Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - FRANCIS ETIENNE SICARD LUNDQUIST

Publié par ERIC DUBOIS sur 19 Juillet 2013, 20:46pm

Catégories : #poèmes

 

Graines de rêve

 



 

 

Il brûle au bout du soir des pétales de flamme

Que des barques de soie emportent sous le vent

Comme des coffres d’or arrachés au couvent

Où tremblent le Graal et sa belle oriflamme.

 

Des gestes d’écrivain ouvrant un calligramme

Perlent de leur saveur, sous le dais d’un auvent,

Le mur désargenté que les riches souvent

Prennent pour un château sous forme d’épigramme.

 

L’écriture est un art qui exige du mot

Le silence absolu dont un simple marmot

Colore la vertu d’un revers du sourire.

 

Pourtant page à page un magicien construit

L’horizon du savoir que le lecteur instruit

Entrevoit par hasard sans jamais se maudire.

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

 

Envoûtement des douves

 

 



 

 

Sous la cendre d’un cierge épuisé de souffrir

Brûle encore le sang d’une longue prière

Que la nuit d’un vitrail perçant la meurtrière

Verse sur un miroir dont l’eau feint de mourir.

 

Le cristal d’un saloir où le vent vient flétrir

Se fend de part en part sous le poids d’une aiguière

Que des ventres de vin lancent d’une verrière

Suspendue au silence en train de dépérir.

 

Puis des courtines d’or enclavant le mystère

D’une lune d’étain et d’un visage austère

Referment sous leur soie un reflet de fontaine.

 

Passe un dernier regard au travers de la pluie

Et quelques pénitents au pas couverts de suie

Entrent dans le parloir comme des bris de faîne.

 

 

 

 

 

****

 

 

 

 

Lambris de lune

 

 



 

 

Des boucles de fumée échappant de l’albâtre

Encerclent le miroir d’un infini salin

Où glissent des vaisseaux sous des voiles de lin

Comme des feux follets fuyant les bords d’un âtre.

Quelques bouts de cristal à la pâleur douçâtre

Cliquettent dans la nuit dont le puissant déclin

Saigne sur les feuillets d’un livre sibyllin

Déchiré par la mer et son cœur idolâtre.

 

Des contes interdits par la race des rois

Enfouissent l’amour dans des trous de parois

Privant le monde entier d’une divine offrande.

 

Or quand l’obscurité vide l’encre du soir

Sur les roches en cire au bec d’un arrosoir,

La déesse apparaît pour cueillir la lavande.

 

 

 

 

***

 

 

 

Paille d’ange

 

 



 

 

Jaillissant de la nuit comme un pain de corail

Une étoile est venue affubler le silence

D’un parfum de sel noir dont la déliquescence

Embaume les greniers d’une flamme d’émail.

 

Des glycines en fleur aux portes d’un sérail

Jettent des confettis en pleine incandescence

Au-dessus de la mer brûlée en transparence

Par un rai de soleil pris dans l’or d’un vitrail.

 

La roseraie en sang étale son étole

En repoussant la vie au bout de sa parole

Pour blanchir le matin d’une poudre de chair.

 

L’astre enfin disparaît dans une boîte en cire

Filant du firmament aux remous d’un navire

Traversant l’océan sur le dos d’un éclair.

 

 


 

Extraits de "American jigsaw puzzle"

 

 

 

 

FRANCIS ETIENNE SICARD LUNDQUIST

 

 

Né en 1952, Francis Etienne Sicard Lundquist, se passionne, dès l’adolescence, pour la littérature, et en particulier pour Marivaux et Marcel Proust. Des études de lettres classiques le conduisent à Lyon, où il complète sa formation d’enseignant, qu’il exerce brièvement, avant que de ne rejoindre, en 1977, Berlin, où il choisit de résider pendant plusieurs années, pour écrire son premier texte en prose Le Voyage Bleu, qu’il ne publiera cependant qu’en 1986 aux Nouvelles Editions Debresse.

Après plusieurs séjours à Antibes et Nice, il quitte Berlin pour se mettre au service d’une famille aristocratique allemande, avec laquelle il voyage en Europe, en Asie et aux Etats Unis. Il en rapporte une importante correspondance, caractéristique de son goût pour le style épistolaire.

En 1983, il s’installe à Londres, d’où il publie trois recueils de poèmes, aux Editions Saint Germain des Prés, aux Nouvelles Editions Debresse et au Méridien Editeurs.  Il rencontre des artistes, travaille à la refonte d’un monumental projet d’écriture, Nuage de bois sec, et, devenu proche d’un éminent exégète d’Oscar Wilde, il se consacre presque entièrement à l’étude de l’esthétisme.

En 1998, il rejoint le Languedoc, et publie quelques textes dans la presse, répondant à des appels à écriture, notamment  ceux de France Musique. (Contes du jour et de la nuit de Véronique Sauger)

En 2011, il crée les blogs d’écriture uniquement consacré au sonnet de forme classique :

 

Lettres de soie rouge : http://lettresdesoie.over-blog.com/

 

 

En novembre 2011, il reçoit le premier prix du Concours Charles Trenet 2011 dans la catégorie Poésie Classique de Forme Régulière, et en 2012 le Premier Prix de Nouvelle des rencontres aéronautiques et spatiales de Gimont(publié dans un recueil collectif D’ailes et de Plumes Edilivre Coup de cœur) et d’autres récompenses comme celle de Haut le Verbe publié dans la revue Nepenthés N°6 de décembre 2012.

 

 

 

 

 

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