer avec les mots, leur insuffler un rythme, surprendre le lecteur avec des histoires amusantes ou prises sur le vif.

Tag(s) : #poèmes et nouvelles

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