Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°5- Mars 2008- Patrice Maltaverne

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 4 Février 2008, 00:00am

Catégories : #poèmes

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Pressé de reculer
Jusqu’aux limites du désert
Qui pourrait décrire pour lui
Le sable
Frôlé par un liseré d’herbes ?
 
Personne n’a demandé de sortir
Les miroirs blancs des maisons
Pourtant les trafics de l’aube
Valent mieux
Que ces mirages en cale sèche
 
Le vertige à la limite
Le tient debout
Comme une marionnette
Contre son mur invisible
 
Mais trop difficile
De revoir les vieux visages
Autant courir au hasard
Faire un tour de piste
Tandis que les sillons s’effacent
Jusqu’à la soif
Des fins de torture.

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Il n’est de jours meilleurs qu’à l’adolescence
Lorsque les parties génitales
Bruissent quelques mois
Dans le vert
 
Puis les voix s’annulent
Le désert émet des dunes
Remplies de vide
 
Le sable coule à l’intérieur
Comme une rivière interrompue
La nuit passée
 
Plus moyen de dire
Si le temps toujours identique
Ne va pas nous happer
Laissant juste briller
Un anneau en toc
 
Il n’est plus de jardins
Qu’offerts aux vents arbitraires
Là où l’eau se détache
Des âmes en partie doubles.
 
 
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Tu prendrais un haut-parleur
Que je ne saurais pas qui tu es devenu
Parti d’un point mal défini
Pour en arriver à un autre
Atteint de mirage total
 
J’ai calqué mon château de vent
Sur ta sagesse en fuite
A l’intérieur de cette tente
Qu’avale sa fermeture éclair
Et les voix entendues du donjon
Sont tout au plus celles
De pâles travailleurs
Qui ne seront jamais des artistes de l’angoisse
 
Pour une fois
Mais je ne me souviens plus des précédentes
J’ai envie de me faire violer
Par un homme qui n’aurait jamais dû toucher
Les frontières de mon royaume
Enfermé dans un préservatif
Comme un gant.
 
 
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Ce long déplacement sans un mot
Cette lèvre tombante
Ce visage trop rond qui le rajeunit pour rien
On dirait une photo
A réduire en confettis
Depuis le départ
Avant qu’il ne pose un premier pied
Sur ma lune en ses volutes
Et ne recommence l’amour
Devant des pièces d’argent
Enfouies comme des grains de sable
 
Je n’ai pas mis le feu
Sur toute la longueur de sa trajectoire
Avec des points rouges lumineux
Mais je suis peut-être celle
Que le hasard d’une courte tempête
A rendu fluette
Sur son chemin de croix sans croix
Trop flatteur….
 
PATRICE MALTAVERNE
 
Né en 1971 à Nevers, Patrice Maltaverne a publié des poèmes dans une vingtaine de revues ainsi que les textes suivants : « Comme une lampe qui s’éteint », « Descente au nadir », « La fête seule », « Triste rage », « Le don du sang de la demoiselle en tailleur gris », quelques « Mauvaises nouvelles » dans la revue « Alpes Vagabondes » (2003), « Après » (Hors séries de la revue 22 ! Montée des poètes en 2006), « Samson des bidonvilles », supplément de la revue « La vie secrète des mots » et « Sans mariage » (collection Polder de la revue « Décharge ») en 2007.
Il anime également le poézine « Traction-brabant » depuis janvier 2004 : 20 numéros en circulation à ce jour, plus le blog : http://www.traction-brabant.blogspot.com/
 
 
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