Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°19- Septembre 2009-JEROME HUGOUNET

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 7 Août 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

1 Extrait de « Contraction de flocons d’ivresse »

Ma timidité par terre de glace

Regardant écarquillée l’âme s’évanouir

Couverte de la sincérité du ciel expert

Le désir en géodésie du sortilège d’amour

Quand ses voiles marbres glissent de ce soir

Entre les palabres parolières de nos aveux non-dits

Remplis de contes de fée et des mille-et-une nuits

Marchant sur les tréteaux pavés de l’amour équilibriste

Sous les premiers flocons du jour qui disparaît derrière lui

Lors de cet hiver au mausolée blanc rugissant au passage du passeur

Pour nous momifier dans ce cocon intrinsèque tapissé d’une mosaïque lapis-lazuli

Quand le regard chauffe ses sentiments avec l’étincelle de couleur qui reflue dans l’iris drapé

Inconnu l’un de l’autre à refaire le monde pour nous définir d’élégiaques effigies entichées de bonheur

2 Extrait de « Astuces & Manœuvres »


Les tactiques du feu mettent les dispositifs à l’horreur

Les grands ensembles constitués après les exercices de réserve

Lançant Opération Tonnerre en ouvrant les hostilités

Les méditations guerrières se tiennent au garde-à-vous

Que Machiavel associe au bon sens qui défaille dans Babaorum

La marche au pas est cadencée par une gymnastique de l’esprit

Quand le bataillon passe la mesure sur les ponts en résonance

Tenant le fusil-mitrailleur dans la gâchette du destin

Qui montre la grande parade des balles traçantes

Devant les cils des yeux palestiniens qui brûlent en pleurant

Les directives sont issues du commandement replié dans la tente

Dressée sur les hauteurs des arrière-gardes du campement

Pendant que la chair à canon nettoie le cobalt de ses bottes

En ruminant des airs d’Ella Fitzgerald donnant du cœur à l’ouvrage

De la Soul à l’instruction en passant sous le viseur du feu ennemi

L’entraînement dans la salle d’armes où les escrimes sont capitonnées

Ne suffit pas pour dégoupiller la grenade avec les rameaux du fruit

Les pépins encombrent la route militaire où les décorations affleurent

Naissant dans le sang des morts kakis sous le reflet d’étain d’une breloque

Faite avec le plastic du C-4 récupéré dans l’armurerie où les sabres font le rang

Les tirs d’infanterie sont des piqûres de moustiques sur les blindés adverses

Qui rigolent en ayant le hoquet d’une salve d’artillerie à vingt-cinq millimètres

Poussant la toux grasse de quelques roquettes qui glairent sur les peaux déconfites

Le cœur à l’ouvrage et les genoux ouverts sur le champ de bataille céleste

Où se rencontrent Horatio Nelson et Spartacus qui conduit la révolte du Bounty

Une salve de tir à balles réelles puis les fantômes à blanc qui trompent les cibles

La sonnette d’alarme est tirée dans le mess qui croit encore à l’exercice d’alerte

Alors que plongent dans la baie les porte-avions sous la chape déjà rougeoyante

Qui missile le bruit même d’un lever du jour ensanglanté par l’aurore

De chaque côté de la coque qui chavire en perdant son tirant d’eau


3 Patte de velours aux gants d’argile


Des éthiques surfaites aux impostures du combat

une main d’acier pour frapper le destin des Raging Bull

des plaques de métal chirurgicalisées sur les phalanges

pour démembrer la dentition de l’adversaire ennemi

Aux quatre coins des rings de l’hexagone

similitude des combattants aux éthiques identiques

Tyson reste le Prince déchu et Ali un héros identitaire

héroïsme moderne devant une effluve de sang gratuite

Les paris vont bon train à déjouer les cotes à dix pour cent

une affaire de pègre et de gloires souterraines

pour équilibrer les sociétés des bas-fonds inconsidérés

un amour de façade sur des ecchymoses bleuissantes

Entre le rêve de Cendrillon et celui d’Icare

l’esprit emprunte des dédales impossibles

au-devant de la carotte du mérite

pour se porter au corps à corps et ronger son frein

Les rounds de la vie défilent sans sourciller

sur l’horizon filaire des cordes à sauter

au frôlement des tapis d’entraînements

le retour pendulaire d’un punching-ball invincible

Rêves fantomatiques de l’excellence au Bushido

Musashi en ronin vivant d’errances et d’abandons

entre les spectres du Japon médiéval et les poussières du sang

pendant l’avancée du progrès sur les joues du réel

Les fausses gardes ne sont pas des repaires

pour placer une riposte à contre-temps de la mesure

une sarabande nocturne lors d’un combat de samedi soir

remplissant un Madison aux billets hors de prix

Les gloires sont crochetées par les réalités matérielles

sous le regard univoque d’un pirate borgne

une main de fer à la mobilité androïde

après l’âge pointu du capitaine Hook

On ne se relève pas d’un uppercut

les tempêtes dans l’eau brassent du vent

et se vautrent dans le stupre sous un contre

après un knock-down libérateur

Tous les combats ne se finissent pas aux points

quand les arbitres masqués oublient les unissons

pendant que les arcades explosent

et que les femmes pleurent sans larme


4 Extrait de "Recueil d’un seul poème" n°1

Recoin d’une mémoire où danse Mnémosyne au rappel d’un sortilège décontracté

Narguant les nuages de Walkyries qui enveloppent les rameaux chtoniens de la pluie

Lors d’un jet d’une nouvelle dioptrique qu’un homme ouvert à l’extase ressemble

Bruissant de l’onomatopée du frisson qui parcourt les artères sinusoïdales de l’existence

Mettant bas un jour de printemps à la détente inflexive d’une texture poétique

Pris par les branchies d’une neurasthénie invasive où l’homme se dédouble de peu

Voyant alors dans les pépins du pamplemousse l’arôme d’acétyle-méthyle-alanine

Comme si les Plantagenêt avaient chauffé leur seigneurie à l’alcool des jours maladroits

À travers la jonction de cristal qui chevauche les siècles encordés par un horizon temporel

Que des jets de napalm défont en embrasant l’asthénosphère où montent les champignons atomiques

Pour enrober l’univers extatique avec la mitraille séculaire qui poussiérise les morts sacrificiels

Retombant par dizaines de trilliards d’atomes sur les catacombes de New York défloré

Que la génuflexion des autres empires entend appuyer au prolongement d’autres saintetés

L’âme romantique du monde touche deux extrémités au même instant de troubadour

Quand les circonvolutions crâniennes défont le mysticisme synaptique qui exécute

L’ordre d’une carte-mère à la connexion du Père qui extend sa pupille cyclopéenne

À tous les fils qui résorbent les mêmes photons que Phaéton répand en réponse

Ouvrant le cercle elliptique de la lumière avec la constance reproductrice d’un Évangile

Saute le jaguar dans les savanes merveilleuses de l’onirisme hospitalier où l’on entend la lyre

L’espace criblé d’impacts lors de la courbure d’espace-temps incurvée par la pensée des cieux

5 L’ordinaire des femmes

Au sein des paumes qui salivent

Les baisers se déposent pour glisser

Dans le mouvement d’amour qui s’enroule

Que l’homme suit comme un fil d’Ariane

Que les Trois Grâces rendent éphémères

Quand l’homme quitte le cocon de l’utérus

Et que l’ombilic prend fin au début d’une hypotension

Le coup de ciseau où commence la liberté infanticide

Rien de plus ordinaire que d’inventer l’amour

Au spectacle du rût des espèces mâles

Dont l’homme s’extrait avec les gouttes du divin

À la confusion d’amour entre le sexe opposé

Et les Madones évangélistes qui nourrissent leur sein

Dans les jupons des antichambres de la sacristie

Les machineries battent les tambours

À la levée des cœurs qui se haussent au clairon

Quand reviennent les hommes de la guerre

Le drapeau à la main et la bestialité du lendemain

Entre les hystéries de la gloire

Et les normalismes puants de la sauvagerie d’hiver

Le codage numérique et binaire des femmes

Enculées par le manichéisme d’un "oui"-"non" de soirée

Et rendre fou les maris décrépis qui crèvent d’envie

L’enivrement entre désunion et divorce

La séparation en ultime recours

Que viennent cuisiner les vieilles rancœurs

Dans les marmites d’une grand-mère moraliste

Les merveilles riment avec ailleurs

Vacillant sous la coupe d’une faucille trotskiste

Ou sous le sari des vieilles putains perses

Qui disent la bonne aventure aux chasseurs du temps

Et bien d’autres à d’autres endroits.

En alexandrins ou de formes plus longues.

JEROME HUGOUNET
 

Diplômé d’une école de commerce, j’ai travaillé ans ans comme auditeur au sein d’un cabinet de commissariat aux comptes. De nature très accommodante, j’ai démissionné de mes fonctions et j’ai consacré deux dernières années de ma courte vie au développement de mon écriture (romans, essais, poèmes). J’ai aujourd’hui terminé romans et deux recueils de poèmes, qui attendent publication dans les ténèbres pessimistes de l’anonymat.

 

 

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