Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS n°3- Janvier 2008- Denis Emorine

Publié par LE CAPITAL DES MOTS ( revue de poésie) sur 26 Décembre 2007, 00:00am

Catégories : #poèmes

------------------ 
 
 
à Stella Vinitchi Radulescu
 
Je n’arrive pas à me souvenir
du commencement du monde.
Peut-être suis-je  trop jeune encore.
La douleur ne me tirait pas encore par la manche,
je ne doutais de rien sauf
des souvenirs échoués en moi.
Aujourd’hui, la marée des jours me fait suffoquer.
J’arrive à peine à ouvrir
les yeux tournés vers le temps.
Je murmure toujours les mêmes mots
et ton nom parfois.
Le gravier du temps crisse sous mon pas.
Je marche en équilibre sur la pointe des jours.
Où sont les mots qui me font
vivre ?
 
 
------------------ 
 
                          A Timea Pickel
 
 
Je ne suis pas parti.
A l’évidence, je t’attends.
Tu apparaissais toujours au même endroit.
Le vent nous tenait lieu d’horloge.
Il y a si longtemps que nos mains
ne se cherchent plus :
j’hésite au seuil du monde.
 
Dans ton regard, je déchiffrais
le poème à écrire…
La terre est toujours en attente
d’un amour à vivre.
Mais
quelque part, la sentence est prononcée
contre nous.
 
 
------------------ 
 
 
A Lucile
 
Bien sûr
puisque tu me le demandes
je franchirai un jour
la porte des mots
 
On baissera la herse derrière moi
puisqu’il ne sera plus temps de
rebrousser chemin
 
Tête baissée sans même saluer le
maître des lieux
je saurai d’instinct accorder
mon pas à l’instant
 
Je te sourirai peut-être
si j’en ai encore la force
ou alors
je plongerai sans un signe d’adieu
tandis que ciel et terre enfin réunis
me feront la révérence
 
 
 
------------------ 
 
à Lina Ramona Vitkauskas
 
 
Parfois,
il est difficile de parvenir
à sa fin,
de presser l’épaule que
l’on croit familière,
d’arrêter la respiration
du monde qui parvient
à notre oreille.
La voix de l’être aimé
traverse les jours
et caresse notre joue.
On voudrait que le passé
s’estompe,
qu’il se froisse entre nos mains.
La vie n’arrive plus à
battre des ailes.
 
 
DENIS EMORINE
 
Nouvelliste, dramaturge, poète et essayiste, Denis Emorine est né en 1956 près de Paris. Il a été édité en France, Belgique, Inde, Japon, Luxembourg, Roumanie et aux Etats-Unis. Son théâtre a été joué en France et en Russie. Il est passionné par L’Europe de l’Est.
En 2004, il a gagné le premier prix de poésie (français)au concours international Féile Filiochta.
On peut lui rendre visite sur le site suivant : http://denis.emorine.free.fr
 
 
 
------------------ 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents