Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - PAUL KONSTANTIN

Publié par Le Capital des Mots sur 7 Août 2020, 10:43am

Catégories : #poèmes

C’est tellement dur de te voir échouée sur le rebord de cette piscine.

Tu es si seule.

Même le soleil, lui qui voit tout, n’a le droit de se reposer que sur un petit coin de ta peau endormie.

Il voudrait être ton bras pour sentir pointer la chaleur de ton sein.

Le pauvre, par dépit, il miroite et se perd en écailles d’eaux affolées, prêt à brûler de ne pas pouvoir être en toi.

Au loin, là où vibrent tes deux grands yeux d’aurore noire, il fait si sombre.

Le rouge de tes lèvres.

Je ne veux pas être le soleil.

Je veux être la main qui dégagera l’espace entre tes cheveux et Je viens brillera à la surface de l’eau.

 

 

***

L’heure cloche sur un zénith de milieu.

Et les pieds pendent sur des genoux corbeaux.

Pour la suite il y a le vide au noir appel.

La file suit les points et les verbes.

Peut-être retourner.

Peut-être aller.

Au sommet du frontispice, une statue de nain grimaçant fait peur à la femme en mocassins.

Porte de plume et de fleur en archet.

Offrande au pied de la stèle.

Un genou écrase le corbeau à terre.

Il couine la langue en biseau.

Toute rose de sang liquéfié.

Bloc de béton en cornet.

Les grains au gris disent à la partie verticale de se porter droite pour le soleil, se prêtent à pâmoison estivale, celle aux sueurs ouatées par la chaise longue de tissu qui gratte le dos.

Je me masse le coude en faisant des arcs de cercle avec l’avant-bras.

La mécanique de la rotation suspend mon attention sur cette forme au vent, à l’espace, au vide, à mes yeux embrumés de lumière bleue.

La calotte de l’épicier était vraiment de très bonne façon.

Il avait englobé son crâne d’ombre chauffée. Et l’air frais picotait le nez rouge de vin où une rosée de morve germait.

J’essaie de ne pas grimacer.

 

 

***

 

 

Frigo tentaculaire aux cases toutes gelées,

Par la bave en filon d'or d'araignées violettes,

Sur les bords des nappes rouges de sang palpitent en Ré.

De la main, je traverse les globules à claquettes.

 

C'est comme une jungle de viscose et de fantômes gris,

À tout moment je peux être pris en porte-à-faux.

Une vision horrible de morts abjectes m'envahit

Et je passe par le noir, lumière éteinte là-haut.

 

J'hésite entre crier et retenir mon souffle

Pour ne pas me faire repérer; et je camoufle

Dans une rime jaune un coup de poing à l'aliment

 

Pourri qui me ronge en biais par la face sensible.

Ouverture d'yeux sur une bouteille de vieux vin blanc

J'y mets du coca et je bois sec à la cible.

 

 

PAUL KONSTANTIN 

 

Il se présente :

 

 

Né à Angers en 1979, vit entre Paris et la Sarthe.
Formation de comédien.
Réalise des performances avec les poèmes de Michel Houellebecq, mais aussi son roman La possibilité d’une île, depuis 2016.

Écrit de la poésie et publie d’abord sur les réseaux sociaux. Vous pouvez le retrouver dans les revues Poétisthme, Mot à Maux, Comme en poésie, Lichen, Sitaudis, Poesiemuzik Etc, Région centrale, Datura.

S’épancher est son premier recueil à paraître.

 

Paul Konstantin - DR

Paul Konstantin - DR

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