Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°10- Septembre/Octobre 2008- Richard Taillefer-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 3 Septembre 2008, 23:03pm

Catégories : #poèmes

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J'écris pour être avec vous.
 
 
J'écris pour être avec vous quand les jours se lisent à l'envers,
Cela peut durer autant que nous portent les derniers souvenirs et
les espérances vaines. Nous ne verrons jamais, cachée derrière
les murs, la mer, au ciel se joindre. Cela peut durer jusqu'à ce
que la nuit nous prenne.
Les chemins qui nous portent sont dépourvus de feuilles et
de lumière.
 
§
 
 
Ici, Les rues sont plus sombres que les déserts.
Je t'habite. Je me réjouis d'être moins seul.
Fenêtre entrouverte. J'ai peur parfois de
cette impasse de tendresse.
J'aime ta silhouette et le pouvoir de ta main
à peine posée sur ton ventre.
Cette petite lumière où tu te noies.
Je pense à Oum Khalsoum: "Men Agl ay'naik".
 
Tu fermes les yeux et tout redevient possible.
 
§
 
 
A y regarder de plus près, il y a comme
un danger d'urgente beauté.
Ce pourrait être Guillaume ou le dormeur du val.
On colporte tant d'images et d'histoires galvaudées.
Je me fous de vos légendes qui ont le goût
métallique du sang dans la bouche.
Nuit informe - J'imagine l'autre, les autres,
seuls, à la recherche d'un impossible corps à corps.
 
Peut-être qu'un dernier geste de la main
suffirait encore pour apaiser ta peur
 
§
 
L'autre. Toujours absent. Inaccessible. Et pourtant si proche
encore. Tiédeur froide des matins aux fenêtres grandes ouvertes.
Tu te remémores ces gestes simples et familiers. Silhouette qui
s'éloigne. Imprévisible lueur d'un rayon de soleil dans la fureur
des branches.
 
§
 
 
Tu composes. Tu me cherches. Je me cache. Ton regard est
double, aléatoire. Comment saisir cet instant inaccessible qui
me poursuit.
Parfois j'ai l'impression d'être tout à coup au dehors de moi.
Je me retourne et me retrouve enseveli sous une avalanche
d'images.
J'applaudis à tant de douleur extrême comme s'il n'y avait
plus que les miroirs pour crier la solitude inaudible du monde.
Les mots s'alignent, me taraudent et m'emmurent vivant.
 
Ce soir, je ne crois plus au poème.
 
RICHARD TAILLEFER
 

 

 


Poète revuiste, cofondateur de la revue Poésimage.
Né le 21 avril 1951 à Montmeyan (Var). Enfance et adolescence à Marseille.
Vit à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne.
Conducteur de trains.
A publié: Combat pour un amour (1977), Litanies pour quatre saisons (Froissart 1981),
Au rond point des falaises (prix Froissart 1984), Corps de papiers (La table Rase 1991).
participation à de nombreuse revues.
Entretiens avec les peintres. Emile Sabouraud, Henri Goetz, Bengt Lindstrôm, Edouard Pignon,
Patrick Lipski, José Prédros I Ginestar...
Invité au salon du livre de Montréal en 1986 dans le cadre l'OFQJ.
A participé à l'anthologie ( "S'il te pait destine mois un poème" éd. Haut de France 114 poètes sollicités par de jeunes collégiens du Nord)
Président de la Maison de la culture "Espace Prévert" à Savigny-Le-Temple de 1993 à 1998.
Depuis 2001 assure la fonction de Maire adjoint délégué à la culture.
 
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