Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - HENRI CACHAU

Publié par Le Capital des Mots sur 6 Novembre 2018, 17:28pm

Catégories : #poèmes

Débauches...

 

 

Frappons aux souvenirs la mémoire s’endort

Poursuivons-en sereins le récit commencé

Mais surtout n’éveillons ce lourd passé retors

Ses plaintes et quiproquos nuitamment avancés...

 

Dispendieux l’usage de nos vains commérages

A su aux rets sournois suspendre l’innocence

Plagiats serments adieux leur vain remue-ménage

A l’envi falsifiant nos sages inconvenances...

 

Des qualificatifs suborneurs d’indécences

Sustentèrent ces riens issus du quotidien

Amours minauderies vénielles incidences

Limitant de contours nos schismes épicuriens...

 

Sentimentalement nos débauches oisives

Vécurent un seul été de brefs ajustements

Poursuites rêveries à l’abri des coursives

Relevant l’entropie de nos éreintements...

 

Du dialogue affiché si crûment passionnel

Suspendons-en désirs et fausses paraboles

Mais surtout n’ébruitons leurs rites fonctionnels

Les fleuries désinences et autres fariboles...

 

***

 

Temps forts...

 

 

Le temps fort crie sous

La pluie qui le gifle

Mal avoue son chagrin

Qui lentement se tisse...

 

Rémission du passé

Résolution du jour

Le temps court

Sus à son éternité…

Le temps fou crie sous

L’averse qui griffe

Désavoue ce temps pour

Ce temps pire qui rifle...

 

Rémission du passé

Révolution des jours

Le temps court

Sus à son éternité...

 

Le temps flou crie sous

Les grains qui le biffent

Mal avoue ce temps sourd

Qui lestement siffle...

 

Résolutions du passé

Et démissions du jour

Le tambour roule

Un jugement dernier...

 

***

 

Prières...

 

 

D’angélus à mâtines assidus aux prières

Nos parents attentifs au souffle de l’esprit

S’en remettaient à Dieu lui offraient leurs premières

Récoltes et vendanges en guise d’usufruit...

 

Mais où m’agenouiller sans peur du ridicule

Quel parvis sanctifié supportera l’affront

De m’y voir abandonner un flot de scrupules

Puis m’y dédouaner d’une brève oraison...

 

Où prier découvert en totale impudeur

Quelle nef quel transept m’offrira ce repli

D’y délivrer sans crainte au père confesseur

De maux trop singuliers l’amère litanie...

 

Qui donc implorer au risque d’un colportage

Quelle abbaye recueillera mes contritions

Les moines sont vilains férus de bavardages

Lubriques parfois et ladres à l’absolution...

 

Y saurai-je à mon tour détourné de l’inique

Un office durant à genoux repenti

Transporté par les vapeurs d’encens les cantiques

Y atteindre ce seuil d’où nul ne se dédit...

 

 

***

 

Traces...

 

 

 

Derrière les traces derrière les visages

Leurs masques

Se cache-t-il quelqu’un...

 

Derrière les vêtements derrière

Les ensembles ou gabardines

Se cache-t-il quelqu’un...

 

Dans le salon

Derrière son mobilier

Ses tableaux ses tentures

Se cache-t-il quelqu’un...

 

Derrière les collines

Derrière les océans

Les mers intérieures ou non

Se cache-t-il quelqu’un...

 

Quelqu’un derrière les nuages

Jouant à saute-mouton

Autre que constellations

Et vieilles lunes...

 

Se cache-t-il quelqu’un derrière ce quelqu’un

En attente d’un autre quelqu’un...

 

Dont on n’aperçoit

De derrière nos fenêtres

Ni visage

Ni physionomie

Ni ombre

Ni traces...

 

Seules des apparences

Fausses indicibles

Se réclamant de Dieu... parfois…

 

Que celui qui après moi vienne

En efface toutes empreintes

Puis à son tour

Prenne le guet...

 

 

***

 

 

Sphinge... triptyque amoureux (1)

 

 

 

Rondeur de tes seins plénitude de tes hanches

Sont-ce pour ces seuls appas que les hommes flanchent

Je me posais la question c’était un dimanche

Tu repassais mi-nue fort penchée sur la planche...

 

Mes élucubrations se firent indécises

Était-ce faute à Euclide à ton strip-tease

Terminés les mouchoirs t’attaquais les chemises

Lorsque me maudissant tu parlas de reprises...

 

Ton fer tu reposas rouge de haut en bas

D’un mauvais regard un accroc me désignas

Alors que t’enserrant j’espérais te voir là

Sous l’aspect d’un pardon accorder nos ébats...

 

On nous attend arrête de faire le singe

J’ai un foutu repassage avec tout ce linge

Euclide je repris sans savoir de ma sphinge

Si elle en priserait l’ardu de ses méninges...

 

***

 

C.O.D... triptyque amoureux (2)

 

 

 

Chez toi ça paraissait ressembler à un jeu

L’inversion des pronoms la perte de tes clefs

Tu me disais qu’entre le Nous le Il et le Je

Jamais l’individuation n’est assurée...

 

Bavarde tu parlais de coordination

De paix entre les hommes même du verbe être

Avançais travailler pour une conjonction

En de jeunes amours menant à t’entremettre...

 

Dès lors te déclarer ma flamme mon affect

Signifia mon renvoi à ma chère écriture

La levée d’une obsession vouée à l’échec

Suite à ton envoi d’une lettre de rupture...

 

L’attribut du sujet le complément direct

Sont-ce les piliers de la grammaire amoureuse

Fort je le croyais lorsque me clouant le bec

D’un baiser t’objectais la question insidieuse....

 

***

 

Orage... triptyque amoureux (3)

 

 

Fallait-il qu’ils ressemblent à des barils de poudre

Parés pour exploser au moindre attouchement

Leurs seuls bons sentiments n’empêchant que la foudre

S’abatte bruyamment alentour des amants...

 

Eût été différent si une mèche lente

Correspondant à des jeux des prises de tête

Amoindrissant le pourcentage de l’entente

Sur un mode ‘vivace’ menât l’amourette...

 

Tu me tiens je te tiens l’accord n’est-il parfait

Autorise des gestes des galanteries

Durant ce temps ou les cartes tarots et dés

Jusqu’à demain peut-être sinon aujourd’hui...

 

N’entament le décours de la douce bluette

Au dam des amoureux déjà s’effilochant

Qui dénoués cessent de se conter fleurette

Pour mieux se garantir de l’orage inclément...

 

 

***

 

D’une Illusion...

 

 

 

Ni brouillonne allégresse ni fier enthousiasme

N’entachèrent à vos yeux cette révolution

Authentifié pourtant l’étroit de son chiasme

Par l’inanité de nos irrésolutions...

 

De là-haut surplombant le champ de nos batailles

Ces palestres où nos sorts s’échangeaient en destins

Jamais avez-vous eu pitié de la piétaille

Qu’ainsi vous leurriez en l’incitant au butin...

 

L’action précédant la tempête cérébrale

Amusé vous fîtes s’écharper nos légions

Dans ces pugilats ou du dolichocéphale

A rire vous prêtaient ses laides contorsions...

 

Fallait-il sacrifier nos vaisseaux nos jeunesses

Supporter les assauts de ces noires factions

Nous condamnant à l’érection de forteresses

Mal nous garantissant de toute irréligion...

 

Et croisés nous nous fîmes et nous nous engageâmes

Sous vos juridictions leurs fallacieux auspices

A hisser vos couleurs digons et oriflammes

Malgré les préventions d’indiscrets haruspices...

 

Fallait-il emprunter ce chemin des croisades

Accepter leurs rituels et morbide talion

Terrorisés nous fûmes quand leurs escouades

Descendues du Levant forcèrent nos bastions...

 

Bien sûr des errements ont falsifié nos âges

Confondu nos espoirs à ceux de l’ennemi

Transcrits leurs hauts faits sur de hasardeuses pages

Démoralisaient nos plus valeureux conscrits...

 

Depuis longtemps franchis Rubicon et solstices

Nos armes déposées nous demeure l’hiver

Pour réfléchir enfin sur votre aide complice

Vos sombres désaveux et partis pris mon cher...

 

 

   HENRI CACHAU

 

 

Plus d'infos : www.henri-cachau.fr

 

 

 

 

 

 

Henri Cachau - DR

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