Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°13- Janvier 2009- Pierre Desbruères-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 1 Décembre 2008, 00:03am

Catégories : #poèmes

 

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In Manhattan

 

Bulles de savoir

Soufflées dans la toile,

Sur fond de lagon

L’écran est total.

Sous toute platitude

Les méninges passent au lavoir.

 

Foule de savants

Folle d’impatience

Traque sur la toile

Sa propre ignorance.

Portables en gibecière,

Les sorciers errent dans la souricière.

 

Nomade no mad in Manhattan,

A mon bureau de chaman

En classe affaire je laisse la place;

Nomade no mad in Manhattan,

Avant que mes icônes perdent leur âme.

 

Boule de cristal

Par temps de grisaille,

Au bout de la paille

Une bulle d’espoir

Emporte au vent de sable

Les boulets de progrès qui m’entravent.

 

Nomade no mad in Manhattan,

A mon bureau de chaman

En classe affaire je laisse la place;

Nomade no mad in Manhattan,

Avant que mes icônes perdent leur âme.

Nomade, nomade,

No mad.

 

**

 

PARIS

 

Entre éther et certitude, au bout de l’ennui,

L’ambulance funambule plein fard s’enfuit

Lacérant le ciel de tags éphémères.

Griffes sur façades, flaques sur l’asphalte,

Crissent les pleurs aigus des sirènes amères.

Mais quel oracle ordonne cette cité blessée?

A prier sans madone, elle sommeille dans son passé.

Entre rêve et servitude, au bout de la nuit,

L’ambulance somnambule trop tard s’enfuit.

Ainsi l’urgence éveille les consciences.

Ainsi l’urgence traverse les consciences.

 

Mises en scène sans effluve, indécises et prudes,

Ses rumeurs paressent pavées de lassitude.

La ville s’étire encore endormie.

D’Auteuil, d’Austerlitz et de La Villette,

Mélusine maudite du fleuve en cachette

Délivre les ruisseaux, arrose les trottoirs;

Diables verts au comptoir, à l’aube la messse est dite.

Triste scène à l’écluse de la Grange aux Belles,

C’est du Nord qu’elle a perdu la passerelle;

La ville s’écoule dans ses déchirures

Et s’ébruyante, fol antre de vieux murs.

 

Quand des enseignes s’éteignent dans le faubourg

Pour des institutionnels aux loyers plus lourds,

Des métiers s’en vont, d’autres se réinventent.

Blanchisseurs de drames et marchands de câbles,

Mi-peur, mi-rage, leurs fièvres sont paralysantes.

Mais l’humble porteur d’eau, dont l’industrie séveille,

A su faire le gros dos pour mettre Paris en bouteille.

Que son enseigne s’éteigne au fond de la cour,

Il aura pari tenu repris la route.

Adieu la ville! Ma paille était trop courte.”

Vous a-t-il dit; mais vous êtes si sourde.

 

**

 

CREPUSCULE

 

Sur l’étagère, un coquillage cellulaire

Garde en mémoire tes appels empreints d’amertume.

Estompes du temps de vagues rideaux de brume

Voilent ton rivage ridé d’un long suaire.

 

L’insulte éclair, l’outrage au loin n’ont plus de prise

Sur ton regard apaisé, ta foi insoumise.

La pièce est vide, restent tes actes manqués,

Qu’en fin de séjour réchauffe l’amour ambré.

 

Et sur le mur, quelques photos sans faux-semblants

Epinglent les souvenirs des îles lointaines

Au ciel d’ardoise, bleu cobalt et gris de payne,

L’espoir est turqoise et le sable y est blanc.

 

 

 

 

 

PIERRE DESBRUERES

 

Ancien Ingénieur Général de la Ville de Paris, j'écris et compose à présent avec davantage de disponibilité des chansons que j'interprète et illustre d'aquarelles.

Membre de l'association Hélices.


http://helices.fr


 

 

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