Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - CAMILLE PHILIBERT

Publié par ERIC DUBOIS sur 1 Mai 2013, 12:39pm

Catégories : #nouvelles

 

Une bonne descente.

 

Trop froide l'eau qui monte jusqu'à mi-cuisse ! C'est pas rassurant. Est-ce que ça va continuer. Hésiter quelques secondes, tourner les pieds c'est encore faisable, rejoindre la plage immense, oui et rester sec du torse. Au niveau du nombril, une ligne mouillée se dessine et serre comme une ceinture, et quand cette putain de ligne sera immergée, ce ne sera plus possible de ressortir, jamais. Devoir faire gaffe, rester immobile, continuer à infuser des pieds au nombril dans la mer glacée. Ne pas s'enfoncer davantage. Sa tête vacille, il ouvre les yeux, elle n'a pas bougé. Qu'est-ce qu'elle pourrait sortir de ce rêve, les femmes sont tellement intuitives, elles. Si quelqu'un pouvait comprendre quelque chose à ce fatras, ça pourrait être elle... Souvent ce que l'un termine, l'autre le recommence. Dans le fond, il sait que rêver ne sert à rien.

 

Quoi, dans sa main la Pelforth est déjà vide. Les doigts serrent le métal qui se déforme. Il l’additionne aux canettes qui s'entassent au milieu de la table. Ne se rappelle même pas l'avoir descendue. Faut qu'il raconte ce rêve à la femme assise de l'autre côté. Sa langue pique, son gosier râpe, il a la chair de poule, s'en jetterait bien une autre, une fraîche cette fois, avant de parler. Faut qu'il lui dise. Depuis le retour du marché, l'ambiance n'est pas marrante. Ca fait longtemps qu'ils ont franchi le seuil de l'appartement avec un caddy chargé. Il avait dit des trucs importants, elle avait jacassé, ils parlaient trop en revenant des courses, ce qui compte c'est pas le blabla, c'est les actes. Depuis un sacré bout de temps le silence règne dans la cuisine. Son rêve, c'est l'idée en béton pour relancer un quelconque dialogue. Un truc qui allégerait un chouïa l'atmosphère. Mais desserrer les lèvres pour enclencher la parlotte, tenter de remettre des points sur les i alors que des images de plage et d'océan se délavent dans sa tête, rien que l'option de descendre sa mâchoire pour lancer le premier mot, à l'avance ça le crève. Il frissonne. Juste une petite bière le remettrait d'équerre, quand même pas la mer à boire... S'il en reste encore dans le frigidaire... Faudrait se pousser pour aller vérifier. Une envie aux ailes duveteuses sort de son crâne pour voleter jusque dans le frigo et faire le tour du propriétaire, non mais, y en a plus, elle s'est jeté la dernière sans qu'il fasse gaffe. Sur et certain, elle l'a bue. Pas question d'aborder le sujet tout de suite avec sa langue collée au palais, qu'est-ce que c'est pénible, des hirondelles aux becs pointus ont fait leur nid dans le fond de son gosier (ah quelle idée tordante), sinon comment expliquer que ça gratte à ce point. Avant que la lune s'efface de la fenêtre, ça le botterait de parler de cette plage infinie et de lui immobile au milieu de l'océan, sinon il restera tranquille jusqu'à la lumière progressivement aveuglante du petit matin. Il aurait dûse pieuter juste après minuit, quand elle faisait claquer les portes des placards à la recherche de la foutue poêle. Minuit, le passage étroit avant que les carrosses ne se dézinguent. L'avantage de ne pas dépasser minuit, c'est être raccord avec le lever de jour. Sans casque à boulons à même le crâne.

 

Depuis qu'il a fermé la porte à double tour après les courses, c'est simple, il n'a même pas fait gaffe à l'heure. Et ça a défilé, une frétillante ribambelle de minutes et de temps passé à quoi finalement, quoi qui vaudrait la peine d'être retenu ? Pas grand chose d'aussi palpitant que l'eau n’arrêtant pas de monter quand ses pieds s'enfonçaient tous seuls. Remettre vite fait la main sur une roteuse, la déshydratation guette, elle va le remettre d'aplomb et éteindre définitivement le feu dans la gorge...Tiens, derrière la masse scintillante des éclusées, il n'y resterait pas une, oui, une pas décapsulée, intacte, celle-là, bien sage, qui l'attend. De l'autre coté de la table, posée juste à côté l'autre ignare qui marine dans son jus. Une bien fraîche, avec de jolies gouttes, pas cabossée, la dernière. S'il demande qu'elle lui donne, ça fera reprise de dialogue, ça casserait le silence...autant que la situation se décante d'elle-même. Quand le fruit n'est pas mûr, rien ne tombe de l'arbre (oui c'est exactement ça, sa vie en une phrase).

 

Furtivement il l'observe avant de fixer la bière. On n'a pas idée d'avoir aussi peu de lumière dans les yeux. Ou alors ses yeux s'éteignent juste quand ils sont réunis. Par instant, y avait une étincelle dans un recoin des pupilles, peut-être qu'ils étaient sur des ondes voisines, des traces parallèles, des envies flottant passagèrement ensemble... avant que leurs mots retombent, comme des crêpes ratent une poêle, avant que les mots aplatis fassent pan dans la gueule et qu'après le troisième pack, il préfère se la boucler. D'ailleurs la poêle, elle n'a toujours pas remis la main dessus. Les femmes ont souvent des cerveaux de moineaux. Lui a des envies simples, comme déguster des crêpes. Ils avaient ramené tout ce qu'il faut du marché, sans oublier le lait. Ne plus y penser, chasser ces sacrées crêpes qui le font gargouiller, les effacer... Ecluser, ça sert à quelque chose. Dans la vie faut faire les pauses qui s'imposent et raison garder. S'il se lance, elle va répondre un truc, pas trop envie qu'elle l'ouvre, du coup il verrait ses dents, au moins celles du dessus. D'ailleurs, son incisive n'est peut-être pas tombée finalement, pas de raison qu'elle ne tienne pas comme une pêche s'accrochant à sa branche en plein août. Il a juste besoin de se remettre à flots, de se détendre, pas grand chose. Une p'tite la plus froide possible, lisser les nerfs, calmer la gorge, éventuellement nourrir les hirondelles ( oui c'est important de mettre à l'aise les invitées ); et après il pourra envisager de raccrocher les wagons, mais à son rythme. Dans la vie, faut viser le milieu, trouver le juste point d'équilibre: avoir une bonne descente au hasard, mais pas une descente à pic. Point trop n'en faut, depuis toujours sa devise. 

 

Il éternue. Des cavités nasales, une matière épaisse glisse et et s'écrase sur la langue. Que se passerait-il si, à l'intérieur de sa peau, muscles et boyaux se transformaient, s'ils se liquéfiaient par exemple ? Coulées et disparitions des chairs. Une toux le secoue, sa main se pose machinalement sur sa bouche, raclure de gorge, un crachat épais s'écrase dans sa paume, il regarde cette chose gélatineuse en faisant la grimace. D'une voix de feuille morte, elle demande qu'est-ce qu'il y a. Curieux comme cette masse verdâtre est sortie aussi brusquement de sa bouche. Un crachat compact comme une olive noire. Comment lâcher un truc aussi petit quand on est connecté avec l'infini, sidéré par l'infini...Le huit allongé qui monte et descend sans stopper, (ça c'est bien trouvé). Faudrait ressortir cette vision puissante un jour. Ses doigts se replient sur la glaire gélatineuse.

 

Au bout de la table, le contour de la canette se précise, la netteté du cylindre s'accentue et vibre derrière ce tas d'emballages vides formant une colline, non plutôt une montagne métallique aux couleurs acides, un truc infranchissable... Ils ont pas mal picolé, mine de crayon. Il transpire. A défaut de parler, il avancerait le bras vers l'extrémité de la table, sa main flotterait doucement au dessus de la montagne, l'autre ferait encore semblant de ne pas s'intéresser, continuerait à faire la statue en regardant dehors ou une tache rouge séchant sur le lino ou elle dormirait, (mais comment peut-on roupiller assise, sérieux ). Mince, ce serait pas drôle, pile à l'instant où il sentirait sa bonne humeur naturelle revenir au galop. Elle n'ira pas encore continuer à gâcher sa nuit. Cool et logique qu'elle soit en train de cuver, les femmes ont un métabolisme différent. L'air ne vibre pas d'un pouce. Que le grand Cric le croque, si d'ici cinq minutes, il ne reprend pas la dernière canette et les choses en main. Ses boyaux tordus dansent la java, ça trépigne furieusement dans le bide, tout en pente il l'avalera pour rassasier et la langue en carton et l'estomac tiraillé, le larynx desséché et les piaillements silencieux qui parcourent sa carcasse. Elle lui fera du bien partout, cette connasse. Envie de se moucher. A la saint-glinglin les volatiles avides se seront cassés de son gosier, avec l'éradication de la grande soif. L'amertume c'est pareil que le reste, y a un juste milieu (mais d'où lui viennent toutes ces bonnes idées, faut faire démarrer l'enregistreur dans sa tête).

 



La dernière goutte avalée ferait un bien fou. En vrai, la vie est tellement simple, de la mousse légère et du pétillement suffissent pour péter la forme et que tout rentre dans l'ordre, un vrai bonheur, même les yeux opaques de l'autre et ses reniflements ne seront plus si crispants. Ce serait pîle ce qu'il faut pour recaler la course des éléments. L'air perdrait sa densité, la respiration s'allégerait, il reprendrait le dessus une bonne fois pour toutes, que des cartes gagnantes dans la main. Une fois la bière avalée et le rêve craché, pourquoi pas décoller de la cuisine. Scotchée elle va être, une créature engluée ras du sol, quand il verra tout de si haut...Mais qu'est-ce qu'elle a à le mater avec des yeux de vache, il se passe quoi dans sa petite cervelle...Elle va ramer longtemps...Elle ne sait rien, même pas où est la poêle, ni que les pôles sont en train de fondre...Exactement, en train de fondre, en ce moment précis. Et que des îles, bientôt, des îles, dans pas longtemps, tout un tas d'îles va être rayé de la carte comme ça...Il claque les doigts.

 

Derrière la fenêtre, des nuages se déplacent à une vitesse de d'escargot, elle discerne leur traînées grises. Des instants de ciel, zones légèrement fades, du foncé tirant jusqu'au violet, des masses cotonneuses pas pressées, ses yeux ne finissent pas de suivre leurs avancées floues sans s'en détacher. Des bouts de ciel ouatés aux rondeurs en expansion. Il lance : - Hé, la bière sous ton nez, tu la passes. Elle l’ennuie tellement. Elle le salit.

 

 

         Tout, jusque là, était habituel. Ce qui est arrivé, ce jour là, il n’en n’a aucune idée. Longtemps après, il s’est souvenu que tous les efforts de son esprit pour contourner cette possibilité là. Ses efforts que la bière recouvrait en grandes lampées.

Sans sommation, sans alerte, sans prémonition, dans ta vie de tout le monde, elle surgit. Celle, que tu appellera après, la malédiction, mais pas sur le moment. Parce que, sur le coup, c’était impossible, même pas quelques syllabes surnageant sous ton crâne pour la désigner.

Ce matin, l’écho d’un claquement de porte qui se referme et quelque chose l’achèvera.

 

 

        Un bain brûlant pour se détendre ? Avec de la mousse bleue vif dedans ? Ça peut marcher…L’eau mousseuse envahit la baignoire jusqu’à ras, ça déborde. Le shampoingtombe. Une blatte  grise cachée derrière file derrière les lavabos. Il ferme les yeux.  C’est chaud comme la mer des Fidji. Quand ça devient trop  tiède, il cherche le siphon et tire. L’eau s’engouffre. Tout le bain se vide dans le trou obscur avec des slurps. L’aspiration agrippe ses pieds. Tu glisses un peu. Les orteils sont coincés. C’est quoi ça ? Dans le tuyau craquant de partout, tu glisses encore, engouffré dans une nouvelle nuit.

 

        La lumière dorée, du sable, des bois flottés. Un roulement de tambour s’amplifie, les tympans qui vibrent, une multitude de minuscules frottements sous la plante des pieds. Détaler à toute berzingue, les genoux en dedans, dans l’haleine salée de la vague, bondir plus loin, oublier quelques secondes les murs d’eau mouvants, tes sauts ralentis par le mouillé sous les doigts de pieds.

        Tu invoques : pouce ! me réveiller maintenant, c’est pas du jeu. Pouce, la plage, c’est possible sans ces vagues, la grise qui vient d’exploser sur ta nuque, la frémissante qui se relève au loin, la verdâtre qui fait le dos rond alors que tu frissonnes, la lointaine dont tu pressens le poids rien qu’au courant visqueux qui chatouille tes reins. Juste le temps de te retourner, les jambes s’entrechoquent, courir dans l’eau, tu ralentis, des fils filandreux frôlent tes chevilles. D’accord, renoncer à l’océan, la plage, elle est où ? La longue bande de sable n’est plus visible entre les rouleaux, ton dos en a la chair de poule, te remettre à courir en forçant sur les genoux pour sortir de l’eau. Tu t’assèches de l’intérieur pendant qu’une barre de vagues écrasantes surgit dans sa ritournelle agitée de fracas. Cœur emballé autant que pieds enfoncés. Tu glisses, les algues, courir encore vers le sable, mains en avant. Tes genoux s’entrechoquent dans l’aspiration sifflante de reflux. Dans le fond, ça se rétracte ou vacille.

        Devant, la limite mousseuse de la première vague te paraît plus loin, mais elle recule, c’est pas possible, l’écume s’enfuit à la vitesse d’un cheval au galop. Tu tangues en arrière, pas question de reculer. Tu cries : pouce dans le fracas, c’est pas du jeu, alors que tu devrais avancer, que tu devrait être arrivé sur du sec. Tes doigts de pieds sont plantés en griffes dans une base molle. Tes jambes devraient s’élever avec légèreté, et pas engluées dans d’inconstants courants. Tu penses très fort à là où te réfugier, mais ça n’empêche pas regarder derrière, tu commences à tourner la tête. Une dizaine de seconde avant de la voir, tu l’entends. Lent craquement qui se déplie avec rondeur, parfum de moisi, afflux d’algues poisseuses qui frôlent mollement tes mollets.

        Instant tranchant, où déployant ses tonnes d’eau mais sans hâte, elle arrive, la vague. La bouche ouverte, s’écraser, en dedans tes genoux raclent le fond irrégulier, lampée d’océan, sel partout. Ca te mord, toi debout et assommée à la fois, la bête ne prend même pas le temps de t’achever, te choppe entre des murs d’eau qui s’effondrent, ta tête explose, immédiatement, parce que c’est là, la chape épaisse qui se déverse et te saisit vif, plus un gramme d’oxygène entre dans tes narines, elle t’a retrouvé la malédiction. L’engloutissement replie ses ailes et pointu est le bec qui te déchire le ventre. Si jamais tu avais cru pouvoir goûter encore  à ta vie normale, la vie des autres, cet acharnement glacial te choppe, par les tripes, définitivement. Et ta gorge asséchée envahie de cendres sans pouvoir déglutir.

 

       Langue rétractée qui hurle le silence. Plus de souffle. Peau tendue qui craque, déversant des laves suintantes. Epaules, qui se hissent pour protéger tes oreilles. Cou s’affaissant parce que ton ancienne peau ne peut pas y croire. Cage thoracique pétrifiée, un étau de plus. Qui te cloue net et aucune articulation qui ne bouge. Quelques misérables sursauts, en apnée tu vomis pendant qu’un liquide piquant coule le long de tes jambes. La bête ne se suffira pas de ta carcasse. Tremblements suffocations, des uppercuts te creusent au plexus. Le cœur va basculer, c’est sur. Ça explose dans la poitrine. Que s’arrêtent ses battements de gifles. Pourvu qu’un soulagement, une douceur, le miel de l’absence. Qui cautériserai la brèche, la crevasse mutilée qui n’arrête pas de se creuser. 

 

       Même pas.

 

       Le cœur tangue et tient et tout qui se disloque sauf la viande. Devenu ombre d’un fantôme, tu bascules, personne ne te regardera plus dans les yeux, on ne te serrera plus la main, se contentant de te saluer par des mouvements tremblés. Ta dépouille même ne rassasiera pas les mâchoires, t’as pas assez encore payé avec ta douleur, si jamais c’est une conjuration. L’extrême chaos du vivant mène la danse, rien, ah oui, tu n’es rien. Perdition enclenchée. S’extirper de l’insaisissable glaciation n’est pas au programme, tu ne le réaliseras que plus tard. La malédiction danse sa violence aux multiples masques. Aspirée par son imperturbable étreinte, ta chair chavire sous ta peau. Entièrement emportés dans le siphon du dedans, tous tes liquides refluent aspirés par l’inlassable démon. Des micro fissures apparaissent dans chacune de tes cellules, une à une, en surchauffe et désorientées elles vrillent sur elles-mêmes. Vile poussière siphonnée, ton esprit se recroqueville au fond. Ton corps de sédiments, il survivra bien sans toi

 

       Quand ton œil gauche s’ouvre dans un bouillon, des bulles, un voile rouge vif, vers le haut, un éclat. Un coup de talon, coup réflexe, et toi propulsé vers le haut. Sorti du bouillon. Sans cesse appuyer sur la plante des pieds pour ne plus être aspiré et repartir vers les profondeurs. Lutter contre l’aspiration de chaque reflux. Dans le tourbillon, de saut en avant en tremblement, tu t’extirperas des vagues mais pas de la peur. Tu progresseras lentement vers le ferme, en rêvant de passer les mains sur tes paupières pour enlever le sable collé aux paupières. Sur fond de rugissements sourds, les tonnes de liquide qui, lointaines préparent leurs prochaines charges, brassant dans la foulée flasque et coquillages tranchants. Au-dessus du nombril le vent te glacera. Un couvercle de nuages noirs se déploiera.

 

Tu flageoleras d’émotion et de joie. Enfin du solide, du plein, du stable sous les pieds. L’air qui remplit les poumons t’irriguera à nouveau la carcasse. Tu prendrais bien ta masse pour exploser ta baignoire. Encore faudrait-il, qu’au bout de tes avant-bras, tes mains soient toujours là.

 



CAMILLE PHILIBERT

 


 

Créatrice du fanzine Toi et moi pour toujours. Anime le blog les807.blogspot.com. Blog perso camillephi.blogspot.com.

 

 

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©  Camille Philibert

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