Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°9- Juillet et Août 2008- Carlos Henderson -

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 4 Juin 2008, 23:03pm

Catégories : #poèmes

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ART POÉTIQUE I

 

 

 

 

admets que tu peux produire des chants désespérés

 

admets qu’il est impossible de ne pas écrire sur

son propre os frontal : notre monde

du dedans est misère mais dehors n’est pas mieux

a raison celui qui a dit « l’homme nous est décevant

celui que nous portons en nous

ainsi bien que celui des autres »

 

non, la vie ne veut pas de certitudes

elle veut l’immensité de l’obscur

de la soif.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

 

 

 

ART PoÉtique II

 

 

 

 

 

 

 

1

 

 

 

 

ose montrer ton sommet

ta séduction

 

dans le sang le souffle qui monte le chemin

 

seulement ta séduction vit

peut te donner un centre, un bourgeon de l’aplomb

dont  tu as besoin pour être vrai entre les autres

pour être toi un autre

 

même si tu es une victoire vacillante

 

cesse de penser avec le moi

 

ose rompre le sens aux sens

dis seulement le senti

le vécu avec le vide

 

 

 

 

 

 

2

 

 

 

 

nous buvant de notre souffle

de notre soif et de la soif

du monde, dedans

 

 

 

3

 

 

 

 

seulement seul, seul, seul et avec les autres

 

 

regardant avec notre voix

touchant l’air avec nos os.

 

 

 

 

 

4

 

 

 

 

ce du dehors dedans, ce du loin tout près

à danser la danse décapode

à brûler nos vaisseaux

 

l’indicible doit

être dit

 

débridé décaèdre

oui

 

devant l’horreur

de l’horreur

de l’horreur.

 

 

                                                                      

                                     

 

 

 

 

 

POÉTIQUE DE VARIANTES

 

 

 

 

 

 

                                                                                   hommage à carlos germán belli

 

 

 

 

 

 

pour dire ma vérité du dedans j’écris

géometries frémissantes                  

sans le devoir de les intégrer dans l’idée

d’un ciel, mais je ne peux rien dire

de ça ni du temps, peut-être oui:    

le temps vient, s’en va       

parfois laisse  

de poissons bleus 

dans les scaphandres 

aussi dans les crevasses, dans les marches    

ainsi passe le temps, nous avons vu venir

même un autre siècle

imperturbable

en disant prendre le taureau par les cornes     

moi je prétends le sens humain

de ce que j’écris pour qu’apparaisse    

le ton blessé des questions premières :

pourquoi on nous ampute l’attrait

de vivre?

pourquoi on nous donne à manger                          

de la terreur ?

sont misère, lierres         

enclumes et ancres somptueuses ?

dans l’étendue  

indemne

je me suis dit : continue     

et que le dénouement reste      

inconnu   

 

 

 

2     

 

 

 

 

oui, nous voulons oser

éclats   

pas de grappes de raisin     

qu’il y a dans les marchés

 

 

il y a aussi l’oiseau rare                 

mais il chante mal     

 

eau turquoise…

 

 

 

 

 

3

 

 

très léger voile couvre la réalité qu’il faut affranchir pour se dégager des baisers de l’osseuse pour se tirer d’affaire avec l’impéritie des origines quand on voyait loin et le regard était tel un cri de joie et bien sûr barbare : ce sont la force, la finesse et la frontière qu’on franchit

 

nous ne sommes indifférents à rien

 

il est question de faire tomber le rideau et nous montrer tels que nous sommes : oui nous sommes les fragiles avec beaucoup d’ombre d’homme

 

il n’y a pas d’autre issue : alliances audaces

avec  son chaos

tu le sais

il est espace du dedans

il est temps du dedans

il est temps du dehors

pour être émerveillés

 

 

Extraits de « Poétique de variantes » inédit

 

 

CARLOS HENDERSON

 

 

 

Carlos Henderson est né à Lima en 1940. En 1965, il voyage au Chili et en Argentine. De 1969 à 1973, il vit à México. Il réside ensuite en France de 1973 à 1986. De 1986 à 1992, il retourne au Pérou et y enseigne à l’Universidad Nacional Mayor de San Marcos. Depuis 1993, il réside de nouveau en France où il a enseigné à l’Université de Picardie, à Amiens, de 1993 à 1997. Il a sélectionné et publié en 1991 son œuvre poétique dans El ojo de la piedra. Antología personal 1965-1991. En 2000, il publie à Lima Y sigo por tu aire, et, à Paris, L’éclat de ton corps, en édition bilingue, la révision de la traduction et le prologue sont de Bernard Noël. Henderson a fait  la réécriture et la traduction  de Y sigo por  tu aire  avec le titre Vers la phrase infinie, la révision de la traduction aussi est de Bernard Noël. Sa production poétique comme  certaines notes sur peintres, et traductions en espagnol de poètes français  il les publie dans  des  sites Internet. Par exemple en www.parisiana.com , www.ciberayllu.org , www.revista.agulha.nom.br , www.mouvances.ca

 

 

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