Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°19- Septembre 2009-LAURENCE GAREL

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 7 Août 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

ESCLANDRES

Corps défigurant l'eau
Elle coule au-
dedans au-
dehors badigeonnent

les bassins

bleu-verts.

Un cri transperce

l'onde.

Elle se noie au milieu des figures.

*

Un geste

joue

Marelle étalonne

les orées de l'enfance

berce et entourloupe

l'anguille candide

Elle frôle d'une valse

Le coupable enchanté.

*

Brisure de dentelle

Tes hontes passagères

temporisent

un avenir de paille.

Patiente enfant

ta joie canaille.

*

Grêle

sur les traces silencieuses

Je chemine vers

la cime

écarlate

sous le poids

des vertus.

*

Éphèbe endort ma figure

J'éclabousse la lumière

D'un nu, je tends les peaux

et m'enveloppe au son d'une étoile.

*

Dehors, j'ai vu la flamme fendre les feux

elle crépite et étincelle

Tes cheveux un long brasier

enflamme mes paupières.

Dehors j'ai vu l'éclat de l'air

L'écoulement transparent des rais d'or

L'eau de la fontaine une pépite

Il neige sur les pierres en sommeil.

*

Les chants enlacent

les gouffres brandis

Un éclat d'étoile

illumine l'allée

S'érige la rougeoyante peine.

Consolée, elle regarde

un coquelicot éclos

et déverse son arôme

aux rayures citron.

*

Aux abords de la ville des visages s'emportent

L'appel des dieux s'engouffrent sous terre

Piétinés.

L'homme broyé geint sa soucoupe

défie l'or par le bronze.

Un pope élève son chant muet

Les marchés rient des babioles frelatées

exercent leurs impostures aux passants

Un mur s'effrite

L'hiver offre son ombre citadine

Ouvrez-vous grands, mes yeux,

rêvez pour ceux qui ne veulent plus.

Un gobelet d'or pour le macchabée.

*

Dans les moindres confins

les creux rejoignent

Le feu transfigure

Le dernier appel du marin aux tympans

englués de nos dérives

Aime-moi

Dérive ma muse vers

l'horizon

Je m'expatrierai sous le ciel laconique

et enfanterai de la chair à canon.

Notre monde vain

La mémoire fuit ses continents

Un territoire de fards

pour visée

Il défie le ciel étanche

Les murs pleuvent

La bouche pleine

Les verbes acculés.

*

Quand les arbres croulent sous le poids des fruits défendus

La larme qui brûle ma joue s'éprend de la terre

Elle tombe et la rejoint.

Il n'y a plus de verbe à penser ni de passion à souscrire.

Ressentir le monde et n'éprouver ni joie ni haine.

Dans mon dos les sentiers abattus s'écartent des raccourcis

J'ouvre mes bras

et regarde en croix le monde qui désormais m'enveloppe.

Je l'accueille

et lui baise la nuque.

Elle est fraîche et mes lèvres frémissent

sous ces baisers

J'accueille le Monde

Les yeux arrachés

Je m'étends sous le figuier




LAURENCE GAREL




 

Née en 1979, Laurence Garel réside à Paris. Après avoir suivi une formation à L'ERAC, elle joue au théâtre sous la direction de Thomas Ostermeier, Nadia Vonderheyden, Elisabeth Chailloux, Thomas Gonzalez.

Depuis 2007, elle écrit pour la compagnie européenne aqua.materia.

Vanishing-Waters, Femme-fontaine, et Le jour où Tirésias devint Tirésias ont ainsi été joué à Prague, Vienne et Marseille.

Elle travaille actuellement sur un recueil de poèmes Esclandres.


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