Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°18- Juin 2009- Nicole Barrière-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 30 Avril 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

 

 

Le chien


Dans la nuit le chien aboie

transparent,

sa voix, se heurte à la glace

son museau cogne contre l'air,

il nait une lueur de givre qui s'efface

 

vision fragile d'un loup

ou peut-être...

l'énigme d'un oiseau pris dans l'espace d'autres silences.

 

Transparence

aujourd'hui le jour nous cache sa lumière

le ciel nous traverse de sa brume

gris et blanc se confondent

et nous nous taisons.

 

Il aurait fallu laisser parler

cette voix,

comprendre ce que cache l'heure

entre chien et loup

 

D'autres voix brouillées:

des fleurs lointaines

des branches lumineuses

des fils invisibles

des liens de solitude

une voix parle neutre,

elle interroge l'instant

son angoisse fugace au contact d'une rencontre

le manque de gestes,

un devenir éphémère de paroles

lisière des bouches

des lèvres brillent : un peu de sang

la main sur la pierre

disperse ce qu'il reste de vent dans les mots

ce qu'il reste d'ombre sous l'écorce


revient le mouvement obscur des doigts sur l'écran

qui guette l'ombre, éclat noir jeté à la page

des mots brisés les uns contre les autres

dans le quotidien des signes : signes de la main,

gestes inachevés, fatigue et fatidique trame où se défont les phrases :

- as-tu entendu?

  • Quoi?

  • Les pas sur le chemin?

  • Non, la porte qui grince

  • c'est le chien

  • ah! oui le chien!

Interminable nuit , déjà le froid, sur la cour vide, l'odeur du temps qui mime l'éternel

L’humain

Demain, nous ne pourrons plus nous taire.

Il fond des larmes sur le monde

des craquements, des pas,

des craquements, des mots

Infimes ou infirmes

Traversés de rêves

De longues mémoires

sur une main posée,

demain tu seras proche

et chacun vidé d’encre

dans un désir de terre

d’un pays nu, avare de couleurs

On nous a demandé de détruire d’aller toujours aller plus loin

Jusqu’à briser le ciel

Silence : les mots en nous cavalent

Des chevaux de paroles, des ombres parlent d’absence

Ce temps peint sur le mur

des coulures de la vie

Les soirs où les morts se cachent en nous

Font taire toutes les forces, prennent place, plongent dans notre poussière

Voie lactée des mauvais chemins de terre

Horizon d’aveu jusqu’à briser les oiseaux

Le bois claque de tous les orages intérieurs

S’incruste d’invisible.

Des langueurs d’être aimé sous les cils du désir

L’eau de tous les regards arrache à l’horizon des nuits sans ciel

Baisse les yeux, emmène l’humain à son vacarme sans parole.

 

Nicole Barrière 16/09/2008

 

 

NICOLE BARRIERE

Poète, sociologue, Nicole BARRIERE a publié de nombreux recueils de poésie chez différents éditeurs notamment à l’Harmattan.

En s'engageant de manière militante pour les femmes et la paix, elle a lancé en 2001 un appel aux poètes du monde entier : « 1001 poèmes pour la paix et la démocratie en Afghanistan » Elle défend la francophonie, les langues et les cultures menacées en participant activement au Pen club et à la Nouvelle Pléiade.

Elle travaille aussi à des créations en collaboration avec des vidéastes et des plasticiens, collabore à des revues de poésie et organise de multiples lectures dans les associations ainsi que dans des festivals internationaux (France, Italie, Mexique, Sénégal).

Traduite en persan, espagnol, italien.

 

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La Meduse 26/06/2009 14:11

J'aime beaucoup, clap clap clap

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