Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°17- Mai 2009- Mathieu Baret-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 31 Mars 2009, 23:03pm

Catégories : #poèmes

 

Picasso qui ça?


Ce possible supplément

humain du bonheur

noyé

dans le bâillement

tip-top et connexe,

dissoute promesse donnée de continu

re-don par-delà barricades

des foyers de barbelés bien tempérés

dans le banal ordinaire

du relationnel interrupteur.

Constat de saison

de la Raison en chacun,

s'il entend encore suivre

de sa cosmocervicalité

le script dé-connexe :

du pain béni d'enfance

a des sources non négociables

d'un Tout final causant les ombres ébahies

à travers les trous des yeux.


A présent la force de détruire,

heureux, la terre dans le ciel vide,

révolu, l'enquête en emportant l'enjeu,

coule dans un à-jamais déjà réalisé.

Un peu de lierre - le muret décomposé,

tresse sa mue par les fendillements d'engelures,

pille des lignées d'heures dégueulées.

Tout est blanc des dunes à venir,

et la crête pétille des vagues

de l'air des ondes autour :

sardines fraîches du BBQ de l'info

dans les fanons du monstre ;

sous la planche, dûs surfeurs.

Hum! Humains?



Le plus d'oreille, d'accolade,

plus de présence inutile aux marchés,

de temps balayé sous le script,

aux track-mates, et connexes re-cervelés

sans l'os de la tête, cosmos

humains dedans les pièces-

Stücke, cachées sous le sauf-conduit,

le parquet rayé,

les exilés miséreux vernis les yeux

impassibles dedans le carnage,

sinon pour des Muslim,

où ça?


Après la trêve s'installe

selon sa routine autorun

la guerre re-née clinquant

du compétitif après

le Président est une calamité.


Guerre des gens.

Établis trentenaires,

mesurés aux mots statutaires,

du royaume combattant se cognent

des pauvres à coups de cartes

de visite et distinctions.

Virtualités.

Établis réalistes, en quérulents

de l'Universel, naturalisant le dommage,

gigognés en des fils égoïstes,

quel Champs de Mars, au pied du four!,

des pelleteuses à l'oeuvre, des tas

réduits de nous introuvables,

collectif remisé au clou rouillé

des idées trop onéreuses.


Il nous rêve un monde intelligent

où nous ne parvenons plus au séjour,

stagnant dans des cages d'ascenseur,

l'Assistant de connexion.

Une nature évanouie,

craquant sous les semelles

automnales de la civilisation,

pagination de tant de textes en poussière

dans des bibliothèques caduques.

Coquilles de noix vides assistées

dans des temples froidement

inhabités, désormais garde-meuble

du défunt usage du monde,

par des puces, et la faim

assaille les survivants.


La vie sans pousser l'avantage,

la supporter, la vie d'amour,

aussi bien, de loin en loin,

qu'entre les prises, l'or blanc

des excitations de soirs de première.

Still life supporting club,

le nom du corrosif extrême

rêve diurne amnésique

de la ménagère Warhol..

Vie de guerre, la contenir

dedans les territoires fidèles

aux héroïsmes poursuivis d'enfance.

Sans les terrorismes d'injonctions,

slogans ravageurs, sabotages creux,

subversions cosmétiques, pacotilles rebelles,

délicats foulages aux pieds des bonnes manières,

croyances en la civilité indifférentes

aux prises rapides des ciments d'actualité?

quelle monnaie vaut mon temps

vaut la volonté de monter

sous l'altitude captive des radars?


Est-ce du sentiment de moi, forteresse

de soi ce fragile fortifié de néant,

ballotté par des vents d'opinions,

que vous entretiendrez le poète,

l'écrivain le peintre, le penseur?

Est-ce à cet enfer de soi que vous

sacrifierez l'artiste, pris en pitié,

inoffensif là réduit soudain injalousé

par un public rageusement de ces révélations?

Le soi, le moi : le particulier n'est

matière d'art que bourgeoisement :

autant apprendre à boire du champagne,

c'est plus amusant.


La poésie, ou le cri étouffé

sous l'impossibilité de dire,

tels que dans la violence des mots le montrent,

à ceux qui mésentendent le monde,

et qui sont la cause, la fin, le support

de la rage prise dans ces déliés

efforts de contourner le point d'équilibre

sans trahir ses idéaux.

Mais cette violence-là cause de poésie,

et son moteur comme source,

dérivatif créateur qu'elle assume,

l'état du monde.

Aussi bien, où sont amour,

entendre, où idiotie dont les justesses

rallieraient peuple et gens sous la bannière

d'un même événement d'unanimité

heureusement planétaire?

La bascule des temps éloigne la diversion,

le rêve poursuivi de la divergence elle-même

en un ordre de séparation des opinions trompées,

car assumer encore un socle collectif à toute portée,

se jouer de la somme des gravités, en vecteur,

c'est exclure la suite interminable des erreurs,

et laisser l'arbre viable se désaltérer

à la ressource d'une gerbe de racines

prises dans un seul tronc.


Picasso qui ça?

Le flottement des valeurs

aux bourses de la culture aussi

rendrait des airs de grotesque à la farce,

n'était Volk Politzei aux rues de la cité.

Nombres humains ne saisissent pas

encore le lien entre vie d'écran,

et déambulation dans le monde

par les pieds.

Cette botte, ce bouquet est ensemble

l'acte et sa contre-marque pendus

au lacet qu'empoigne le tyran,

et balance dangereusement :

barbarie grandiloquente,

comme une fable au Duce di nervi,

et il faut se presser à le crier,

de crisser du papier sur le thème,

avant le couvre-feu.



MATHIEU BARET



Mathieu Baret, né en 1973, vit et travaille à Rennes.



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