Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°21- Novembre 2009- PATRICE MALTAVERNE-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 29 Septembre 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

LE SOMMEIL TROMPEUR




Ce soir les ours en peluche

Parlent de me coucher très vite

Pour ne plus avoir conscience de rien


C’est un réflexe familial paraît-il

Qui me pousse à oublier

Tout ce que j’ai appris dans la journée

En coupant la tête de ma religion

Dans le sommeil

Afin de garder un esprit lucide

Jusqu’à son départ


Et leurs médicaments me droguent

Leur industrie de coton

Parie sur ma soif de douceur

Dans ce confort lunaire


Pourtant seuls les ours en peluche véritable

Demeurent mes amis

Moins volatiles

Que la gaieté d’un dimanche


Quelquefois je me demande

Qui dénoue toutes les angoisses

Du perdant du jour

Consolé par le silence qu’installe ce vide

Une fois passée la mort fatidique


Tout de même n’y a-t-il pas une nuit

Qui brille autrement ?


Un tournant qui retourne toutes les œuvres

Visibles et invisibles

Comme des crêpes nettes en apparence

Et brûlées à l’intérieur ?


Oui… on brûle une lumière

Pendant que je dors


C’est cette répétition de la mort

Qui me sert

De consolation la moins dure.


LE COUAC DE LA FIN




Ecartelé sur la falaise

Je sens les souvenirs qui m’accompagnent jusque dans le ciel

Mais le portable entre mes dents

Ne répond plus


Poursuivi par d’autres aventuriers

Qui ont juré d’en finir avec ma vie

Je n’ai plus qu’à frôler

L’entonnoir du vide

Qu’à loucher entre deux ports de mer

Avec beaucoup de ciel et peu de métal à tenir


Désormais il est trop tard pour changer de foi

Il n’y a plus d’autres images à ce film


Il serait bête de couper la dernière

Avant que je tombe


Je peux crier très fort dans mon portable

En espérant que ce cor le réanimera

D’une seule main

Avec un ventre flasque


Je commande encore à la vie

A l’au-delà

Vie et mort

N’est-ce pas la même chose

En cette seconde fatale ?


Je regarde encore ce portable muet

Bien dans les yeux

Ce gadget de mon souffle suspendu à son fil

Et sombre lentement

Les bras tendus


Ainsi glisserai-je dans l’inconscience

Comme entre les draps de la terre monumentale


Et l’appareil

Se démontera

Ou intact

Expliquera cette nouvelle mort

Enregistrant une voix qui n’est pas la mienne

Brûlant de l’éclat de quelques chiffres de reconnaissance.

 

 

 

 

PATRICE MALTAVERNE

 

 

Né en 1971 à Nevers, Patrice Maltaverne a publié des poèmes dans une vingtaine de revues, ainsi que les textes suivants. Derniers parus : « Sans mariage » (collection Polder de la revue « Décharge », 2007), « Merci pour la musique » (Gros textes, 2008) et « Souvenirs d’une ville illégitime » (Encres vives, 2008), « Faux partir », aux Editions « Le Manège du cochon seul ». Anime également le poézine Traction-brabant, http://www.traction-brabant.blogspot.com/, 29 numéros sortis à ce jour.

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