Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°14- Février 2009- Matthieu Gosztola-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 1 Janvier 2009, 00:03am

Catégories : #poèmes

 

***



 

Quelque chose sur nos langues

Comme un goût de prose

Hâte notre baiser.

 

*

 

Te prendre la main

Apportait une terrasse

Aux lieux

Où nous étions.

 

*

 

Il y avait toi et rien ne manquait

Il y avait même beaucoup plus 

 

Il restait quelque chose

Quand tu n’étais pas là

 

Le mercure sous la main.

 

*

 

Quand nos caresses se regardaient dans un miroir

C’était toujours toi qu’elles voyaient

 

Personne

Ne pouvait apparaître davantage.

 

*

 

Les caresses nous prennent la bouche et les mains

Pour parler.

 

*

 

Les caresses nous enlèvent

Puis nous reposent sur le lit.

 

*

 

Portés par nos caresses

Nos visages nous deviennent familiers.

 

*

 

Nos caresses sont des voleurs de menthe.

 

*

 

Le sommeil est une araignée qui court

De veine en veine

Tissant sa toile à la vitesse du sang.

 

*

 

Lumière accidentelle

Sur nos corps

 

Encore endormis

Nous la devançons.

 

*

 

J’ouvre les yeux

Et je souris :

 

Un morceau d’ombre

Manque à nos corps.

 

*

 

Ton regard me montre ce qui

Du chant de l’oiseau

Peut être compris.

 

*

 

Ce monde

Est un trésor

Glissé de la cornée.

 

*

 

Si notre visage avait une paume

Il n’y aurait pas de mots pour nous dire.

 

*

 

Ces mots qu’on cherche

À ouvrir

Pour en compter les graines.

 

*

 

Nous nous échappons du poème

Jusqu’à ce que nos caresses

Nous couchent sur une autre page.

 

*

 

À chaque fois que je

Fais rouler une caresse sur ton corps

 

J’ai huit ans. 

 

*

 

L’arbre s’est rendu

À maints endroits

Poreux à la lumière

 

L’oiseau parvient à faire

De même

Avec son chant.

 

*

 

Pourquoi dis-tu que tu veux mourir entièrement ?

 

Il reste de la place

Sous mes paupières.

   

*

 

Ton décès :

 

Le poème se souvient 

D’un désordre de plumes.

 

*

 

Ta mort a mis les silences sur le dos.





 MATTHIEU GOSZTOLA





Naissance en 1981.

Publications :
– Sur la musicalité du vide, Atelier de l'Agneau, 2001.
– Sur la musicalité du vide 2, Atelier de l'Agneau, 2003. Prix des découvreurs 2007.
– Matière à respirer, Création et Recherche, 2003. Livre d'art en collaboration avec le photographe plasticien Claude Py.



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