Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - MARTINE CRIBIER

Publié par Le Capital des Mots sur 27 Juillet 2019, 19:55pm

Catégories : #poèmes et nouvelles

Des “Ce matin” choisis si l’on peut dire

 

16 avril 2018

Ce matin.
De la neige qui mousse au-dessus de l'écharpe de brume, ou
du nuage concentré en chantilly d'où émergent
quelques pépites de roche?
Ciel léger, à peine bleu,
atmosphère de début de quelque chose.
Il y a bien plus de cent ans naissait mon père.

 

7 mai 2018
Ce matin.
Être témoin, état sans féminin ni masculin.
Ne savoir quels sens y sont, tous sans doute.
Seule avec cet "écart insurmontable entre le corps et les mots" qu'écrit Patrick Laupin.
Chants distincts, un stridule, un autre lance le sien, son répété sans trêve.

Patrick Laupin. "Ravins" La rumeur libre.

3 juin
Ce matin.
Après l'expansion nocturne,
je reconnais mon corps de jour,
me glisse dans la conscience de mes contours,
mes rêves vont sédimenter dans une contrée de moi
où s'accumule depuis toujours ma vie.

 

15 juin
Ce matin.
Humer, le thé, l'air, la journée,
avancer, pensée en repos,
attendre qu'affleure ce qui vient,
plaisirs promis, surprises, hésitations,
obstacles sur le trottoir, pas de côté,
croisements avec du sensible, avancer.

 

14 septembre
Ce matin.
Rouge s'expose sur vert
la végétation oscille au vent

ciel paresseux veiné

traînées gris rose

une langue de soleil descend
Ici je suis venue,

inconnu habité de connus

reconnus
un pépieur est passé

un autre s'installe

seul son sur fond

d'épaisseur silencieuse.

 

16 septembre
Ce matin.
Montagne

celle du quotidien

une corneille raye le ciel

trop loin pour être entendue

images engrangées

d'autres montagnes

autrefois quotidiennes

aspect à peine changé

quelques coupes

arbres forcis le long du chemin

mesuré mon temps qui s'use

à leur permanence

fil de l'amitié

malgré les décennies.

 

25 septembre.
Ce matin.
De Ruysdael mordoré

le ciel est devenu
Magritte grand bleu

tacheté de blanc

à l'infini marcher

sans étapes sans fatigue

sans trêve ni répit
corneille dans la nuit

fraîche encore où je tente

mot après mots

les tractant sans haine

dire ce qui gît palpite

unique à jamais.

 

15 novembre.
Ce matin.

Mot de la nuit entame

début du jambon

action d'entrer dans l'action

me taille une belle tranche

de ce jour clair

désir commencer avec la Loire

entamer descente à la mer

passer lieu de la mère du père

des parents des parents

de mes yeux jeunes

je rêve je flotte je file.

 

10 décembre 2018
Ce matin.
Plus encore d'épais foncé

lourd mouvant gris

enfonce la montagne dans

sa solitude blanche

sans doute plafond-plancher

à quel étage sommes-nous

en moi pas d'ascenseur

des escaliers en colimaçon

où je m'épuise à faire lien

entre mes labyrinthes

des pieds aux cheveux

suis-je le hamster de moi-même.

 

17 janvier 2019
Ce matin.

ouvrir les yeux

dans le gris dehors
brouillard dedans va

se dissoudre dans le thé

peut-être dans les mots

rester dense compact

s'effriter se feuilleter
compiler palimpseste

gribouillé de ce jour

ajouté à moi.

 

Dimanche 27 janvier
Ce matin.
Prise par les mots

happée jour naissant

besoin d'eux plaisir d'eux

me dépatouiller

transitif ou intransitif
les dompter les laisser

faire les abandonner

jouir d'eux impossible

déni ils sont source.

 

Mercredi 30 janvier 2019
Ce matin.
Grand bleu
sur la ville traces
de blanc fondant

en moi ces jours
fusion mordorée
exploration contrées

étranges connues

nouvelles.

 

Mercredi 6 février.
Ce matin.
Arbre dénudé

pinceau dressé sur le ciel
coupe à l'horizon

la ligne sommet du

coteau-nuages

gris bien sur avec

subtilités particulièrement

infinies ici.
J'engrange des ciels.

 

12 juillet
Ce matin.
Après trilles du solitaire
en coeur nuit
enfin paisible
silence des pépieurs
souvenir absence chant
même époque an passé
corneilles résidentes
pérennes chaque jour
annoncent dénoncent
colportent bribes
vérités masquées
à demi jour inexorable
moi aussi.

 

 

15 juillet. 2019
Ce matin.
Couronnes molletonnées
arrêtées au hasard
se joignent en bande
affalée au sommet
nuages de l'est accourent
se joindre
air vif lignes précises
période y est
recoller à membrane
de sens ouïes affûtées
ce moi ce je ces obscurs
indélébiles insalissables.
Il était seul à chanter tôt
ce beau chant modulé.

 

 

17 juillet 2019
Ce matin.
Ciel balayé
balai tiges fines
souples
comme cour africaine
au début journée
traces fines mouvements
du corps régulier
superposés trop rares
martinets avec cris
de passage
aller ouvrir regarder
cour ciel chats
entrer en douce.

 

 

 

18 juillet 2019
Ce matin.
Air en pause
souvenir de légèreté
une femme ouvre
ses volets son corps
derrière sa vitre
reflété dans ma vitre
voir sans être vue
falaise écrasée
lumière lourde
entrée en scène
hésitante souvent
suspens au seuil
de mon jour.

 

***

 

 

Je me souviens de cet homme.

 

Sur la photo il parait âgé, cheveux blancs, teint couperosé, sans doute a-t-il une alimentation trop riche, trop grasse, trop sucrée; son embonpoint signe peut-être son goût pour les sauces, le vin, la bonne chère. Le genre de visage qu'on décrit comme jovial, cet homme doit être causant, lier connaissance facilement, aimer rire, blaguer même, pourtant dans ses yeux semble traîner une tristesse, comme une laisse de crue de la Loire, trace d'émotions enfouies, dépôt qu'un orage, une fonte de neiges loin en amont pourraient recouvrir à nouveau sous quelque débordement au potentiel dévastateur.

 

Sur certaines photos il porte un béret, accroché en arrière sur le crâne, ce qui contribue à son allure bonhomme, son aspect d'homme à qui on accorde facilement sa confiance, d'homme gentil et serviable. Capable néanmoins d'éruptions plus ou moins imprévues, de colères soudaines, énormes et vite éteintes.
Lors de cérémonies, mariage de ses filles ou de membres de la famille, il ne porte pas de couvre-chef, ses cheveux sont peignés, plaqués à son crâne, il a l'air sérieux, il est rasé de prés, porte chemise,costume et cravate.
A mon mariage il n'était pas là, déjà parti de ce monde.


En ce jour de Toussaint, impression fugace de juste ce qu'il faut, à-demi allongée sur le canapé, je commence la lecture d'un roman de Parick Modiano ( un de ces auteurs auxquels je fais régulièrement retour, dont je lis les livres d'une traite). Dehors il fait gris, très gris, il pleut par instants, temps de Toussaint assurément, impression de plénitude, souvenirs aux aguets. Ai-je connu avec lui des moments parés de cette sensation ?
« les choses ne recommencent jamais Monsieur ...Oui elle était touchante cette fidélité pour un monde et des êtres disparus » Patrick Modiano. Vestiaire de l'enfance.
Fidèle aux souvenirs perpétuellement réaménagés, remaniés, en mouvance brownienne autour d'un noyau, un cœur imputrescible, une âme symphonique, une image, celle du père.


Le père du bain, le père des fraisiers, le père d'Arromanches, le père de l'entrée en sixième, points grossiers faufilant le bâti d'un vêtement que j'aimerais magnifique de soie, de passementerie, de façonnage, pour une statue impossible à ériger, à figer, tant que je serai, moi, vivante. Étapes surgissantes, nécessaires, revisiter, réassurer la parentèle, les figures tutélaires.
Le soir descend, je veille, je flotte, bouchon sur le flux confus des images, mémoire mystérieusement imprévisible.


Son sourire, sa corpulence, la douceur de ses joues quand il venait de se faire raser, qu'il rentrait, le samedi en fin d’après-midi, semaine de travail presque finie, prenait plaisir à m'en faire éprouver le velouté par un baiser ; il se penchait, je jetais mes bras autour de son cou.

Une fois, je l'ai accompagné chez le barbier dans cette ruelle commençant par un passage sombre sous des maisons, rue Rebrousse-pénil, qui ressemblait à un coupe-gorge. J'étais intimidée par ce monde masculin, mon père installé le corps penché en arrière, bavardant avec le barbier qui lui enduisait le bas du visage de mousse à raser avant de saisir son coupe-chou et, sans cesser de bavarder, de le raser de prés, fière aussi qu'il m'y ait emmenée.


Souvenirs en désordre chronologique.


Nous avions une salle de bains avec baignoire, sans doute un luxe dans ces années. Une baignoire en toile passée sur des bambous avait été installée sur la baignoire. Mon père prenait un bain, moi aussi chacun dans le sien. Ma mère était là aussi, souriante, habillée. Quelque temps auparavant, nous étions allés en famille, incomplète mais famille, les parents, la grand-mère maternelle femme en deuil éternel, mes deux sœurs et moi ( notre frère avait déjà sa vie) à Briare ; nous avions marché sur le pont-canal, accompagnant à pied une péniche qui traversait ce pont d'eau au-dessus du fleuve Loire ; la petite fille gardait en mémoire le souvenir d'une magnificence monumentale, impression due au style empire des pilastres à ses entrées, des lampadaires en cuivre ponctuant toute sa longueur.
Souvenir d'un moment particulièrement heureux enrichi au présent d'un père-Loire sous la petite-fille-canal sous le regard de la mère, noyau familial fantasmatique.

 

J'aimais être à la boutique dans la lumière des néons regarder la nuit envahir la rue, les clients entrer, moins nombreux en fin de journée, acheter quelque chose pour leur dîner ; j'aimais par-dessus tout, mettre un doigt dans la colline de chair à saucisses posée à droite en entrant sur un plat à ma hauteur, je passais, repassais cueillant à chaque fois une bouchée de chair que je m'empressais de manger, mélange de gras de maigre, d'assaisonnements, mélange de parcelles rouges, de parcelles blanches, de miettes vertes de persil qu'avaient préparé mon père et les gars, la chair à saucisse,composée de viande de porcs morts, composition qu'on achetait pour farcir d'autres viandes, des légumes, confectionner des plats qui réjouiraient palais et ventres au cours de repas partagés en famille. La chair à saucisse de mon père était goûteuse, crue ou cuite, j'aimais en chaparder.

 

Je me souviens de cet homme.

 fin 2018

 

***

 

Patrocle et Achille.

 

Sur la mer entre les terres. Combien sommes-nous aujourd’hui à sentir qu’une transformation est à l’œuvre dont personne ne pourra nier l’existence lorsque ses effets commenceront à apparaître au grand jour… Il est encore impossible de décrire ses contours, ses formes, ce qu’elle tend à modifier de nos foies, de nos cœurs, de nos âmes, de nos destinées… Ces bribes élaborées à partir de sensations diffuses se frayaient un chemin dans son esprit par éclairs soudains apportant des micro-pièces nouvelles au puzzle de sa réflexion qui manquait encore totalement de cohérence, de motif, mais tendait à devenir pensée plus ou moins cohérente, quand se produisit, le choc, terrible, fatal.

 

Patrocle aurait aimé ne pas mourir, ne pas perdre la vie, ni la bataille. Il avait même fini par s’avouer, malgré son goût immodéré du combat, de la peur, de son odeur, de celles des sueurs mêlées, malgré cette attirance qui le tenaillait depuis son enfance, aussi loin qu’il s’en souvienne, pour la confrontation, l’affrontement, malgré tout ce qu’il sentait lui être intrinsèquement lié, cette adrénaline qui lui était drogue indispensable, il avait fini par comprendre - ça lui était venu progressivement et en même temps quand il avait réussi à le formuler, il en avait été surpris- que, s’il avait pu, si l’idée de choix avait eu le temps de se présenter à lui, il n’aurait pas écouté Achille, il ne l’aurait pas suivi. Il n’aurait pas embarqué sur cet immonde bateau pneumatique, à peine assez gonflé, équipé d’un moteur poussif où, sous la menace d’armes automatiques, on les avait forcés à s’entasser à plus de cent, cent-vingt-deux avait-il compté plus tard, avec tout juste cinq bidons de cinq litres d’eau, quelques rations de survie récupérées de stocks abandonnés il y a bien longtemps par l’armée d’occupation. On les avait bien sûr dépouillés de tout objet semblant avoir une valeur…. Le sel avait piqué leurs yeux, démangé leur peau, les vagues avaient submergé l’embarcation, il leur fallait écoper sans cesse… Quand ils voyaient un paquebot ou un porte-conteneurs, ils ne savaient s’ils devaient essayer de faire en sorte qu’on les repère, ou, au contraire, s’arranger pour que, surtout, on ne les voie pas. Des discussions vives éclataient dans un étrange langage où surnageaient des mots anglais déformés, des mots français déformés – la langue dont le plus grand nombre avait des notions plus ou moins poussées- des mots des nombreux idiomes natals de ces hommes malmenés, mais, comme le moindre déplacement était impossible non seulement à cause de la promiscuité mais à cause de l’instabilité sur l’eau, elles se limitaient à des échanges d’invectives sur l’intérêt de l’une ou l’autre stratégie ; on reconnaissait l’expression eaux territoriales, mais sans instrument adéquat, comment se situer précisément, le plus souvent même les téléphones les plus perfectionnés ne captaient rien. Il faut dire que beaucoup restaient recroquevillés, silencieux, marmonnant quelque adresse à une divinité qui leur paraissait avoir encore quelque pouvoir. Les morts avaient commencé, un accord se faisait alors dans ce groupe de hasard, hétéroclite, pour une prière, même si chacun marmonnait celle qu’il connaissait, invoquant qui Allah, qui Jésus, qui des esprits de la forêt, de la lagune, de la mer. Cela formait un mélange de voix recueillies, presque à l’unisson. Puis ils faisaient basculer le corps par-dessus bord. Pendant quelques instants, les yeux d’une partie d’entre eux restaient braqués sur cette forme qui ne tardait pas à disparaître. D’autres visages étaient obstinément tournés à l’opposé ; suivait alors un silence entier pendant plusieurs minutes.

 

Patrocle et Achille s’étaient assis à côté l’un de l’autre, l’un contre l’autre, partageant le mauvais manteau jeté sur leurs épaules, les souvenirs surtout, pour juguler le temps, la peur, essayer au moins … Se soutenant de la pensée que peut-être la guerre de Troie n’aurait pas lieu, que l’Italie, Lampedusa plus exactement n’était pas si loin, plus si loin, que là-bas, en Europe, l’armée de leurs frères les attendait pour faire encore et toujours, chacun avec ses moyens, ses stratégies souvent cachées aux compagnons, la guerre à la misère… trouver, trouver quoi ? Ils n’étaient pas assez naïfs pour croire que l’Europe, la France, l’Angleterre, l’Italie - peu importe, malgré leurs différences, tous ces pays se valent- aucun ne serait pour eux un eldorado où ils seraient accueillis à bras ouverts, trouveraient une vie routinière, sereine. Sans y parvenir, ils s’efforçaient de ne pas y penser ; qui était capable de dire s’il serait en vie le soir même, sur cette embarcation qui se dégonflait visiblement ; le moteur tournait encore mais l’impression de la plupart étaient que le bateau lui-même tournait en rond, ballotté, secoué, happé par des vagues qui le faisaient retomber lourdement dans des creux qui semblaient être une porte de l’enfer.

 

Le froid, la peur, la fatigue, les heures s’abattant sur chacun, les faisaient ressembler à ces corps figés, desséchés, ces momies que l’on retrouve parfois dans des grottes ; ils semblaient avoir été paralysés par surprise, par l’aile du temps passant en un éclair sur leurs corps, figeant le mouvement en cours, l’expression du visage, comme une hébétude surgie du néant. Sur l’embarcation, seuls les yeux continuaient à être mobiles, on aurait pu penser qu’un sort avait été jeté sur ces êtres, les figeant pour un temps indéfini, quelques secondes ou l’éternité, vies stoppées net, ne laissant de la vie que dans le regard.

 

Recueilli par le bateau de SOS Méditerranée, réchauffé, au sec, nourri, Achille se mit à sangloter, à pleurer, sans pourvoir s’arrêter, ses lèvres ses mains tout son corps agités de tremblements convulsifs qui l’empêchaient de parler, de dire son nom, sa nationalité, sa provenance. Il mit longtemps à reconstituer ce qui s’était passé ; il eut besoin de reprendre leur histoire depuis le début, leurs mères accouchant à quelques jours d’intervalle, les cours de leurs familles situées à quelques concessions l’une de l’autre ; dés qu’ils surent marcher, on les vit, tour à tour aller l’un chez l’autre, ils faisaient partie du même groupe d’âge, participant activement à l’organisation de ses activités, apprenant à maîtriser leur corps, à se défendre –quand ils s’entraînaient ensemble, aucun d’eux ne ménageait son énergie pour tenter de vaincre son ami, de le surpasser en force et habileté. Ils avaient commencé à participer à des tournois, fiers de représenter leur village ; l’un devenait alors pour l’autre le meilleur soutien, le meilleur conseiller, la meilleure référence concernant les règles ancestrales de cette lutte traditionnelle. A l’école des religieuses, ils avaient appris à lire, avaient été pris par le virus, avaient dévoré les livres de la bibliothèque ; lorsque l’un d’eux était happé par une lecture, il en faisait part aussitôt à l’autre ; jamais ils ne s’étaient disputé un livre, sauf quand l’un d’eux, transporté par la lecture de l’Iliade, avait attisé immédiatement chez l’autre le désir de découvrir immédiatement ce récit. Ce fut la première fois qu’on les vit lire ensemble le même livre, s’identifiant dés la première seconde aux deux héros d’Homère ; ils devinrent intarissables sur les péripéties de la guerre de Troie. Très vite le village, prompt à donner des surnoms, ne les désigna plus que comme Achille et Patrocle. Les filles pouffaient sur leur passage : tu as vu ton talon, attention, Achille !! Hé Patrocle attention à Hector ! Où allez-vous les héros, Troie est dans l’autre direction !! Ils n’étaient pas les premiers à partir tenter la traversée vers l’Europe pour améliorer la vie de leur famille grâce à l’argent qu’ils pourraient gagner, cherchant à rejoindre des compatriotes ayant trouvé des petits boulots en France. La question ne se posa évidemment pas : ils partirent ensemble.

 

Quand leur embarcation avait été heurtée violemment, Achille, à moitié engourdi, avait été plongé dans l’eau sombre ; quand il refit surface, il s’agrippa à une planche, regarda autour de lui, appela Patrocle….autour de lui des cadavres flottaient, en agitant les bras il se déplaça un peu vers celui qu’il croyait reconnaître…Patrocle était mort, il avait une énorme plaie béante sanguinolente….Achille perdit connaissance sans lâcher le morceau de bois qui l’aidait à flotter. Il avait vaguement senti qu’on le hissait sur une embarcation.

 

 MARTINE CRIBIER 

 

 

Elle se présente :

 


Au fil de quelques décennies j’ai lu beaucoup par goût, feuilleté beaucoup par métier, écrit un peu hésitant, reculant, journaux de voyage, mots perdus sur papiers envolés., voyagé essayant de garder ce regard neuf qui nourrit l’intérêt et l’affection pour l’humain. Le réseau social bien connu si décrié (si haïssable c’est vrai par certains côtés) me permet de lire les mots d' « amis » qui en deviennent, de découvrir quotidiennement des écrits qui me nourrissent, de publier ce qui pourrait être nommé chronique, mes « ce matin » depuis des mois, plus d'un an maintenant. Les chats me rappellent dés le matin la réalité de la matérialité.
Lire, dire, écrire avec la même matière, le ressenti, en essayant de le faire entrer dans les mots ou alors les laisser l'irriguer.

 

Quelques textes publiés dans
« I rouge » n° 19 ( papier)

Edition « Je me souviens » sur Mediapart
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© Martine Cribier - DR

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