Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°7- Mai 2008- Jacqueline Persini- Panorias

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 1 Avril 2008, 23:03pm

Catégories : #poèmes

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Soleil rouge
nos larmes
 
 
Toute parsemée
de soleil
de cyprès
 
de ramilles
on voit
la terre
 
cracher
du sang
 
 
Un instant
on ferme
sa fenêtre
 
à la visiteuse
celle qui
l’air de rien
 
hisse sa nuit
sur chaque toit
 
 
On a la robe
des nuits blanches
la veste sombre
 
de la peur
on a le ciel
jaune ou violet
 
et dans les yeux
la bête folle
 
 
L’œil
à peine ouvert
 
se retire
du souffle
une feuille
 
coupée par
le vent
en plein cœur
La pluie seule
se lève
cogne sa tête
 
à la fenêtre
cogne son air
glacé maussade
 
seule la pluie
sauve une trace
 
 
A fleur d’encre
sépales
nos phrases
 
à creuser
sans que
la nuit
 
ne force
au comblement
 
 
De syllabes
on s’anime
même si
 
oscille
sous le sable
une jonquille
 
qui avale
du vent
 
 
Dans le noir
la parole
ne sait
 
 ni ne sauve
comme si
 
aucune aile
n’était son miroir
 
 
 
 
 
Les mots
comme l’ongle
se blessent
 
touchent à peine
l’ombre
de la feuille
 
touchent à peine
le bec d’un moineau
 
 
                   Oiseaux
frêles
nos voyelles
 
soulèvent
des poussières
 
picorent
ciel et
enfer
 
 
Un cri
durcit le sol
aucun point
 
de suture
ne tient
la langue
 
saignée
se pend
 
 
Poids
de la peau
sur nos ailes
 
comme
une roche
courbe
 
nos pas
plie notre cou
 
 
                                     
 
                                  Mais un tonneau
d’étoiles
à boire
 
à respirer
sans souci
de l’ivresse
 
d’une langue
assez blanche
 
 
A chaque pas
on éparpille
morceau de bras
 
flaque de soi
on se dit
la belle affaire
 
pas de quoi
hurler là-bas
 
 
Quelque part
un jour ou
l’autre
 
se lèvera
le barrage
de nos cils
 
et soleil rouge
nos larmes
jailliront
 
 
Dans les fissures
de la terre
qui vêtira
 
nos os
qui glanera
un morceau
 
de nous
voix minuscule
 
 
 
 
JACQUELINE PERSINI-PANORIAS
 
 
Jacqueline Persini-Panorias pratique la psychanalyse et l’écriture, anime des ateliers à Paris. Les trois premiers livres publiés par L’Harmattan sont issus d’une nécessité autobiographique :  - Le Soleil aveugle Existent-ils des psychanalystes qui rendent fou (coll. Psychanalyse et Civilisations) - Histoire de ma maison ou Naître (coll. Poètes des cinq continents) - Et Herbes vivantes Espace analytique et poésie (coll. Psychanalyse et Civilisations) où elle tente de communiquer sa pratique de psychanalyste sans aucune théorie mais avec des poèmes. Puis :       Au devant d’elle : Encres vives collection Encres Blanches   En poésie jeunesse : Le Dé Bleu : - Si petits les oiseaux (coll. Le farfadet Bleu)                                   Soc et Foc : - Maisons à dormir debout                                                       -- Quatre fois vite un chuchotis (à paraître en 2OO9)   Des poèmes sont parus dans les revues Décharge, Friches, Francopolis, Poésie Première, Propos de Campagne, In-fusion.   Elle participe au comité de rédaction « Poésie Première » où elle a ouvert une rubrique Poésie jeunesse donnant la parole à des éditeurs et à des poètes   E.mail : Panorias@free.fr    
 
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