Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - IVÁN BLAS HERVIAS

Publié par Le Capital des Mots sur 14 Novembre 2019, 08:58am

Catégories : #poèmes

 

Canto a la chimbotana bahía del Ferrol

 

Y hemos de cantar alguna noche juntos;

acompañando a mi voz

tu brisa fresca de sal,

tu viento leve de marea,

tu manto verde de algas,

mientras cavila intranquila la universidad.

Mi ciudad tiene, sabor de Ande y de mar.

Nostálgico malecón, corazón de acero,

ubérrimo suelo, maíz y algodón.

Muelles, piratas, naufragios y ladronzuelos,

aroma de sardinas, anchoas,

memoria de licor.

Allí, donde la bohemia se esconde,

donde el verano incendia pieles de diverso color,

me ha de despertar el canto de tus olas,

bellas sirenas que ríen, que lloran.

Y más con el ímpetu con que se boga,

he de abrazarme a tu risa,

a tu quimera que desvela,

a la fuerza de tus brazos.

Y sin bajar los míos jamás,

he de erguirme cantando

canciones de amor a capella

por toda la avenida Pardo.

Y si un día, el gris de tu cielo

no contrastara con el mar,

dentro de alguien anidará el consuelo,

el anhelo, el deseo,

las ganas de volar.

Y hemos de elevar nuestras alas infinitas,

una de esas noches que nadie imagina.

Y ya desde la cima contemplar:

el mundo azul de nuestra casa y la isla.

Mi puerto solitario, taciturno, soñador,

a veces tosco, pensativo, temeroso;

siempre luchador.

Ver el juego del viento con las barcas,

la sangre de las fábricas, el humo vano.

Humildes gaviotas;

la arena, los hombres,

la caleta, los botes,

la fiesta de San Pedro,

las chicas al sol;

ver la feria, quizá la danza de un trompo.

Y otra vez el circo, e ir al circo otra vez;

la chalana de entonces,

la ramada, mi niñez;

los pregoneros, la plaza,

los marineros a pie.

…Y si ha morirme primero,

he de sembrar el amanecer en tus calles,

he de abonar la palmera,

hemos de jugar como antes

hemos de encender juntos el faro.

Hemos de girar el carrusel.

 

 

Ode à la chimbotana baie du Ferrol

 

Il nous sera donné de chanter ensemble une nuit ;

ma voix sera accompagnée

de ta brise fraîche salée,

du vent léger de la marée,

de ton manteau verdi de goémon,

alors que l'université s’inquiète de raison.

Ma ville a le goût des Andes et du grand large.

Cœur d'acier, nostalgique brise-lames,

sol fertile, maïs, coton.

Jetées, pirates, naufrages et maraudeurs,

odeur de sardine, d'anchois,

réminiscence de liqueur.

Ici où se cache la bohème,

où l'été brunit les peaux de différentes couleurs,

je serai réveillé par le chant de tes vagues,

belles sirènes qui rient, qui pleurent.

Et avec l'impétuosité du rameur,

j'enlacerai ton rire,

ton captivant mirage,

la force de tes bras.

Et sans baisser les miens jamais,

je me dresserai, entonnant à pleins poumons

des chants d'amour

sur tout le Malecon.*

Et si un jour, le gris de ton ciel

se mêle à celui de la mer,

quelqu'un trouvera en lui le réconfort,

le désir ardent de prendre son essor.

Par une de ces nuits que personne n'imagine

nous nous élèverons de nos ailes infinies,

pour aller contempler de la cime :

le bleu azur de la maison, de l’île.

Mon port solitaire, taciturne, rêveur,

parfois rude, pensif, craintif,

toujours lutteur.

Pour voir le jeu du vent sur les esquifs,

la vaine fumée, le sang des usines.

Les humbles goélands,

le sable, les hommes,

les canots, l'anse,

la fête de San Pedro,

les filles au soleil,

la foire, et la danse d'une toupie peut-être.

Et encore le cirque, et le cirque toujours.

Le chaland d'antan,

la cabane de branches, mon enfance,

les crieurs publics, la place,

les marins à pied.

Et si je devais mourir le premier,

mon devoir serait de répandre l’aube sur tes sentiers,

le terreau au pied des palmiers…

Alors, comme jadis jouons !

Le fanal allumons …

Ensemble faisons tourner le manège...

 

*malecon: jetée, môle

 

***

 

 

 

 

 

Agenda

 

Todos los días la misma sopa:

el sabor de las piedras,

el fluir de las ideas,

las palabras que se desbaratan,

el alud de noticias.

Las huellas.

La vida ladrillo a ladrido, en forma de tapias;

la mezcla del pan, las salivas;

las montañas de espera, los cartones.

Y ese material plástico que roe al arte,

sus caprichos, sus manos.

Y, al que casi le va perteneciendo todo.

La misma cuchara;

la ansiedad como una lanza,

la marca del ombligo.

Otra vez las mismas horas,

las mentiras recicladas, la ilusión esnob.

La primera escena;

los buenos días,

la ulterior función, fugitiva, precoz;

la novedad prevista, el desenlace inminente.

Y la arcada consejera de las viejas glorias:

cínicas y cinéticas.

Coartadas tejidas por lengüillas, lengüetas,

por tacos; pasadores, con tachuelas.

Los clavos herrumbrosos sin cruz,

agrietando el barro más allá del hombre.

Otra vez la garúa petulante, mona,

descolgándose por los hilos de la chompa,

repitiendo el invierno

aderezando las 24 horas.

 

 

 

 

 

 

Agenda

 

Tous les jours la même routine :

le goût du vide,

l’écoulement des idées,

les paroles qu’on dilapide,

l’avalanche des nouvelles.

Les traces du passé.

La vie vociférante et rude, tel un mur ;

le pétrissage du pain, l’eau à la bouche ;

les montagnes d’espoirs, les cartons.

Et ce plastique omniprésent qui ronge l’art

et le souffle de la création.

La même cuillère ;

l’anxiété lancinante,

le nombrilisme.

A nouveau, les mêmes heures,

les mensonges recyclés, le mirage de la nouveauté.

Le premier acte :

les salutations matinales ;

la scène suivante, fugitive, fugace ;

la nouvelle prévue,

le dénouement imminent.

Et la nausée des conseils des bonnes réputations :

cyniques et cinétiques.

Les alibis tissés par les mauvaises langues

et le bruit des talons.

Les clous rouillés sans croix

lézardant la glaise au-delà de l’homme.

A nouveau la bruine pétulante, espiègle,

glissant des fils du chandail,

répétant l’hiver,

le rythme journalier.

 

***

De la misma agua, la arena

 

Cual típico pájaro del Brasil

canto risueño ante la lluvia,

vuelo cándido de aventuras,

y me sumerjo por completo

entre las hojas blancas, amarillas,

de formatos y panfletos.

A como el pez en el agua,

como el ave en el espacio,

como el reptil sobre charco,

me zambullo en mi sueño,

y desde ahí aleteo, vuelo, nado.

A veces corro, a veces río,

a veces me pierdo en vano.

Mientras camino a través

de estas páginas en blanco,

repto cual cocodrilo que se arrastra

al degustar con lágrimas

el sabor de lodo,

de su mundo de fango.

A como el bebé en la cuna,

el infante y sus juegos,

el poeta y la luna,

como las estrellas los cuerpos.

Yo encuentro en mi locura el espacio,

el firmamento, el resumen,

el ángulo para contar lo que creo.

Y es que resulta tan largo,

tan intenso, tan lejos

decir muy poco… Y pienso.

Por eso, hoy me sumerjo;

libre, íntegro, entero,

en esta selva blanca

de papeles y cuadernos.

Y tal cual pájaro del Brasil.

¡Canto! ¡Vibro!

A pesar que a la morada

le caigan gotas de fuego.

Y, al igual que al mar de los anfibios,

de los peces, los barcos y los remos;

yo navego los renglones,

océanos, mil playas,

lagos, charcos,

sin velero.

 

 

 

 

 

 

 

De la même eau, le sable

 

Tel un oiseau typique du Brésil

je chante rieur devant la pluie,

je vole candide d’aventures.

Et je m’immerge tout entier

entre les feuilles blanches, jaunes,

des formats et des pamphlets.

Comme le poisson dans l’eau,

comme l’oiseau dans l’espace,

comme le reptile sur la flaque.

Je plonge dans mon rêve,

et de là, je bats des ailes, je vole, je nage.

Parfois je cours, parfois je ris,

parfois je me perds en vain.

Pendant que je chemine à travers

ces pages blanches,

je rampe tel un crocodile qui se traîne

en dégustant en larmes

la saveur de la boue,

de son monde de fange.

Comme le bébé dans son berceau,

l’enfant et ses jouets,

le poète et la lune,

comme les étoiles, les corps célestes.

Je rencontre dans ma folie l’espace,

le firmament, le résumé,

l’angle pour raconter ce que je crois.

Et c’est tellement long,

tellement intense, tellement loin,

de dire très peu... Et je pense...

C’est pourquoi, aujourd’hui je m’immerge ;

libre, intègre, entier,

dans cette forêt blanche

de papiers et de cahiers.

Et tel l’oiseau du Brésil.

Je chante ! Je vibre !

Quand bien même sur la demeure

tombent des gouttes de feu.

Et, tout comme la mer des amphibiens,

des poissons, des bateaux et des rames ;

je navigue sur les lignes,

les océans, mille plages,

des lacs, des flaques,

sans voilier.

 

 

 

***

 

 

 

 

Eco materno

 

Mi canto era para ti desde el principio,

desde el parto clamoroso por venir,

sobre el atardecer color de trigo,

éramos tú y yo: criatura y mujer.

Era entonces ya tuyo mi grito

a las pocas horas de mi llegada,

de mi arribo.

Y te amaba en mi suplicio.

Y éramos la muerte de un dolor,

la insurrección de un destino

que a la fe humana se aferra,

balbucea, escala, tienta,

la dulzura férrea de unos pechos tibios.

¡Me habrías querido llamar querubín,

habrías traicionado a tu Dios,

para adorarme y fugarte conmigo!

¡Te hubieras inmolado al amor,

a cambio de mi ser, mi existencia,

mi respiro!

Me hubieras vuelto a traer,

amamantarme otra era.

Hubieras,

    me hubieras,

            te hubieras…

¡Que, canalla la suerte,

que nunca pueda compensarte

ni con arcas, ni con fuerzas!

Que delirio de tu alma,

tan sólo con reconocerme,

por suspirar mis ausencias,

por esconderte en cada lágrima

e irrigarme con sangre…

Y cederme la primavera.

 

 

 

 

 

Echo maternel

 

Mon chant était pour toi dès le début,

depuis les clameurs de l’accouchement à venir,

sur le crépuscule couleur de blé,

nous étions toi et moi : enfant et femme.

Mon cri était déjà le tien

aux premières heures de mon arrivée,

de mon apparition.

Et je t’aimais dans mon supplice.

Et nous étions la mort d’une douleur,

l’insurrection d’un destin

qui s’accroche à la foi humaine,

balbutie, escalade, cherche à tâtons

la ferme douceur de tes seins tièdes.

Tu aurais aimé m’appeler chérubin !

Tu aurais trahi ton Dieu,

pour m’adorer et t’enfuir avec moi.

Tu te serais immolée à l’amour

en échange de mon être, mon existence,

mon souffle !

Tu m’aurais porté de nouveau,

pour m’allaiter une nouvelle ère.

Tu aurais,

      tu m’aurais,

                tu t’aurais…

Canaille de sort !

Que rien ne peut compenser

ni l’opulence, ni la force.

Quel délire de ton âme,

du simple fait de me reconnaître,

de soupirer mes absences,

de te cacher dans chaque larme

de m’irriguer de ton sang…

Et me céder le printemps.

 

 

***

 

 

 

Ría

 

Tú eres mi muerte,

el río de color que irriga

todo lo humano.

Al principio era una isla.

De repente, la contaminación,

la creciente;

la vertiente caudalosa que viene

e irrumpe las anclas de mi suerte.

Entre el puente y la vida,

te elegiría a ti.

Sabiendo aún que tus aguas

suelen tornarse locas, turbias y saladas.

Si me dieran a escoger,

permanecería como un pez,

en la plena humedad de tu corriente,

en su violencia y su tortura.

Pero, soy la madera, la tabla,

el velero volador que vaga.

Tú, el agua, la turbulencia,

los desbordes tormentosos,

la luz eléctrica;

la fuerza de las turbinas,

la energía hidráulica.

Yo, la barca, que a fuerza de las ganas

rema, distante, lejos de toda orilla.

 

 

 

 

Delta

 

Tu es mon destin,

le fleuve de couleur qui irrigue

tout ce qui est humain.

Au commencement, était une île.

Soudain, la contamination,

la crue,

le versant impétueux qui jaillit

et renverse les ancres de ma destinée.

Entre le pont et la vie,

c’est toi que je choisirais.

Même en sachant que tes eaux

peuvent devenir folles, troubles et salées.

Si j’avais à choisir,

je demeurerais tel un poisson,

dans la pleine humidité de ton courant,

dans sa violence et son tourment,

mais, je suis le bois, la planche,

le voilier volant qui vogue.

Toi, l’eau, la turbulence,

les débordements orageux,

la lumière électrique,

la puissance des turbines,

l’énergie hydraulique.

Moi, la barque, qui à la force du désir,

rame, distante, loin de tout rivage.

 

 

 

***

 

 

 

 

 

 

 

Al pueblo de Dios

 

Nosotros somos los caminantes,

como al principio el hombre,

como los pueblos antes.

Somos el mar de fuego,

los dragones de mil lenguas;

también la leyenda, la epopeya,

la canción y el poema.

¡Del desierto a las estepas!

¡Desde el llano a las montañas.

Surcan nuestras huellas,

marchan nuestras almas!

El testimonio de ser solo nosotros,

quienes madrugan el alba;

vierten sus llagas al río

para retomar la causa.

¡Nosotros somos los caminantes,

de carne y de hueso.

Hierba rebelde que nace y rebrota

cualquier suelo!

Somos los cantares;

eternos rivales del miedo;

obra de vida;

a penas nos hiere la muerte.

¡Caminantes, peregrinos, errantes!

¡Qué enrumben los vientos!

¡La sangre y el fuego, que pasen!

Y a pulmones, arte y sueños,

caminantes somos nosotros;

como en el comienzo,

como los peces, como las aves,

como los demonios, como los ángeles.

El destino, el camino, el puente.

Ahí está la plaza, nosotros y la arena.

Del circo somos la magia, la fiera;

la maldición, la ternura, la cara morena.

Un mundo de manos, de pies, de ojos,

de arterias, de emblemas;

de tierra por labrar.

La revolución descalza,

la persecución y la danza,

fragmentos de dibujos,

pesadillas, melodías,

cuentos y el crepúsculo...

¡Nosotros somos,

nosotros somos…!

Los inmigrantes nos llaman.

 

 

 

 

 

 

 

Au peuple de Dieu

 

Nous sommes les marcheurs,

comme au début l’homme,

comme les villages autrefois.

Nous sommes la mer de feu,

les dragons aux mille langues ;

la légende aussi, l’épopée,

la chanson et le poème.

Du désert aux steppes !

De la plaine aux montagnes !

Nos empreintes creusent des sillons,

nos âmes cheminent.

Témoins d’être seulement nous,

ceux qui font se lever le jour,

déversent leurs plaies à la rivière

pour reprendre la cause.

Nous sommes les marcheurs

en chair et en os.

L’herbe rebelle qui naît et reverdit

n’importe quel sol.

Nous sommes les chants ;

éternels rivaux de la peur ;

œuvre de vie ;

la mort nous blesse à peine.

Marcheurs, pèlerins, errants !

Que les vents nous orientent !

Que passent le sang et le feu !

Avec force, l’art et les rêves,

marcheurs nous sommes ;

comme au commencement,

comme les poissons, comme les oiseaux,

comme les démons, comme les anges.

Le destin, le chemin, le pont.

Voici la place, nous et l’arène.

Du cirque nous sommes la magie, le fauve ;

la malédiction, la tendresse, le visage basané.

Un monde de mains, de pieds, d’yeux,

d’artères, d’emblèmes ;

de terre à cultiver.

La révolution pieds nus,

la persécution et la danse,

fragments de dessins,

cauchemars, mélodies,

contes et le crépuscule...

Nous sommes,

nous sommes...

Les immigrés on nous appelle.

 

Extraits de "Correos al auxilio de la memoria"  traduit de l'espagnol "Exil de la mémoire", en version bilingue. Editions Clip.

 

IVÁN BLAS HERVIAS 

 

 

"  Correos al auxilio de la memoria" Ivàn Blas Hervias  - traduit de l'espagnol "Exil de la mémoire", en version bilingue. Editions Clip. - DR

"  Correos al auxilio de la memoria" Ivàn Blas Hervias - traduit de l'espagnol "Exil de la mémoire", en version bilingue. Editions Clip. - DR

" Correos al auxilio de la memoria" Ivàn Blas Hervias - traduit de l'espagnol "Exil de la mémoire", en version bilingue. Editions Clip.- DR

" Correos al auxilio de la memoria" Ivàn Blas Hervias - traduit de l'espagnol "Exil de la mémoire", en version bilingue. Editions Clip.- DR

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents