Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - SYLVAIN FESSON

Publié par Le Capital des Mots sur 18 Mars 2019, 12:49pm

Catégories : #poèmes

La Vie m’allait bien

 

Hier tu m’as dit que la vie m’allait bien
Et elle m’a sidéré cette phrase, si tu savais
Comme le verre à moitié vide plutôt que plein
L’aveu que d’habitude la vie ne me va pas si bien

 

C’était hier

 

Aujourd’hui rien de tout ça n’existe
Je me sens vide, terrassé, à la rue
Sous le coup d’une perte terrible
Comme si la vie ne m’allait plus

 

J’écoute « Songs to the Siren »
Et il me fait penser à toi
Cet type qui s’adresse à celle
Que jamais il ne touchera

 

Tim et sa finesse naturelle
Androgyne comme la tienne
Et la version Cocteau Twins
De sa chanson à la Sirène

 

C’est vrai que la vie m’allait bien
Hier, je le sentais. Etait-ce toi, tes soins
Le yoga ? Je t’avais préparé un canard bien
Sec, salé. Tu mangeais et j’adorais, j’adorais

 

On était si bien ensemble
Toute cette magie dans l’air
J’avais envie de te prendre
J’avais envie de te plaire

 

De sentir dans mes bras
Tes côtes dessinant des ailes
Qu’elles soufflent là sur moi
Leurs couleurs rupestres

 

De te sentir en demande
De ce que je ressens pour toi
Comme en entente
De ma magie à moi

 

Je t’aurais bien nourri
Des années comme ça
Tu m’étonnes que la vie
M’allait bien comme ça

 

C’est certain que la vie m’allait bien
Hier, je le voyais. Etait-ce toi, tes soins
Le yoga ? Tu te balançais comme un singe
Léger. T’étais là, j’aurais eu qu’à tendre les bras

 

On allait si bien ensemble
Tout cette magie en l’air
J’avais envie de la prendre
Qu’on soit comme des frères

 

De sentir dans mes bras
Ton élasticité Giacomettienne
Qu’elle touche enfin mes doigts
Déploie mes ailes

 

Et ressentir l’envergure
De tout l’inacCécile
Rejoindre l’armature
De ton empreinte fossile

 

J’avais tout ça à deux doigts
Le grand tout puis plus rien
Tu m’étonnes qu’aujourd’hui
La vie ne me dise rien

 

C’était hier

 

Aujourd’hui rien de tout ça n’est plus
Je me sens vide, terrassé, à la rue
En proie aux prédations mesquines
Qui pourraient me sauver la mise

 

J’écoute The Boatman’s Call
Et il me fait penser à moi
Ce type avec sa gueule
Qui semble défier la SPA

 

Nick et ses interventions divines
Soeurnaturelle comme tu l’es
Et son amour mythique
Pour Polly Jane Harvey

 

Hier tu m’as dit que la vie m’allait bien
Et cette phrase elle me sidère, si tu savais
Comme un présent dont je ne suis que l’après
L’aveu que ma vie t’allait et que je n’en ai rien fait

 

C’était hier
C’était bien.

 

***

 

La Forêt

 

Dehors les oiseaux dessinent la forêt
Tu restes là dans les bras de Morphée
Je vous contemple légèrement absorbé
N’est-ce pas ça, l’âme en paix ?

 

Dans ton petit four des pains s’immolent de chèvre-miel
On se sustente avant de faire de beaux rêves
Deux vampires, immortels
N’est-ce pas beau, la bouche pleine ?

 

Sur mon portable sourit Fievel au Far West
Petit Pied et La Vallée des Merveilles
On s’y suspend, tu commences à sombrer
Je me sens bien à tes côtés

 

Ton corps de litchi peu à peu s’éveille
Je peux le reprendre comme une lecture abandonnée la veille
Le faire céder comme une branche de cèdre
Quel bonheur d’embrasser lyre et elle

 

Si tu le veux, si je le veux
Je peux glisser hors de la couette
Si tu le veux, si je le veux
Eteindre ton réveil

 

Dehors les oiseaux dessinent la forêt
Je caresse ta nuque, ton corps ensuqué
Tu te retournes comme d’un long trajet
L’horizontalité n’est plus qu’un sorbet

 

Tu te retournes comme une lente planète
Ensuquée comme une enfant peut l’être
Et ton corps commence à m’aimer
Dans son demi-sommeil

 

Trois nuits qu’on passe à s’aimer
Se réveiller mes mains à tes mains, tes pieds à mes pieds
Prendrais-je goût à notre douce amitié ?

 

Dehors les oiseaux dessinent la forêt
Et je sens qu’un poème veut ma tête
Tu prends ma main, la caresse
Et tout ton corps semble vouloir tout le reste

 

Si tu le veux, si je le veux
Je peux devenir chose concrète
Si tu le veux, si je le veux
Viens là, pose ta tête

 

Et nos rouages nous restent
Etrangers quand même.

 

***

 

Le Coeur du monde

 

Comment se fait-il que la nature soit si belle
Dans la moindre ramure, dans le moindre champ
Dans les envolées d’oiseaux, les nuances du couchant ?

 

Arbres, fleurs et fruits
Planètes, étoiles, galaxies

 

Tout bruisse chante rayonne
Et ne dit presque rien

 

Tout tourne danse absorbe
Et dans l’échange se tient

 

La sève est
Le rêve est

 

Tout est divers et tout est un
Tout est lumière et tout s’éteint

 

Qui donne au monde cette intime vibration
Cet élan qui abonde mon corps
Et que mon âme cherche tant ?

 

Comment se fait-il
Qu’au moindre de ses gestes
Du nord au sud, d’est en ouest
Jamais rien ne l’élude, jamais rien ne l’arrête ?

 

Où est la musique qu’elle a en tête
Que dit-elle ?
Elle doit bien avoir une douce musique en tête
Pour paraître si belle

 

Arborer ce sourire
D’arbres, fleurs et fruits
Planètes, étoiles, galaxies

 

Qui donne au monde cette intime vibration
Le vent dans le ciel, le sang dans les veines
L’espace et le temps, les femmes si belles ?

 

On dirait de l’amour
Où est le coeur du monde ?

 

 

 SYLVAIN FESSON 

 

Il se présente : 

 

Chanteur, performeur

https://www.facebook.com/kistramkiss

 

  Poète, interprète

www.sylvainfesson.com

https://sylvain-fesson.bandcamp.com

https://www.youtube.com/channel/UC9l2ULuvUwqQgdL9O99BQyQ

 

Journaliste, intervieweur

www.parlhot.com

http://www.philomag.com/sylvain-fesson

 

A NOTER : 

 

 

 La Vie m'allait bien : https://www.youtube.com/watch?v=uHOkmlEM3Zg

 La Forêt : https://www.youtube.com/watch?v=WbyuIXxHVHA

 Le Coeur du monde: https://www.youtube.com/watch?v=ao0HXfT6Bfg


 

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