Hors-chant

 

 

 

 

La longue nuit s'amenuise

Poreuse

Persiste une buée d'hier

Hors-chant ténu

Qui tient la note

Et puis se fêle

Distille des grumeaux de lune

Friables sous la dent du jour

Mordre à demain

Le goût des songes

 

 

 

 

 

****

 

 

 

 

La mémoire métisse

 

 

 

 

Je découds le bord à bord

Du bout du monde

Et des saisons

Bleu minéral de l'hiver

Soleil abrupt en surplomb

Velours côtelé des labours

Horizon hachuré de pluie

Aux andains de roches plissées

Trame de vent

Trame d'un temps effiloché

Restent l'accueil d'un rivage

Pruine de sel des galets

Mémoire métisse taillée

Dans l'à vif

Et l'aboli

 

 

 

 

****

 

 

 

Contre-soir

 

 

 

 

Dans l'encoignure de mes murs

un crépuscule similaire

au feu tout flamme

contre-soir

Il est des soleils rémanents

dont la lumière indélébile

longtemps affleure à la surface

Un linteau vermoulu

la photo répétée d'un Sahel de dune

où mon enfant trottait

un genou, une hanche

Pendus au bleu des poutres

des chardons de poussière

et le parfum fané

d'une rose rouge

sèche

 

 

 

 

COLETTE DAVILES-ESTINÈS

 

 

 

 

 

 

Naissance au Vietnam, enfance en Afrique. Anciennement paysanne, aujourd'hui citadine.

Elle puise son inspiration dans un sentiment de perpétuel exil.

Quelques textes publiés à La Barbacane, LE CAPITAL DES MOTS et La Cause Littéraire.

 

Tag(s) : #poèmes

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