Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - MARINE BOITARD

Publié par Le Capital des Mots sur 1 Juin 2020, 20:29pm

Catégories : #poèmes

Cauchemars,

Alors que les étoiles illuminaient le ciel,

Que la brume arpentait les dédales de rues,

Les cris d’oiseaux se faisaient discrets,

Et la lune laissait paraître un brin d’espoir, comme un phare dans l’océan.

 

Il sonnait déjà plus de minuit,

Dans les maisons, seul le souffle léger des enfants s’entendait,

Les pas de quelques chats se firent discrets dans les avenues,

Le calme partout aux alentours, un instant qui semblait donner vie à l’éternité.

 

Mes yeux fermés, l’esprit loin arpentant l’univers,

Mes pensées prirent le dessus, une fois encore,

Ces jours lointains que je revivais,

Aussi réels qu’imaginaires, aussi tristes que beaux.

 

Alors que dehors les fleurs étaient paisibles,

Les étoiles elles aussi, et silencieuses,

Il se passait dans mon cœur un ouragan de sentiments,

Même la nuit je ne pouvais faire autrement, ils me manquaient.

 

Pourtant j’ai voulu faire comme la brume,

Voiler ces sentiments désagréables,

Oublier, simplement vivre le jour présent,

Mais les nuages m’ont envahi, ils ont fait fuir mon soleil.

 

J’aurais voulu continuer à danser comme les feuilles au vent,

Briller comme les étoiles dans l’espace,

Rire comme les jeunes enfants qui incarnent la vie avec joie,

Rester insouciante, vivre comme avant.

 

En vain à chaque instant le vent lorsqu’il arrivait me le rappelait,

Plus rien ne serait jamais comme avant là-bas,

Les étoiles m’avaient dit d’y croire encore,

Le soleil m’avait prévenu qu’après la pluie venait le beau temps.

 

Comme un livre, la nuit les histoires défilaient,

Les cauchemars prenaient possession de mon inconscient,

Comme le vent à vive allure, ils racontaient,

Ce que je ne voulais entendre quand bien même j’avais les yeux ouverts.

 

Chaque nuit tous ces sentiments cachés la journée,

Ont resurgi tel un volcan durant une éruption,

Une bombe à retardement s’est abattue sur moi,

Mais en regardant l’arc-en-ciel devant moi,

J’ai gardé espoir.

 

 

Les cœurs d’à côté m’ont conseillé de sourire, pour regarder vers l’avenir…

 

 

***

 

Dans le vent,

Dimanche soir, face à l’ancienne cheminée,

Dehors, près de ta fenêtre,

Les vagues et la houle frappent,

Tu ne les vois, seulement, tu les entends.

 

Le feu devant toi, crépite,

Calmement, doucement,

Il n’est pas même interrompu,

Par les vents violents de l’extérieur.

 

Cette nuit le vent est fort,

Aussi violent qu’il l’était,

L’année dernière à la même heure,

Tu le sais, tu n’oublieras pas ce jour.

 

Dans la toile au mur, là-bas,

Tu devrais voir trois ombres,

Une, encore petite et insouciante,

Une qui, te tiendrait la main face à la tempête.

 

Pourtant, tu as frotté tes yeux,

Seul lui et toi sont ici,

Les vagues s’affolent, le feu s’accélère,

Tu ne dis rien, il ne dira rien non plus.

 

Un regard, vous avez besoin de l’un,

Et de l’autre, pas même d’un mot,

Minuit n’est pas encore passé,

Les vagues, toujours, dansent, toi tu n’en n’as plus la force.

 

Aussi rapide que le vent,

Aussi puissant qu’une vague,

Son cœur avait cessé de battre,

En toi, il n’était déjà plus.

 

Tu pensais qu’un jour,

Il dirait fièrement,

Maman,

En vain, ni fièrement, ni jamais.

 

Ce soir là il y avait du vent,

Comme ce soir,

La lune était là aussi,

Lui, te tenait la main.

 

A chaque instant, il t’avait tenu la main,

Pour que tu ne chavires,

Que tes jambes restent debout,

Bien qu'elles tremblaient de peine.

 

Et malgré l’amour…


 

Malgré l’espoir…


 

Malgré tout, tout le monde entier…


 

Malgré toi…


 

Six mois en toi, et, l’éternité pour l’aimer… Dans la nuit, dans le vent, il s’en était allé…


 

***

 

Les roses rouges,

Je me suis assise sur cet ancien banc,

Dans le centre de la ville encore désert,

Un carnet entre les mains devant les hortensias,

La rue pavée était bercée du chant des oiseaux.

 

La peinture du banc était écaillée,

Sa couleur était passée depuis des années déjà,

L e soleil encore léger à cette heure,

Et le vent qui avec délicatesse, heurtait mes boucles.

 

Face aux maisons aux volets,

Peintes d’un bleu azur,

Aux cris des mouettes,

Aux pêcheurs matinaux.

 

J’y ai passé des heures entières,

Seule à écrire entre les lignes, entre les pages,

L’écriture était devenue un univers, un autre monde,

Dans lequel je vivais rêveuse, empreinte de passion.

 

J’avais trouvé la plus belle chose qui pouvait me manquer,

Je me laissais porter au rythme des mots,

Comme une feuille au vent,

Une vague en plein océan.

 

Le soleil est venu en ma compagnie,

Il s’est posé contre mes pages justes un instant,

Aussi, j’ai senti ton bras près du mien,

L’éternité est née.

 

Dans tes mains se trouvait de jolies roses rouges,

Et dans tes yeux une douceur innée,

Ta main dans mes cheveux me rappelait,

L’homme délicat que tu as toujours été.

 

Nous avons marché jusqu’aux plages,

Dans les forêts de pins,

Sans un autre bruit que celui de nos pas,

Ce bouquet entre mes mains.

 

Sur ces petits sentiers de Vendée,

Les plages désertes, paisibles,

C’est ici que je puisais mon inspiration,

En regardant la beauté de l’horizon.

 

Chaque été je regardais ainsi,

Puis, je m’asseyais pour écrire,

Sur le sable fin face aux quelques bateaux,

Un instant de poésie en songeant à ma vie.

 

Lorsque je posais mon carnet,

Aussitôt le vent en refermait,

Les pages noircies de quelques mots,

Aussi nombreux que l’étaient les coquillages.

 

Et ta main dans la mienne,

Les vagues vinrent se déposer,

Aux creux de nos pieds,

La vie effrénée du monde, ici, n’existait pas.

 

Portée par le son des vagues,

Et par les rayons du soleil,

Par mes sentiments tout entiers,

Je te murmurais « Merci… ».

 

 

Un mot aussi léger que la brise sur nos joues, pour ne pas risquer d’interrompre les vagues…

 

 

Ton regard, aussi puissant que les profondeurs de l’océan crut me dire « Je t’aime… »

 

 

De nos mains liées s’envolait une rose rouge, qui irait explorer ce que l’on ne sait…

 

 

***

 

Lettre à l’univers,

Devant le ciel étoilé de ces contrées,

Les étoiles me suivaient du regard,

Je cherchais désespérément mon chemin,

J’avançais en gardant pour repère la lune.

 

Face à moi, l’univers m’entourait,

Les pluies s’étaient brusquement,

Abattues sur les champs de blés,

Je me suis perdue à observer le ciel.

 

Les arbres n’ont cessé de souffler,

Les feuilles voltigeaient sur les graviers,

Sous mes pieds le sable fin s’envolait,

Je suis restée silencieuse face aux falaises.

 

Je ne voyais plus que l’océan,

L’immensité du ciel et des vagues,

Reflétait au loin la lune et ses secrets,

Et trônaient en haut, les nuages.

 

Les comètes me parlaient d’amour,

Le ciel les écoutait attentivement,

La brume laiteuse s’emparait,

Du monde et des poètes d’ici et de-là.

 

La pluie est venue interrompre,

Les récits des comètes,

Et les rêves sont arrivés,

Avec la houle pour guide.

 

Mes yeux ne virent plus que le maigre sentier,

Qui se présentait à moi,

Alors sur les rocheuses mes mots,

Ecrivirent une lettre à l’univers.

 

 

Le monde est une poésie, l’amour en est le créateur, et les astres en sont les poètes…

 

 

MARINE BOITARD 

 

Elle se présente : 

 

http://www.le-capital-des-mots.fr/2020/05/le-capital-des-mots-marine-boitard.html

 

Marine Boitard. - DR

Marine Boitard. - DR

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents