Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- DELPHINE GEST

Publié par ERIC DUBOIS sur 30 Novembre 2013, 18:34pm

Catégories : #poèmes

 

FOULES



Tenir la foule l’épaisseur

Houle flottée le long du vent

Donne les larges pas

Les châles de ces dames sont sortis

Dans les coins de la ville

 

La lune est branchie du soir

lucide

 

les vertèbres de la rue

vont à contre courant

où le corps est pénible

où le souffle est mordu

on arrache une vieille ancre

 

mais les coupures du ciel

de concert

s’accordent

tels un nouveau chant

 

Le soleil nous raconte des histoires

Sous le même toit rencontres se font

Sourires et accords batifolent

Courbettes sortent ainsi bourgeons

Luttes expient dans le feu

visites guidées

où le soleil est béance on est encore là

A plonger dans la lumière

 

la toile de fond

mille et une feuilles

à décompter quand le temps avance

 

ils sont debout

l’air est debout ainsi

j’ai trop vacillé

la vitesse a grisé le pas de l’histoire

l’ombre est transie de tonicité

 

parcelles

créations livides

en hauts labyrinthes

frénésie de dire tout à la fois

frénésie compulsive des vents marins

 

quel mot avant celui ci

donnera sens au secret

au lendemain des beaux oiseaux gorgés de poussière

à l’ouvrage

 

telle la grande lueur d’un son

l’approche de la nuit

se fait cri noir qui fuit

tel le voyage salé de la mer

et son équipage froid comme les anciens naufrages

 

 

 

 

 

***

 

 

 

 

FIEVRE



Le fièvre et le silence

Tètent ma poitrine

Et je m’éloigne

Dans l’égarement du temps



Tête pleine de vomi

Tête ressemblant aux têtes

Aux pages sages

la langue pointée

se teinte du vernis et ses jours réguliers



A la mangue mangée

Qui s’affiche au temps des visages altérés

Elle reprend vie

S’estompe le jour

Le bonheur de la délier

Comme un fraisier abondant



Aux mouroirs ou l’on a plongée

Dans l’abstraction érectile

Des lèvres mordues

Des lèvres qui se mélangent

S’épousant comme des anges

Qui ont tant de chose à se dire



Quelques pis allers quotidiens

Quelques fourvoiements

ferment ses vestiaires ses croix dues



Je crois que l’homme est fiévreux encore

Il croit toujours à ma lèvre défiante

Mais je ne le ranime plus



Même après la nuit

Je vais me taire

C’est là

Ça gèle

quelques caps de recherches incongrues et si vaines

et si loin poussées qui pousseront encore si loin encore

jusqu’au mystère

jusqu’à la débâcle devant les éléments

jusqu’à la richesse

jusqu’à la fin des mots




***

 

 

 

mères océaniques



mères océaniques et leurs petits rêves malingres

nous installent

parmi violes et violons

dans un monde

que nous ne formons pas

qui nous a tant entourés

dans les chaleurs naissantes

du corps



Caféine

Pain

Tartines

Vie dressée

Bien faite

L’enfance aux fusions heureuses

S’éloigne aux vains souvenirs



Mères océaniques qui ont vu naitre

Et nous ont protégés

Puis lâchés dans le flux

Seuls leurs yeux nous relèvent

le cœur en berne

les cils froncés et les haines

De ne plus être au ventre

les yeux grimpés là-haut

Ecorchés dans le jour

les yeux agrippés au ciel

Qui nous mélange

ou nous devons fusionner

Coiffés de ces fils qui vont leurs parchemins

Ou nous voulons les rejoindre

Comme ces désirs qui nous hachent nuques penchées dans l’écritoire

Ces désirs qui arrachent le temps

Qu’il faut pour se séparer d’elles



Des écorchures de la mort vidée violée plaintive

Où le sexe est une pénombre blanche

Une lune ouverte

un parchemin qui saigne

et qui offre la vie

et nous berce d’indulgence

et de férocité



mais le cœur égotiste fait son chemin

L’essor malade des voies distillées

Va de cap en cap

Et jamais ne s’arrête

Des caps joués cruels

Fusionnant avec le temps

Et ses élans frénétiques



Des études bien blanches du sommeil

Des vides et des vies

des miroirs suicidés

des regards faciles

ne nous laissent plus à aucun réconfort



il faut être un peu mort pour trouver la paix







DELPHINE GEST



 

 





 

 

 

 

 































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