Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°8- Juin 2008- Camille Aubaude -

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 30 Avril 2008, 23:02pm

Catégories : #poèmes

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Mélusine

 

La brise est douce, le temps est clair.

Qui rêve aux charmes de Mélusine

Voit la blonde fée de la légende

Surgir plus brillante qu’un éclair

Les yeux pleins des charme d'antan

Pour survoler un pays brumeux

Voile du château de Lusignan

Terre de romance où en creux

La Vouivre se meut, onde divine

Changée un instant en Mélusine

 

Sa peau étincelle pour elle-même

Laisse-la se déployer nue

Dans ta chambre, enfin revenue

Feu follet portant un diadème

Où brillent des pierres arrachées

Au sépulcre de Jérusalem

Où sa voix troublée par ce qu'elle aime

Déborde de richesses cachées

Au cœur d'une forteresse en ruine

Changée un instant en Mélusine.

 

Nourrie des parfums de la terre

Des caresses de l'Arbre en fleurs

La Vouivre pose son sceptre

De sucs sur l'épaule de ses sœurs.

Son amant s'enivre des lueurs

De sa silhouette débordant

De pâleur et du secret des cœurs

Ah ! grand fracas au fond de l'étang.

La vase très instable s'anime

Changée un instant en Mélusine.

 

La brise est douce, le temps est clair.

La chevelure de Mélusine

A fendu les airs comme un éclair

Laissant deux sphères emplies de bruine.

 

 

 

Pour Mula

 

 

 

Il est des formes redoutables

De poésie où les mots déments

S'étalent en poses instables

Aux yeux de lecteurs peu déments.

 

Il est des obsessions prodigues

Des délires qui se déploient en vain,

Brisent les vagues contre les digues

Et nagent dans un fleuve incertain.

 

Ployé sur son esprit, indécent

Et absent à lui-même, l'auteur

Aux reins de fortune et d'encens

Ne peut donner corps à son labeur.

 

Il est des formes redoutables

De poésie où les mots déments

S'étalent en poses instables

Aux yeux de lecteurs peu cléments.

 

 

***

 

 

Les vertes collines de Saint Martin

Murmurent une rhapsodie dans la nuit.

Agréable fontaine de l'oubli,

Le chant n'a de puissance que la fin.

 

Plaisantes montagnes où le soleil

S'éteint pour resurgir le lendemain,

Tout comme le flux de sang immortel.

 

La rue forme l'enceinte de la plage,

Vit et bruit comme si la Mort n'allait pas

Lui rendre la raison, n'allait pas

L'embellir pour un dernier voyage.

 

Les vertes collines de Saint Martin

Murmurent une rhapsodie d’oubli.

Agréable fontaine dans la nuit,

Le chant n'a de puissance que la fin.

Extraits de « Ce qui meurt renaît » à paraître

CAMILLE AUBAUDE

 

Camille AUBAUDE vit entre Paris et Amboise, dans la maison d’écrivains, la Maison des Pages de Charles VII. Docteur es Lettres, elle a enseigné à l’Université PARIS III Sorbonne ainsi que dans des universités étrangères. Elle est l’auteur d’essais littéraires marquants sur le Mythe d’Isis, Gérard de Nerval et les Femmes de Lettres. Ses textes en prose poétique, recueillis dans Ivresses d’Égypte (2003) et ses Poèmes d’Amboise (2007) ont établi sa position parmi les poètes de sa génération. Au-delà de ses activités littéraires et de son érudition, Camille AUBAUDE est une femme d’une grande profondeur de vues sur la poésie contemporaine qu’elle édite à travers sa collection de poésie, “La maison des pages”, traduit et défend dans les médias (« Les Dialogues de Poésie »), ainsi que dans de nombreux festivals et colloques, en France et à l’étranger. Présidente de l’ALFOM (Académie littéraire de France et d’Outre-Mer), elle organise des conférences et des lectures de poésie au Sénat.

 

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