Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - ANTOINE BARGEL

Publié par ERIC DUBOIS sur 31 Mars 2013, 12:52pm

Catégories : #poèmes

 

 

À quatre absentes

 

 

 

  1.

 


et mourir, peureuse armée

d’amies amenées pourrir

sous l’arbre, debout jambes écartées

 

(sous l’amie, gisant bouche ouverte

l’âme malmenée d’un rire

faux, j’attendais la pluie

sur l’amie, et cætera)

 

doux souvenir de l’amie mais !

nous n’avions plus rien à nous dire

 

 

 

 

2.

 


avec cette coupe de cheveux

tu as l’air d’une autre, que j’ai

aimée

été à un doigt de posséder, qui est

passée sous un train

 

te voir ainsi est

tristement bandant

 

3.

 

 


 

 

« Tu est une autre »

 

Je remets à demain cet autre que tes mains

ont laissé sangloter :

                                   seul ;

                                              désemparé ;

                                                                   nu

devant l’aurore ténue de ton baiser carmin ;

traîtresse ;                                                continu.

                   traversé           d’un appel

(Tes tresses démasquées d’un recel contenu.)

 

Tes tresses démesurées, je les avale.

Ton pouls, je le bois.

 

4.

 

 

 


le bruissement des pierres

s’éteint au point d’équilibre –

tes fesses qu’étire ton assise

sont le gouffre où je veux plonger

en oubliant de partir

inversement se retire

 

la caresse du souffle

s’éteint au point d’équilibre –

ton flot qu’étire ton bassin

est la source où je veux boire

sous ton ventre durci

inversement se retire

 

la douleur de distance

s’éteint au point d’équilibre –

ta foi qu’étire ton absence

est l’amer où je veux m’écouler

dans le sillon de ta peau tendre

inversement se retire

 

le bruissement des vagues

s’éteint au point d’équilibre –

tes fesses qu’étire ton assise

sont le gouffre où j’ai vécu un an

mentons c’est l’heure il faut partir

inversement se retire

 

 


 

Poèmes extraits de Ensuite, (2011)

 

 

 


 

ANTOINE BARGEL

 

Il se présente :

 

Né en 1983, j'ai publié deux recueils de poèmes, Silences, 2004, et Le sexe peint, 2007, aux éditions La cinquième roue. Je dirige actuellement le domaine étranger de la collection Littératures des éditions Aux forges de Vulcain, et travaille comme traducteur littéraire. Mon site: antoinebargel.com

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents