Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°8- Juin 2008- Gilles-Marie Chenot-

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 30 Avril 2008, 23:02pm

Catégories : #poèmes

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DU SANG SUR LES MAINS

Les perles noires naissent
Avenue du diamant
Signe des temps
Où le sang de l'olivier
Passe du pourpre au vert
Dans des frissons de nuit
Le café des ormeaux
Ramène toujours les châteaux étranges
Au pays du frêne
Lance plantée dans le marais
Tel un drain magique
Qui assèche les contraintes

 

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ROSEBUD

 

 

Le feu commence toujours par un bouton de rose
Braise assoupie frissonnant sous la langue
Lentement les parois se dilatent
Dévergondées par les ramures insensorielles
Canaux vivifiants qui transportent la joie
Les vagues s'éveillent au toucher de l'aurore
Les cascades remontent les profondeurs du temps
Pour venir irriguer les centres réceptifs
De leurs caresses onctueuses
Les cercles s'élargissent devant l'étrave
Qui épanouit les reflets concentriques
Le vent souffle en brises courtes
Et alizés oblitérant les hallucinations
Pour laisser vibrer une corde harmonique
Un mot plus loin la marée incendie
Les ravages claustrophobes
Et l'ouverture se pâme sous les torrents blancs
Dans l'écrin de l'échancrure un doigt pianote
Un concerto en sol mineur
Les plaines resplendissent de l'arôme
Hyperspatial d'un baiser à saveur de présence
Fusion boréale sans intervention éphémère
A l'intersection d'un sourire d'au-delà
Flux d'insolation qui explore les sphères
Laissant rayonner le feu blanc de la vie

 

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SELVA NEGRA

Tu as chanté les barbares
Les boxeurs et les îles
Mais jamais dans la selva
Tes machettes n'ont su trouver l'Inca

De tes hauts-fourneaux
Tu voulais couler des épées
Mélange d'Aragon et Rimbaud
Tu t'es contenté de Castille
Et d'un château sans Espagne

C'est la femme de San Salvador
Qui dit ton histoire
Aux marins de passage
Le pillage des tombes
Et la capoeira

A Bahia quand il neige
Les fous racontent les Katangais
Qui cherchent toujours Eldorado
Au pied des arbres morts
Dans la mousse des cartes

Sur le tapis végétal
Qui recouvre les arbres
Atahualpa et Quetzalcóatl rient encore
Des Cortez au regard froid
Qui ne parlent pas le langage
Des pierres de la lune

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ZONE DE PRINTEMPS

La vie fleurit partout
Où existe une oreille
Pour lui prêter attention
Du bidonville au palais
L'espace d'un pas ou d'un regard
Suffit au printemps
Pour renouveler les senteurs
D'outrages et de délits
Qui enluminent les faubourgs
Sans remuer un cil

 

 

 

GILLES-MARIE CHENOT

 

 

BIBLIOGRAPHIE :

 

« Le chant du danseur » (Ed. du Cygne, 2006)

« Les semences pourpres de l’innocence » (Ed. Chloé Des Lys, 2007)

 

Parutions en revue :

Comme en poésie, Axolotl (Lausanne, CH), Libelles, Portulan Bleu, Florilège, Les hésitations d’une mouche, Verso, La Passe, Nouveaux Cahiers de l’Adour, Poèmes Epars, Al Ahram (le Caire, Egypte).

 

 

 

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