Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - PATRICK WERSTINK

Publié par Le Capital des Mots sur 2 Mars 2020, 16:26pm

Catégories : #poèmes

 

 

 

Dans leur sommeil

 

 

 

 elles induisent le halo des mythes de Séléné, des mystères d’Eleusis dont nous avons perdu les secrets. Elles n’apportent rien d’immortel, les pierres de lune.

 

     Mais leur adularescence belle et le rêve d’une Artémis orientant les fourvoyés.

 

     Pensée des mystères perdus. La mouvance du monde nous reste.

 

     Le secret des pierres de lune advient de l’énergie souterraine du hasard invaincu.

 

     Les hécatolites induisent les caresses de Séléné. Artémis dans la nuit de l'effervescence. Message sans écriture ni parole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Genèse

 

 

 

de la nébuleuse gemme

née du grand magma

dans la fournaise d’une rivière sélénite

sans choisir sa route

 

     Tandis que les épis se prélassent dans la plaine sans savoir la lourde faux de l’éternité du présent.

 

Parmi les couleurs de la terre

la pierre porte le souvenir

de l’ère torride

 

tandis que sous la lune rousse

les racines croissent dans l’humus

dans la fusion que nous deviendrons

survolés par les temps éphémères

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En buvant l’espace

 

 

Je reste assis

sur une pierre ronde

 

Le vent s’entend dans les branches

il vagabonde 

 

Le petit sentier que tes pas

avaient tracés dans l’herbe

s’efface avec tous ceux

que je puis aimer

 

De revoir  les grues cendrées

me donnera ce que cache

ce qui se montre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au bord du sentier

 

 

de mes vies je ramasse un caillou qui dans ma poche se polit.

 

     Des talismans se polissent dans la pensée, raison et folie. Nous les tenons au chaud parmi la lactation froide, nous les scrutons pour trouver le sens qui nous manque.

 

     Nos pensées ne pétrissent-elles que molécules de vent.

 

     Une herbe longue s'enroule à ma cheville.

 

     Un ruissellement de sources émane d'un fleuve interne.

 

     L'incommunicable s’embrume de mots pauvres. Ils demeurent primitives étoffes qui dessinent nos contours.

 

     Contact, éloignement, je ramasse un caillou.

 

     Une herbe longue s'enroule autour de ma cheville, longe et bride.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque pantin sans clé

 

 

devient ce qu’il doit, 

impossible d’échapper dans le petit chemin

parsemé d’écailles de chocolat

comme un gâteau envahi de gravier.

 

     Accessoire de tous,

sans révolte ? 

 

Ne jamais devenir un pantin triste.

Comment construire sa vie 

sans festin d’assiettes ébréchées ?

 

     L’automate allume sa lampe.

Elle n’obscurcit rien.

Le pantin reste à l’étroit dans sa lumière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La flamme du voyage

 

 

longuement tu la respires dans ton rêve timbre-poste. Tes avirons rêvés chantent le bois vivant. Ils fauchent  le grand pré. Sur un navire un arbre retrouve ses vallées natales.

 

     Le phare ; sa flamme vaporise la blancheur d’un temps sans habitant. Tu te détaches pour une errance, l’homme, mais tu habites un tout petit appartement.

 

     Loin, tes avirons chantent le bois vivant parmi tes moissons de vent.

 

     Un arbre retrouve ses vallées natales, garde le souvenir de la terre dans la blancheur d’un temps sans habitant

 

     Tu rêves grand,  mais tu habites un tout petit appartement.

 

     Tu respires toujours un peu  de rêve timbre-poste. Loin.

 

     Tes avirons chantent le bois vivant. Ils fauchent  dans le grand pré tes moissons sur un navire de vent.

 

     Tu te détaches de ta coquille pour une errance, l’homme. Tu rêves grand, mais tu habites un tout petit appartement.

 

 

 

 

(issu du recueil ‘’Caléfactions’’ en cours d’écriture)

 

PATRICK WERSTINK

 

Il se présente :

 

 

Né en 1947 dans un village du bord de Loire en Bourgogne, il a été accueillit par diverses revues dont :

Poéticorama (disparue), Florilège, Décharge, Le Capital des mots (numérique), Comme en poésie, Saraswati n° 10, Friches, Verso, Écrits du Nord, Poésie/Première, Le journal des poètes, L'Intranquille ...


 

Livres de poèmes
– Les certitudes précaires, collection Polder, coproduction des éditions Gros Textes et de la revue Décharge, 2009
– Le corbeau noir sur la ruine, plaquette du micro-éditeur Du Poil Aux Genoux, 2011
– Construire un jour sans colère, Encres vives, 2011
– Les jours d'écume, Corps Puce, 2012
– Impressions d'en deçà, Corps Puce, 2015
– Le sijo coréen dans la revue ''l'intranquille N°9'' des éditions de l'atelier de l'agneau

_ Le mur, Corps Puce, 2019


 

Anthologies
dans les Dossiers d'Aquitaine et, Les poètes en val d'hiver, éditions Corps Puce.


 


 

 

Patrick Werstink. - DR

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