Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°9- Juillet et Août 2008- Eric Moncoucut-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 4 Juin 2008, 23:03pm

Catégories : #poèmes

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DÉLICATE DÉLIVRANCE

 

Ce soir je suis triste

mais je suis bien d'être triste

 

Je reconnais ce sentiment

il m'envoûte

m'enfonce

J'essaie d'arrêter de regretter

de ne pas aller au bout de la vie

comme si je laissais un petit coin noir

toujours en secret

Une mélodie inaperçue

soudainement

et c'est là qu'on voit

qu'il fait vide en soi

 

Les cimetières de l'autre hiver

gèlent le cœur de perceptions

dans l'arnaque du peroxyde

C'est ce monde fébrile

ce désordre en ordre

dans le sublimé

cette libération de l'esprit

que j'appelle

Je suis heureux de me rappeler

l'onde qui passe

et qui chatouille quand on est content

que ce qui rend joyeux pour une fraction de seconde

est une éternité illusoire de perfection

 

Les chemins mènent à la croix

de la perfection de l'abîme

un gouffre d'arômes

centré en soi

Si on est en vie

ce n'est qu'une fraction d'éternité

mais pour soi

c'est tout au monde

 

Le monde est prêt à se fracasser

J'arrive par la verticale

avec une douceur vibrante

de réalité pleine

purement symbolique

cette forêt Baudelairienne

où les allures des arbres

dans notre esprit

captent le message

 

Je glisse comme un serpent à sonnette

entre ton corps et tes vêtements

Il y a un abîme qui me sépare de toi

une distance

un long chemin

Je ne me trouve que quand il fait noir

que quand j'affronte l'inconnu

Ce chemin

cette route où je m'enfonce

me fait rechercher le vrai

dans la complémentarité du faux

La piste est accessible

on se croit vivant

dans cet univers

qui penche et penche

et nous fait oublier de vivre

 

Au centre de la tendresse

le cœur fend

et la tristesse

prend en larmes

au fond du tunnel

Délicate délivrance

 

Me penche vers l'oubli

me rappelle la nébuleuse

qui avant m'enfonçait

me relève

affronte les dangers

capte l'amour

m'appuie sur le vent

étant aussi immatière

que l'équilibre

Je devine une essence

dans la profondeur de la dérive

À la pénombre

je bois le ravin

accepte la plénitude vidée de l'extérieur

pour la remplir de l'intérieur

 

Ce soir je suis triste

mais je suis bien d'être triste

car avant de mourir

le plein de la vie

aura été

tout ce qu'on a vécu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ERIC MONCOUCUT

 

 

 

Poète et comédien, Eric Moncoucut a remporté, en 2005, le deuxième prix du meilleur texte de trois pages de L'Unité d'enseignement en lettres de l'UQÀC. Ses poèmes ont été publiés dans les revues Pouèt-cafëe, L'Ascaris, La Bonante, La Brimbelle, Casse-pieds et Steak Haché. Il fait parti du trio de spoken word et musique, Les Épices absurdes. Son premier recueil, Jardin de l'inconscience, a été publié au printemps 2006 aux éditions La Petite Fée.

 

 

 

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