Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - BENOIT PATRIS

Publié par ERIC DUBOIS sur 14 Novembre 2012, 18:49pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

 

Positif nihilisme

 

 

Les jours où

Je me trouve

Particulièrement

En forme,

Je me dis que tout

Est vide,

Que Dieu

N’existe pas,

Qu’après la vacuité de

La vie

Surgit le néant de

La mort,

Que tout est faux,

Illusoire,

Que la vérité est

Inaccessible et que,

Par conséquent,

Il ne sert à rien

De réfléchir

A tout

Cela car

Tout est vain,

Et rien

Ne sert

A rien,

Des grains

De poussière

Dans une immensité

Glacée,

Infinie,

Qui s’étend,

Qui s’étire

Et s’étiole,

Jusqu’à se dé-

Chirer ;

L’univers.

Alors je me dis

Encore

Que même vide

La vie

Est belle

Et qu’elle

Doit être

Comblée

Par des

Bonnes choses

Comme des poèmes et

Des tableaux et

Des musiques

Ou bien encore

Des discussions

Sous ces étoiles

Qu’on aperçoit

Au firmament.

Elles luisent toujours,

De leur lointain,

Paraissent vives,

Mais sont éteintes

En vérité

Depuis bien des

Années-lumière ;

Douce illusion

Interstellaire.

 

Lorsque le sage

D’un doigt noueux

La lune désigne

Je vois ses pieds

Puis je m’en vais

Le cœur léger

Noircir ces vides

Sur le papier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

***

 

 

Mais les requins ont un cœur

 

 

Avant mon cœur était cadenassé à triple tour

Il y faisait noir je ne m'en plaignais pas

Je me moquais de tout

La fragilité de la vie

M'importait peu

A l'inverse de Villon

Je ne connaissais rien hormis moi-même

Mais aujourd'hui il se déroule

Tel un doux tapis d'Orient

Lentement il dévoile

Ses corolles et ses diamants

Attendant que tu l'ornes

De tes perles de larmes

Car de l'esprit de la chair

Sourdent ces lames claires

Poignards d'eau poignards de sel

Rampant entre mes os rouillés

Narines dilatées et mes dents crissent

Sous le fouet lisse

De ton cil fardé

 

 


***

 

 

Quelles âmes

 

 

Alors marchez,

Alors marchez mes amis

Puisque la route est encore courte.

Enterrez vos doutes

Arrachez-vous

Bikinis, Nike

Et Armani

Textiles fleuris

Fibres élastiques

Coton d'Afrique

Et soies de Chine

Entre vos doigts,

Sur votre échine.

Alors prenez,

Alors prenez mes amis

Puisque la route est encore courte.

Vous partirez

Vite oubliés

Vite décédés

Sans vos Blu-ray ni DVD

Exit Praga, bye Bulgary

Beaux macchabées

En Cerruti

Ensevelis

Sous la racine

Du pissenlit.

Vous vouliez

Vivre vieux,

Paraître jeune,

Toujours radieux.

Vous désiriez

Faire des envieux,

Et vous voici

Six pieds sous terre.

Seulement le saviez-vous ?

Taupes et vers

De terre

Se soucient guère

De vos habits :

C'est votre chair

Qui les ravit.

 

 

 

 

 

BENOIT PATRIS

 

 

Il se présente :

 

Je rédige des nouvelles de proximité sur mon site benoitpatris.fr, dont certaines sont publiées sur la revue numérique des éditions de l’Abat-jour. Comme c’est l’automne et qu’il y a moins de soleil, j’écris en ce moment des poèmes pour gagner de la lumière.
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