Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS- DELPHINE GEST

Publié par ERIC DUBOIS sur 27 Octobre 2013, 12:06pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 



Insomniaque



Insomniaque

Je vies à l’écart du sommeil

Je rêve et vie

Dans un cadre mal éclairé

Au gré des semi-connaissances



Mon âme disputée en semis

S’agite dans l’écran

Jusqu’à vider le temps

Jusqu’à sceller l’image



La lune efface

L’avant-scène où je me tiens



Oblitérer déblatérer

Cocktail explosif

Technicolor dans la purée

Tête spiritueuse

Jusqu’au quart mollet



Je dormirai au pied standard

Du plafond des oiseaux

L’aube indique un flot

Véridique soft nausée

Dans le nouveau manège



A longer les murs

A s’attabler

A s’attarder à se disjoindre de la table

A comparaitre à afficher

A planquer son œil dans une chaise

A tordre les mots de nouveau

Au toit nappe décors

A l’orée de ton corps

Qui s’éveille



Je fuse et prend dates

Oblitère astral nu

Gomme tactile aux degrés de lune

Efface mes rêves

Que je rejoins dans le jour



Je ne dormirai pas longtemps

Avant la fin du jour





***





CHARNIER, PASSAGER DU SOMMEIL





Charnier passager du sommeil

Sommeil éclipse

Visage creux

Qui reçoit le mort

Visage dans le visage

Visage plein

D’enfant sans un pli



De cris d’oiseaux de lésion de l’air

Dans la cage auprès d’un cri

Léger

Sans une aubade sans un mot

Le visage se désemplit



Morsures et plaies

noyau creux

Engouement

Des yeux inversés

les plumes

De l’air multiple

S’éparpillent

Dans le silence de ces miroirs que l’on lèche



Raies multiples de l’amour amusé

Des oranges vertes que l’on jette aux vautours

Des fleurs dont on parsème les cœurs endeuillés

ces cirques bleus

qui reviennent

Dans les paniers dans la lune



Autour des écorces

Les soucis révolvers ou les cris qui libèrent

Chaque repos de guerre noyée

Chaque mot plat



Amour

Que l’on jette aux rues aux visages passants

en lancers de disques

Musiques

Que l’on jette aux chevaux

Aux yeux apeurés des femmes violentes



Dans chaque nid il y a un bec

Une flûte malencontreuse

Un deuil

Une raison de dire

Un poème

 

***

 

 

Mères océaniques



mères océaniques et leurs petits rêves malingres

nous installent

parmi violes et violons

A ne plus rien lire

A goûter la page



Caféine

Pain

Tartines

Vie dressée

Bien faite

Identique



Des cœurs en berne

Des cils froncés et des haines

Des yeux grimpés là-haut

Coiffés de ces fils qui vont leurs parchemins

Comme les plaies élégantes les fenêtres sur cours



Comme ces haines que l’on chasse nuques penchées dans l’écritoire

Des écorchures de la mort vidée violée plaintive

Où le sexe est un écritoire une pénombre blanche

Une lune ouverte

Du cœur parchemin qui saigne

Qui récupère sa vigueur

Du cœur égotiste qui fait son chemin

Dont les rêves ravivent les veines

L’essor malade les pièces des voies distillées

Des caps joués cruels

Des études bien blanches du sommeil

Des vides et des vies



des miroirs suicidés

des regards faciles



il faut être un peu mort pour trouver la paix





 

DELPHINE GEST

 

 


 

 



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