Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°18- Juin 2009- Michel Chalandon-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 30 Avril 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

 

Au soir tombant.

Entendre encore, entrer, espérer et croire et se tromper, tout chante dans le soir, tout filtre et se concentre, il est posé et la terre le brosse et le ploie, il est tenu et rempli d'amertume et de fraîche prudence.


La vie est traversée et il prend le sens inverse, il est posé au sol et il attend et il espère, la fraîche certitude, le regard bloqué, du genou aux épaules, les mains croisées sur le cœur, sur le sein, sur le poil de la poitrine, sur la chair, sur le sens, dans l'air du soir, dans la certitude, il avance, il va venir, il sera là, il répondra et il enchantera, et la mémoire et le temps et l'écho dans le soir, il tremble, au soir tombant.

Les mains croisées sur le cœur, sur la tête, dans le soir, dans la fraîcheur, dans l'évidence, le poids du monde sur la poitrine, la chair du temps sur les épaules, sac de bois et reste de farine, il avance dans l'air au soir.


Dans la peur blanche, dans l'escalier, sur chaque branche, sur le devant et sur le reste, sur chaque vérité, sur toute incertitude, il se tourne et forme des maillons, des armures, la peau du torse est couverte, les mains croisées sur le devant, devant le cœur, devant le rien, dans l'écart même du temps au rien, de la joie aux évidences, il souffre et il attend et il saisit sur le ciel clair, le soir descendu et à rompre.
Le sens, les choses, les meurtrissures, les ravages, la cage ouverte, le cœur enfui, les oiseaux tournent au soleil et rouges, rouges ils envolent un clair de ciel, un rien de vent, une fumée calme et si lente, ils ont pris le temps et l'espace et ils se donnent au premier.
Il sort de l'eau, il sort de rien, il avance sur le sol, calme, sans rien, les mains croisées sur le cœur, sur le tendre, sur le souffle, dans l'air au soir, la poitrine sombre et précise, il souffle et rien ne l'entend, il souffle, les poils s'envolent entre les doigts, il attend, il est entier, il est perdu et retrouvé et il franchit d'un bond la haie, le ciel, les nuages, le reste.

Il avance sur le devant, dans l’air au soir, dans la tourmente faible et lente, faible et lente, et sans trembler il pose l’eau au sol, le pied trace la route, le chemin est ouvert, les images collent sur le ciel clair, dans l’air au soir, sur terre, sur le reste de temps passé. Il est posé, il cueille les pleurs au soir, il chante et il soupire et il enfante sans rien faire la saveur brute, la saveur nue, le bouclier le poids des armes, il est au soir posé dans le ciel clair, les mains croisées sur le cœur, sur le sein, dans le jour triste, dans l’attente sur chaque chose qui avance, sur le devant, il envole dans l’air au soir les oiseaux et les évidences.

Dans l’air, caché, dans le présent, dans l’attente, dans le rien, il pose son cœur et croise l’air au soir, au soir.

12 Mai 2008.

Je recommence, je suis bien.

Je reviens, plein d’une dernière phrase, plein d’un été sorti du dos, perdu dans l’air, accroché. Je suis dans l’air, perdu d’air et de chance et pris sur le tard, sur la rosée, dans le matin, sur le devant, sur une espérance, sur un doute, il faut éterniser et rendre encore coup sur coup et compte pour compte, je suis venu, je suis posé, je cherche et je console, je suis attendu à chaque coin, dans chaque porte, sur le devant, sur le lointain, sur rien en face, sur le soleil, sur le genou, je reviens, j’attends, j’espère.

Encore, encore je recommence, les yeux mouillés et sincères, tout de suite je prends, sans rien tendre, sans rien comprendre, dans les planches, dans les cotes, sur le devant, en arrière dans le matin, dans la rosée, sur le tendre de la main, sur l’œil mouillé de vérité. Je suis et j’attends et rien n’en viens et rien n’en va, dans le matin, clair et sincère et mouillé de vérité, caressé d’ardeur et d’impatience.

Je sens bien, sur le remous, dans l’air du matin, dans l’eau des roses et le sable, sur le chemin de vent et de cailloux, un mot, un temps, une phrase seule, une dernière, une dernière fois, un dernier mot, un poids pour chaque chose, pour reposer et pour comprendre d’où vient le vent, où vont les mots ou chantent les oiseaux. Je suis posé, je suis précis, je suis en chansons et j’accorde, le sens des choses, le vent et la rosée, et le reste bien clair, les yeux mouillés, la voix plus grave, en chansons en accords.

 

12 Mai 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’air vif, dans la lumière.

Ils sont à l’aise, ils sont cambrés, ils tombent dans le jour, vers les fleurs, vers le temps, vers la voix, ils s’élèvent et commencent, un service pour les héros, pour les errants, ils sont en attente, et ils marcheront vers le silence, vers la vérité, vers le lointain, sur les arbres, sur les chemins, vers le repos.

Ils comptent les moulins, ils tirent sur la corde, ils sont inspirés et ils égratignent la ruse, ils effacent les cercles sur la peau, sur les remords, sur les semblants, sur le rien accumulé. Les phraseurs polissent leurs mots, étirent la corde et recommencent, ils sont pesés et déposés, la danse encombre le pavé, si l’on ne comprend pas, ils se défont des entraves, des lacets.

Ils se renvoient d’une balle à l’autre, d’un échange vers la proie, vers le trésor, pour le prix du silence, pour le prix de la joie et la reconnaissance, ils plongent les yeux au profond du clair, dans le sensible de la vie, dans l’espérance, dans l’ardeur, dans la paille apportée aux bras des touts petits, au rire déposé sur les images, sur la couronne et sur le sable, à l’abandon. Dans rien, et dans l’air qui vole.

Ils se présentent au temps, à la porte sur le jour, sur le vivant, sur rien tenant, sur rien rentrant, sur le point. Ils entendent et voient et frappent aux portes du salut, dans le retour pour fuir et fuir encore et n’espérer jamais, et tout perdre et finir et recommencer sans ordre et sans raison, sur le point de rupture, sur la vie qui bat et recommence.

Ils sont là, palpitants et sensibles et idiots et perdus et cambrés, un mot après l’autre, une phrase, une idée, un soupir, ils affrontent le temps et le reste et ils laissent au fond du sac la ferveur et la joie. Ils entrouvrent un cœur sous un regard, une espérance, la gloire.

Un fleuve, un air, une mer, ils courent sur le rivage, aux tempes, la fierté. Ils sont en évidence et ils comptent les rires, les éclats, ils sont en vrac et en émoi, en émoi, ils sont sur le flanc, sur la route, sur le chemin, ils tirent et commencent une cérémonie pour les anges, les diables fatigués, ils sont en avance et ils chantent sur le front, sur la différence, ils sont secoués ils se dressent et ils enchantent, les cambrés, les avides.

Ils se donnent et ils serrent les yeux sur l’espoir. Rien de rien et rien pour rien, ils rentrent, ils sortent et le calme est en panne, ils sont frais et secoués et rien ne coule, rien ne franchit les bornes, ni les frontières, ils sont incohérents et seulement fatigués, fatigués, Ils sont seuls perdus sur la route rien ne compte et rien ne tient fermement.

La route est longue, les arbres sont chargés, il faut ouvrir la fenêtre et partir, dans le temps, dans le vent vers l’exploit, dans l’air vif, dans la lumière, sur le fil du silence, sur le cœur des saisons, sur la vie préservée, sans rien aux mains, sans rien aux pieds, sur la fraîcheur naissante, sur le rire où roulent les cailloux, où chantent les saisons, où la raison se perd, où les yeux s’écarquillent, où les oiseaux chantent au ciel.

 

 

11 Juillet 2008.

 

 

MICHEL CHALANDON

 

Michel Chalandon est né le 1 Novembre 1955 au Vigan dans les Cévennes. Depuis dix ans il vit en Petite Camargue à Franquevaux. Il n'a encore rien publié, mais tient un blog depuis Mars 2006.

 

http://poesieafranquevaux.midiblogs.com/

 

 

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