Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - FRANCE BURGHELLE REY

Publié par ERIC DUBOIS sur 30 Mars 2013, 11:28am

Catégories : #poèmes

 

 

 

Révolution

 

Au pied de la vigne son ombre se dessine sur la cabane en pierres il lui suffit de chanter pour

croire un instant moi je continue sur le même chemin et en cueille les épines

 

 

Son ombre se dessine sans qu’on en voit les contours quand du bout des doigts je tiens ce

pinceau et cherche la couleur qui crie comme un chant de victoire l’avenir au bout des doigts

 

 

Elle cherche à espérer femme sûre de sa flamme attend encore une fois l’aube le soleil van

gogh et apollinaire la courbe de mon arc est bleue comme l’orage je me calme pose mon âme

 

 

Aujourd’hui il faut vivre mais si j’attends en marchant à rebours comme une menace pour

mon chant  je vis un éternel retour et dans un souffle reprends ma route

 

 

Je suis jusqu’à la vigne ce chemin de campagne où je l’ai vu la première fois au lever du jour

premier regard pour le balcon fleuri puis il faut aller par un détour agir

 

 

Car chaque jour agrandit le cercle du hasard quand je n’ai cesse de chercher l’impossible

comme ces fleurs plantées multiplient la pensée comme ce dessin d’un sourire comme ces

silences entre les lignes

 

 

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Si dire n’est pas avouer voir c’est déjà vivre elle détourne son regard de l’écran femmes

enfants battus violés oh la guerre elle leur met un bouquet comme moi mes mots

 

 

Quand j’aime admirer l’art et les lettres c’est cette voie que je suis elle va là où trouver du

rêve à cet instant je pose mon âme je me calme la poussière du soleil forme l’aura de midi

 

 

Mais je préfère voir flou dans le bruit des cigales j’attends un souffle d’air tant j’aime que

bougent les choses mes ifs sont rangés comme des petits soldats qui nous préparent la paix

 

 

Elle siffle sa chanson dans l’air chaud de midi c’est le mirage des routes de goudron j’en sens

encore l’odeur je fais le tour de mon village tourne et tourne pédale comme une folle

 

 

Sous le soleil de plomb et j’ai toujours quinze ans quand vient le crépuscule s'il a suivi la

même route j’attends chaque nuit de le savoir

 

 

 

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Dans l’attente je me bats agite en tous sens mes bras je veux arriver à la fin voir la lumière des

sourires le feu des artifices dans le noir du combat je me tais pour apprendre à hurler tout bas

 

 

Pour le Liban pour la Syrie ou pour l’Iraq chez nous aussi il y a du bruit mes murs sont mon

secret j’use mes ongles contre leurs pierres parle la nuit mais on ne m’écoute pas

 

 

Elle la grâce illumine son lexique mais sans y croire elle avance mets ses pas dans mes pas

nos ombres se rejoignent courbes dans les courbes comme des ombres chinoises nos murs

s’animent pour l’Iraq

 

 

Ma voie est aérienne quand je suis funambule sur une lame de rasoir mais j'avance recueille

l'eau des pluies et lave les blessures de ceux qui font la guerre et qui pissent le sang

 

 

 

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Elle marche sur mes pas crie sa révolte chants et banderoles je lui donne le bras nous sommes

à l'unisson marchons marchons le macadam brille

 

 

Oubli des petites rues comme des petites idées j'use mes semelle et les frotte aux pavés si dire

n'est pas avouer crier est refuser je marche devant elle

 

 

L'aurore nous a surpris ciel rose sur la bastille nous chantons pour la paix le sang ne coulera

plus nous nous battrons demain puis jours sans sommeil nos corps endoloris

 

 

Mais mon âme est en paix je dors à ses côtés mes bras sont repliés sur ma bonne conscience et

sans serrer les dents j'attends le crépuscule

 

 

 

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Le soleil chauffe la terrasse c'est mon champ de colza et ma lavande au pied des marches van

gogh a peint ce paysage je prends les armes lorsque j'écris pendant des nuits d'orage

 

 

 

Les odeurs maintenant sont de pâles copies je siffle apollinaire en me levant jure de ne plus

marcher et de ne plus attendre je sors mes papiers cherche ma musique et commence à chanter

 

 

 

Elle n'entend plus les notes que je joue fatigue qui la tue sa main n'avance pas quand

l'impossible la hante et le blanc l'éblouit

 

 

 

 

 

FRANCE BURGHELLE REY

 


 

 

France Burghelle Rey enseigne les lettres classiques. Elle est membre de l'Association des Amis de Jean Cocteau, du P.E.N. Club français.

 

La poésie semble bien son mode privilégié d'expression car elle a toujours recherché la concision et l'ellipse à la limite du silence.

Mais le besoin impératif de musique, règle d'or, à son sens, de l'émotion poétique, explique la rédaction actuelle de versets dans deux recueils inédits, Les Tesselles du jour et Patiences.

 

Textes parus et à paraître dans une vingtaine de revues.

Elle a écrit une dizaine de recueils dont 4 sont publiés chez Encres Vives, coll. Encres Blanches : Odyssée en double, La Fiancée du silence,L'Orpailleur,

Le Bûcher du phénix et  Lyre en double aux éditions Interventions à Haute voix. Pour un texte du Chant de l'enfance, inédit, elle a obtenu le prix Blaise Cendrars et pour L'Un contre l'autre, Gegenüber, a été finaliste du prix Max-Pol Fouchet.   

Elle collabore avec des peintres et notamment avec Georges Badin pour des livres d'artistes.

http://france.burghellerey.over-blog.com/

 

Notes critiques dans de nombreuses revues comme Place de la Sorbonne, Lieux d’être, Cahiers du Sens, Terres de Femmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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