Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - XAVIER MONLOUBOU

Publié par Le Capital des Mots sur 11 Septembre 2018, 15:04pm

Catégories : #poèmes, #texte

l’héritier.

toujours quelque part. peuple des cieux qui vous précède. pourtant tout d’abord modelé par votre main de géant endormi. au large de vos nuits. il définira l’infinitif de vos hauteurs. aux verbes aplatis. vous chahutera à ses débuts. sans cesse. mouvement agile de votre être. héritier de votre humeur. il plie son aile déjà à terre. au frottement de votre voix sourde. il titube à vos premiers pas de douceur. une cigale sort de ses équateurs à votre sourire, égaré et comme ivre. dés lors il suit votre sillon courbe. entasse votre idée de l’un défini. il vous mime. il est l’enfant qui passe. étranger en décalage. entravé à votre infini. moissonneur avec la colombe qui se livre à lui. il assèche votre ennui par tout raccourci avec l’horizon. vous reliant à d’autres équilibres. l’équilibre du fin danseur à chaque pas. l’équilibre qui ponctue l’humanité suspendue. au point d’appui apparu d’ailleurs. où le monde s’émerveille.

l’éveilleur.

au milieu d’une église. ou à l’orée du bois. à l’affût de tout. chenille de l’obscurité un bouquet à la main. il emporte votre rime en terre parallèle. et déploie votre robe blanche. pour vous retrouver. et revenir avec l’humeur de vos grains de beauté. humer le chocolat. pincer votre cheveu roux et devenir blond. les pieds en alerte encore une heure sans bouger. bien plantés dans le brouillard couleur sel de mer. de l’autre coté du dessin. où le regard passant s’enracine.

l’âmie.

qui se soucie de son guide miséreux. l’âme pâturant des prophéties. tête mal éclose. arrimée d’ailleurs. d’avenir balbutiant. bouillon et reflet de lune enrobée de lait. tantôt f’âme ou h’âme d’un futur incomplet qui effleure nos mains. souvenir déjà muni d’avenir. rêve posé avec le dernier mot. viendra mon tour laissé allé à ton regard plein de l’âmie bourrasque. belle, en lacet d’éclair. froissée de parts pillées d’un ciel hors zone. bruit de pluie mêlée de nuit. sillon perdu d’étoile. ton mot aimer comme je voudrais. déchiré pour redevenir le discret. en t’attendant. le ciel s’emplit du battement de tes ailes d’ange au repos. j’écoute ton pas plus proche. et ton geste tendre dévêtu de mon cœur. contre la pierre comme la fleur contre la rosée.

la paix.

elle mue d’arbre en arbre. apparition enlacée au cuivre du soleil. d’une marche lente. jamais à l’abri. majesté venue d’ailleurs. mal de rêveur, son agenda toujours ouvert. contre la pierre entrebâillée qui traîne sous la pluie. son brouillon épuisé de ville. ce quelque chose dans le pain. elle sauvera l’autre rêveur. qu’elle impose. au rythme de l’invisible ciel qui respire l’onde blonde, la présence, le geste libre. elle, la paix. elle anime le « i » d’aimer. se déporte avec le pollen et le vent. part encensée. passage secret. pour nous trouver enfin.

les matins de grâce.

l’idée me suit. accrochée à la vie qui d’étale, presque s'enfuit. penser l’éternel pour mesurer l’autre éternel. lorsque le soleil fait tomber son fer chaud sur le pavé. l'esprit bruine et devient doux. l'ange joue avec le loup et l'amour n'est plus menacé. au milieu des bois. l’arbre et le cygne blanc se mettent à brailler de joie. 1000 rêves ont assiégé les cendres. de l’autre coté de l’arbre. le règne. les rêves y nous ramènent. de plus en plus nombreux. s’entourant de pluie. à peu près sans aucun bruit. seuls avec la prière. et l'idée simple de nous rendre heureux.

le passage secret.

leurs gestes inaugurent la paix. les animent. comme une brûlure. à chacun de nos pas. vers l’autre coté. à l’affût de la ville naissante. dans un paysage mouillé. transparents et enveloppés de l’eau et des reflets qui sourdent à l’essai. un chapelet de soie dans la main, comme un étai. se tenant au passage secret.

 

 

 

 

 XAVIER MONLOUBOU

 

Il se présente : 

 

 

 

Né à Libourne (33) en 1968, je fête mon petit pays intérieur de 50 ans dans quelques jours… je suis monté à Paris en 1991 en pensant d’abord me hisser sur les planches… j’y exerce le métier d’éducateur, de formateur, de soutien et conseil aux familles en difficulté d’intégration sociale – ou pas- : j’aime aider et regarder enfants et jeunes - ou moins jeunes - parents à grandir et rêver en société ; et chasser l’ombre triste et folle qui entoure leurs réalités, leurs absences… Je suis directeur d’un Eaje (Etablissement d’accueil de jeunes enfants) en région IDF.

Auteur de : « Les portes de pierre » paru en 2002, Editions  Publibook, participation 2017 au recueil Paris Poésie (Edition Ville de Paris), participation au n°78 de Traction Brabant (mai 2018), répertorié sur le site Poésie d’Ailleurs.

© Xavier Monloubou - DR

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Commenter cet article

Claudia 29/10/2018 14:53

Des mots sensibles, que touchent l'âme

Jeanne 13/09/2018 10:58

Vers quel monde mène-t-il, ce passage secret?

Que de belles lignes

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