Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - ANDERSON DOVILAS

Publié par ERIC DUBOIS sur 14 Janvier 2013, 08:26am

Catégories : #poèmes

 

En miette-morceaux

Tu es une perle sur le serment des vagues, traduit du crépuscule aux roucoulements de l’encre, ta beauté flaire les plaintes des Psaumes. Ton silence glisse sur la rosée et fend la résurgence des saisons en quartier de jouissance. Mis à part les songes, la nudité sombre de l’eau pure, tes lèvres font palpiter l’audience des fleurs âgées de faux soleil. Je suis de la Caraïbe, de l’azur cloué par les ruisseaux. Des preuves d’amours dissipées sur la bouche. De ces noms de chiens proverbe du quotidien. Je suis de ces hurlements qui ne peuvent traverser la porte, de cette sueur à cache-cache sous le plafond de l’autre. Je suis ce que tu es dans les déhanchements étoilés ; un tango de rossignol sur le solstice des dédicaces lunaires, un ragout de synonymes quand il faut s’embrasser aveuglement. Tu es d’une beauté crayonnant les flancs de l’écho, d’une écriture fleuve écorchée par les déboulonnements des terres neuves. Tu es une perle sur le serment des vagues et je t’aime à mots battants comme un noyé de la mer des Antilles.

 

 

*******



II

Des hauts et des bas

Il est de ces chemins des mornes

Ton souffle d’ébène

Sur le pan des gestes sonores

De ces villes en concurrence de ciel

Des cœurs endettés d’amour

Pour une bonne cause

Je me suis rouillé dans ma peau

Jusqu’à l’haleine des rêves intenses

Au seuil des émissions nocturnes

Je me suis livré dans ton allure

Comme un éternel bouffé d’atome



Je t’ai aimée au-dessus des cassures rimées de mon existence

Je t’ai aimée sans contrainte

Sans barbelé autour du verbe

Je t’ai aimée sans discrétion pour le vide

Et si la rue n’est qu’un champ de murmure

Que les oiseaux traversent à dissiper leurs vols

Je te dis qu’il est dur d’aimer une mortelle.

 

 

 

ANDERSON DOVILAS

 

 

 

 

Né à Port-au-Prince en 1985, Anderson Dovilas est poète, comédien, haïkiste et militant engagé dans le devenir de son pays. Il a étudié la linguistique à la faculté de Linguistique Appliquée et a une formation en psychologie à la faculté d’Ethnologie de l’université d’État d’Haïti.
Il est le fondateur de la société des poètes créolophones avec d’autres jeunes auteurs, et redonne ainsi un souffle nouveau à la littérature haïtienne.































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