Le Capital des Mots.

Le Capital des Mots.

Revue littéraire animée par Eric Dubois. Dépôt légal BNF. ISSN 2268-3321. © Le Capital des Mots. 2007-2020. Illustration : Gilles Bizien. Tous droits réservés.


LE CAPITAL DES MOTS - ADRIEN NASONE

Publié par Le Capital des Mots sur 5 Août 2018, 10:43am

Catégories : #poèmes

Poèmes/ Graphorrhées

 

Fragments

 

 

D’où qu’elle soit venue ma litér-rature, elle a cet aspect née-nu-phare, lèvres d’entre cuisse, cette consistance liquide et liquoreuse, placenta baignoire, d’où crevette, krill ou croûton, j’ai baigné pendant des moi

 

J’étais mon Père

j’étais ma Mère

un peau-aime imaginaire

tout juste une ébauche

un trait d’union.

 

Puis j’ai trempé, façon mie de pain, dans une soupe placenta.

Éponge, tique et sangsue, j’ai bu, je me suis enivré des effluves odoriférantes de Papa et de Maman.

 

Ils m’ont né

mais

il m’a fallu me n’être.

 

Ventre rond, nausées, poussées de lait et ballons-seins, je connais.

 

Je fus chenille, me voila papillon.

 

De chrysalide en chrysalide

ma mue fut lumineuse mais souterraine.

 

 

***

J’écris

j’ai cri

j’empile des ratures

je lite des fêlures

je file agile des emphases, des ans-phrases.

 

j’écris

je cri

je gis

j’âge-gîte

j’ai crissement de peau neuve abondamment déchue-chotée

copieusement suchotée.

Et j’ai,

j’ai l’envolé lyrique des tristes saisons

les lèvres furtives de mille fées

l’épouvantable strangulation de la naissance

l’imaginaire à même la peau.

 

jet-écriture

je triture

Je racle le fond de ma gorge

j’extirpe

j’arrache le gnome glaireux

le petit être qui me démange

la chose microscopique qui m’habite et me dévore.

 

Je lite

je litanie

je liturgie

j’éclabousse en glaire vertige des pétales queue-leu-leu

long cortège drapé de peau d’émoi

j’écris-vain d’abominables saletés intimes

couches nouveau-nées

mouchoirs usagés.

 

 

***

 

j’écris fragments des feulements fragmentés

des fragrances griffonnées

des éclats graphorrhées

des exploits gribouillés

 

j’écris

des fragiles

 

j’écris des presqu’il

j’écris des presqu’elle

j’écris presque

 

il n’y a pas d’histoire a venir

et rien ne vous tiendra en éveil

 

quand on écrit des fragiles on a le goût du silence

et de l’imponctuation

 

Je n’ai cri pas par hasard

 

pas par hasard et fragile

autant écrire des nuages.

 

 

ADRIEN NASONE

 

 

Il se présente :

 

Je mappelle Adrien Nasone.

Je suis né en 1985.

Je vis dans le Val d’Oise.

 

Par fragments, j’écris sans cesse, ici et là, laissant les traces de mes passages sur autant de supports que je croise.

 

Ces fragments sont les premiers que je destine à des regards inconnus.

 

Adrien Nasone - DR

Adrien Nasone - DR

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Nanie 05/08/2018 17:03

Première publication et... Wahou. Bravo.
Merci pour ce premier regard que tu nous laisse poser sur tes mots...

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