Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- FRÉDÉRIC PATY

Publié par ERIC DUBOIS sur 8 Juin 2011, 17:05pm

Catégories : #poèmes

 

 

L'écorce épaisse du chêne

Imprime sur mon dos

L'élan qui tantôt

Joindra mon âme à la sienne.

 

 

Dans cette invisible danse,

Parmi les clins d'œil solaires,

J'entends les nuages et lance

Des battements de bonheur.

***

 

L'AMOUR

 

 

 

 

Au matin, avant le jour

Les draps frémissent : un sursaut.

L'heure verte a sonné.

Les draps expirent.

Un bras impavide se déplie

La main danse dans l'attente

De l'éclisse où reposait tout à l'heure

Un songe calme et fugace.

Au creux du pli du drap

Le sommeil habituel d'une nuit.

 

 

***

 

 

BRETAGNE

 

 

 

 

Terre de naissance et d'attaches,

Bretagne, sorcière enchantante,

Les sorts que tu décoches

Sont inextricables.

Tes côtes déchirées d'où

Nous invitent aux outrances

Et sur le départ toujours

Les pieds balancent.

De tes horizons promis

On entrevoit les cris,

Les pleurs maternels, le fracas,

Les os brisés du remous toujours là.

On devine l'or quand même

Malgré les convulsions.

Constante est l'inclination,

Désespérée au mieux.

Mais y croire ?

Alors on guette

De longues heures.

Alors on scrute

Le lointain

Comme attendant,

Espérant un navire.

De ses côtes, seule est la mer,

Nulle terre en face.

L'attrayant inconnu,

 

L'effrayante monstruosité des esprits

Qui vaguent et qui écument

Hante les falaises abruptes,

Se traîne sur les grèves vertes de vase,

Divague sur les ports embrouillés

D’amarres et de filets vides.

Grimpez sur ses monts

Seule elle est visible,

Erodés et l'œil rond

Est prisonnier

De cette platitude infrangible

De vapeurs de fumiers acides,

De prés sans surprise

Monotones et limités,

De forêts

Où les arbres n'ouvrent sur rien d'autre

Que

Des prés

Et des villes orthopédiques,

Coquillesques et sans glotte.

 

 

 

 

 

 

FRÉDÉRIC PATY

 

 

Frédéric Paty, Breton, né en 1976. Je compose des poèmes depuis 1991. De formation littéraire et linguistique (master de traduction littéraire russe), je suis actuellement traducteur indépendant (russe-français). Amateur de la poésie française de la fin du XIXe siècle (Bertrand, Cros, Laforgue, Rimbaud, Verlaine...) et de la poésie russe (j’ai traduit La symphonie nordique du poète symboliste Andreï Biély), passionné par l’étude des langues et la linguistique. Je m’appuis également sur ma pratique spirituelle (méditation, bouddhisme, qi gong) pour appréhender le monde extérieur et intérieur et le restituer à l’écrit. Les questionnements que j’aborde sont liés à l’origine, le langage (souvent l’absence du dire), la métaphysique, la nature...
J’ai fait paraître un premier recueil, La terre, l’estran, la mer..., chez TheBookEdition.com.
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