Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - RAPHAËL ROUXEVILLE

Publié par Le Capital des Mots sur 10 Janvier 2019, 21:05pm

Catégories : #poèmes

Vortex

Tant d'images maintenant mâchées dans le vortex, que je ne sais plus.

Il te donnait rendez-vous au pays, le chemin, à la première barrière, si le stop marchait 

bien. Toi, tu portais le deuil.

Tant d'images aujourd'hui - l'air en est cosmétique. Collées à la paroi, épaisses. Plus rien

 à avaler.

Avait quitté Saumur le jour d'avant, en fausse permission. Dauphine, Berliet, Frégate, 

cinq heures d'attente au Mans. Et puis miracle enfin, une 4 chevaux. T'offrirait des

 bonbons, des baisers, le bal - c'est pas sûr, il a baptême - des sourires. Oncle pour la

 huitième fois.

Tant d'images sur des cloisons de verre. Un nez, une bouche qu'on souhaite, une épaule, 

un volume.

Avait parlé du père dans sa lettre : le coup de pied au marché dans la tête ; un veau - 

le médecin était venu. Mais c'était ses nerfs surtout. On l'avait mené à Caen.

Il te donnait rendez-vous au pays, le chemin.

D'hier et d'aujourd'hui, tant d'images. Ton image.

Lettres et parois. Des lacs clairs inconnus, des nuits griffées de lumière - dans les

 courriers déjà ; des routes et des chemins presque oubliés.

Images d’hier et d’aujourd’hui.

J’ai ouvert l’enveloppe. J’ai cliqué.

***

La marche

Pulsar
Le mouvement prodigue l’air frais
Et retend la paupière attelée à la marche

Pensée pour l’attirail inerte du monde
A jamais, à force de doigts tendus
Où rien ne se prend vraiment

La source du lavoir, le son, mon sang
Le vent où nous dansons
Quasar

Comme la main verte du noisetier
Au bout de son rameau
Pulsar

Où se dépose traversante
La sueur cosmique de l’antimonde
Parce que l’on marche et l'on ressent.

***

C’est une belle chanson

D'une bouche à un nom, à un nom, à un autre nom, c'est une belle chanson, avec des 

la-la-la que tu fredonnes, de la pointe de la langue. C'est une belle mélodie pour raconter la ville.

De l'oreille à la bouche, c'est la chanson que tu murmures. Chanson de loupiotes furtives,

 de basses, de torréfacteurs. Et de vins et de voix. Chanson de plaies, de blues et de rires, 

qui s'en va sur les toits.

Une mélopée d'oeillades la nuit, assis dehors sur une marche, éclairés par le réellement

 adorable jour pisseux de la porte, qui nous enclot dans un triangle effilé.

De tête à tête, à tête, c'est une belle chanson, de prunelles et d'iris, de bonbonnes et de 

coeurs qui battent.

Une chanson secrète, d'une lèvre à l'autre, avec des la-la-la. Qui font encore le tour de 

la ville.

 

 

 

RAPHAËL ROUXEVILLE

 

 

Il se présente : 

Raphaël Rouxeville a étudié et enseigné les Lettres modernes. Ses poèmes ont été publiés en revue par Terre à ciel, Le Capital des Mots, Décharge, Lichen et La Cause littéraire. Deux autres revues (papier et numérique) vont lui faire une place dans les prochains mois.
 

© Raphaël Rouxeville - DR

© Raphaël Rouxeville - DR

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